Au
moment où on célébrait le 23 août 2006 la
Journée internationale contre
l’esclavage, la domesticité infantile se révèle
une des formes
observées du phénomène de la traite des personnes
en Haïti, suivant les
informations parvenues à l’agence en ligne AlterPresse.
70 pour cent des
quelque
deux cent
mille enfants se retrouvant dans la situation de domesticité,
plus
connue en créole sous le nom de
« restavèk » dans le pays, sont des
fillettes.
Un régime
déshumanisant et éreintant,
marqué par de lourdes tâches domestiques, des violences
physiques et
cruautés mentales, obligation de participer à de
pires formes de
travail proches de l’exploitation, sont le lot quotidien des
restavèk,
dont une grande partie provient du milieu rural.
Dans le temps, les
parents,
généralement démunis, plaçaient leur
progéniture dans des familles
urbaines aisées, ou perçues comme telles,
à des fins d’ascension
sociale, comme la possibilité pour ces enfants de pouvoir
fréquenter
une école.
Mais, depuis quelques
années, « les
restavèk » sont confiés de plus en plus
à des familles elles-mêmes très
pauvres. Ce qui renforce la vulnérabilité de ces enfants,
qui peuvent
se retrouver dans la prostitution, la délinquance, voire des
gangs
armés.
Plusieurs de ces
enfants
déambulent
à longueur de journée, dans les rues des grandes
villes, en train de
quémander, « le plus souvent sur demande d’une
tante » qui récoltera,
à la fin de la journée, le gain
réalisé. D’autres sont tout bonnement
associés à des gangs ou forment ce qu’ils appellent
« leurs propres
cartels » pour accomplir différents forfaits.
Cette
réalité
interpelle les organismes
de défense de droits humains qui, dans le cadre de la
célébration de la
journée internationale contre l’esclavage le 23 août,
exigent des
autorités des dispositions adéquates pour y faire face.
« Il faut
des
lois pertinentes pour
combattre la traite des enfants ainsi que des mesures
appropriées pour
encourager la scolarisation des enfants en Haïti »,
préconisent ces
organismes.
Comme chaque
année,
l’Organisation des
Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) s’est
souvenue de la date du 23 août en 2006.
Il y a plus de 200
ans,
Haïti était le
porte-étendard de la lutte pour l’éradication de
l’esclavage et pour
l’émancipation des personnes.