Plus d’une trentaine d’enlèvements
d’élèves en une
semaine… « Il nous faut agir vite et agir
maintenant ! », selon l’OPC
L’Unité de
Protection de l’Enfant (UPDE) de l’Office de la Protection du Citoyen
condamne avec véhémence les actes de violence qui
dominent la vie
nationale, actes commis avec une fréquence alarmante ces
derniers
jours, sous les formes les plus viles.
L’UPDE
constate avec indignation que la société haïtienne
est à une phase
d’auto-destruction. Elle sacrifie ses propres enfants, l’avenir du pays.
L’émergence
d’une nouvelle société, caractérisée par la
violence et la criminalité
est comme une fatalité, un glas s’abattant sur la
catégorie la plus
vulnérable : les enfants.
Le Droit
d’être enfant a été enlevé à un grand
nombre d’entre eux. Ils sont
utilisés comme des outils pour la perpétration de crimes
et de délits
par les gangs. Ils sont aussi les plus facilement
appréhendés alors que
leurs recruteurs et leurs corrupteurs courent les rues,
bénéficiant
d’une impunité illimitée.
La centaine
d’enfants, aujourd’hui en conflit avec la loi qui croupissent dans les
différents commissariats et établissements
pénitentiaires du pays, sont
en première loge de cette violence qui sévit
déjà depuis trop longtemps
dans notre pays. Il n’ont pas la chance d’être
protégés par leur
famille, d’être protégés par la
société, par l’Etat. Le Droit d’être un
enfant leur a été enlevé.
Ne se
contentant plus de les droguer afin de les utiliser dans des actions
malhonnêtes, on s’acharne sur les enfants du pays en faisant
d’eux des
cibles de meurtres, d’enlèvements, de séquestrations, de
viol, de
trafic d’organes pour ne citer que les crimes les plus redoutables et
les plus visibles commis ces derniers jours contre l’Enfant
Haïtien.
Les petits écoliers en route pour l’école ou y revenant
se retrouvent
parmi les cibles favories. Déjà plus d’une trentaine
d’enlèvements
d’élèves enregistrés cette semaine du lundi 11 au
jeudi 14 décembre
2006 !. Il nous faut agir vite et agir maintenant ! Les
Droits à la
Protection, à la vie et à l’Education de l’enfant
haïtien sont
sérieusement attaqués alors que nous ne sommes pas en
guerre ! Aucune
structure étatique ne s’est jusqu’à présent
révélée apte à honorer
l’engagement de protéger les enfants pris par Haïti en
ratifiant la
Convention Internationale sur les Droits de l’Enfant.
L’UPDE en
cette occasion de Noël interpelle la conscience de tous, invitant
chaque haïtien à faire la paix avec soi-même, avec la
société. Il est
encore temps que la société haïtienne se donne une
chance. Pour
paraphraser le Dr. Martin Luther King Jr : « Apprenons
à vivre comme
des frères ou nous périrons tous comme des
bêtes »
L’Unité de
Protection de l’Enfant de l’Office de la Protection du Citoyen
encourage chacun à rechercher ce qui lui reste d’humain, de
dignité.
Elle prête sa voix aux enfants actuellement
séquestrés ou vivant dans
la peur de l’être, aux familles affligées,
endeuillées par la violence
et appauvries par les rançons, pour adresser ses questions et
ses
recommandation à toutes les forces vives de la Nation
haïtienne.
Aux
Autorités Gouvernementales : D’où nous viennent
toutes ses armes ?
Comment arrivent-elles sur notre territoire ? Sortez de votre
mutisme
pour redonner confiance à la population. Adoptez en toute
urgence des
stratégies adéquates à cette situation et prenez
des mesures de
prévention et de répression contre toute cette
criminalité qui sévit
déjà depuis trop longtemps dans notre pays. Il est temps
que les
conflits entre la Police et la Justice, qui ne sont profitables qu’aux
criminels cessent. Que les efforts déployés dans des
rivalités et des
luttes intestines aux seins des différents organes de l’appareil
étatique se convergent vers un Plan d’action efficace. Ce plan
devra
garantir une meilleure protection aux citoyens, particulièrement
aux
plus vulnérables, les enfants et les femmes. Il est temps que
les
bandits commencent à s’inquiéter d’avoir à rendre
compte de leurs
actes !.
Aux
législateurs, Rappelez-vous des promesses faites aux enfants par
vos
partis politiques respectifs lors de la signature de l’Agenda des
partis pour l’Enfant. Vous devez accorder une attention
particulière à
cette situation d’insécurité qui sème le deuil
dans les familles
haïtiennes et ne fait qu’augmenter le nombre d’orphelins. Il est
impératif que la priorité soit donnée à la
création de cadres légal et
institutionnel devant garantir de manière efficace et durable la
protection de l’Enfant haïtien.
Aux élus
des différentes collectivités territoriales, lesquels
seront les
principaux responsables du chantier de construction d’environnements
surs et sécuritaires pour les enfants dépendant de leur
juridiction.
Votre proximité avec les citoyens des communes et des sections
communales, devra contribuer à parfaire votre
compréhension de cette
gangrène qui ravage les familles en affectant de façon
particulière les
enfants.
Aux ONGs de
défense des Droits de l’Homme, Développez des programmes
d’appuis légal
et psychologique à l’intention d’enfants victimes d’une
façon ou d’une
autre de la violence. Contribuez à l’éducation à
la Paix, à la
Non-Violence et à la démocratie en continuant à
accompagner la
poupulation dans sa quête de justice.
A la
Communauté internationale, Aidez l’Etat Haïtien
concrètement à lutter
de façon systématique contre l’insécurité,
la violence et le banditisme
aussi bien que l’exploitation des enfants dans toutes ses dimensions.
Aux
structures morales de références : les
écoles, les églises, les
familles, les organisations de la Société Civile, Ne
baissez pas les
bras. Prenez vote responsabilité et jouer votre partition dans
cette
lutte pour l’éradiction de cette violence devenue innaceptable.
A la
population en général, ne vous laissez pas allez à
la passivité et à la
résignation. Commencez à vous organiser en vue de
participer activement
à l’établissement d’un climat de paix et de
sécurité pour vos enfants
et pour vous-mêmes.
A ceux qui
sont impliqués dans des actes de criminalité,
particulièrement ceux
commis contre les enfants, ceux qui ont déjà mis leur
plan à exécution
que ceux qui projettent de le faire. Rappelez-vous que vous aviez
été
vous-mêmes des enfants, vous en avez déjà, ou vous
êtes appelés à en
avoir. Quel pays voulez-vous leur laissez ? Quels enfants
laisserez-vous à ce pays ? Ou, comptez vous les exterminer
tous ?
Il est
encore temps que vous vous donniez une chance ! La chance de
redevenir
un être humain à part entière. De voir en chaque
enfant que vous
détruisez, ou que vous avez l’intention d’éliminer, votre
image, votre
propre enfant. Vous devez savoir que vous aurez quand même des
comptes
à rendre plus tard à la société, à
vous-mêmes, aux enfants, à la nature
et au créateur. Prenez le chemin de la droiture, en ayant
à l’esprit
qu’en enlevant ou en séquestrant un enfant ; qu’en lui
otant la vie,
soit en le brulant vif, ou en le hachant à coups de machette,
soit en
le jettant sur des détritus, le blessant ou le tuant par balle,
l’amputant d’un ou de plusieurs membres, vous vous détruisez
progressivement, vous créez vos propres tombes.
Sachez que
votre destiné est lié à celle des enfants. Si vous
parvenez à vivre
assez longtemps pour le voir, le peu d’enfants qui réussiront
à
survivre de ce cahos créés par cette situation de
violence, seront des
adultes impuissants qui ne seront bons qu’à vous assister
croupissant
dans la vieillesse, dans un payé abandonné,
ravagé, dévasté par la
pauvreté et la terreur.
Aux enfants
d’Haïti, qui sont orphelins de cette situation, tant ceux qui en
ont
déjà été victimes que ceux qui vivent dans
la peur de l’être. Du
courage ! Il ne faut jamais oublier que vous êtes les
poumons du pays.
Ceux par lesquels il vit. A ceux qui sont exploités et
utilisés, ne
vous laissez plus manipuler car vous serez les seuls à payer le
prix du
sang versé. Ce sera votre manière de contribuer à
la réduction de la
violence et de l’insécurité.
Enfin ces
conseils du Dr. Martin Luther King aux noirs américains à
une période
bouleversée de leur histoire semblent aujourd’hui judicieux,
appropriés
à tous, victimes ou auteurs de crimes, Etat et
Société Civile : « Ne
cherchons pas à étancher notre soif de liberté en
buvant la coupe de
l’amertume et de la haine. Nous devons à jamais livrer notre
bataille
sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Il ne
faut
pas que notre revendication créatrice engendre la violence
physique.
Encore et encore, il nous faut nous dresser sur les hauteurs
majestueuses afin d’opposer à la force matérielle la
force de l’âme. »
Joyeux Noël 2006, Bonne et heureuse année 2007
Que la Paix soit sur Haïti et en particulier sur nos enfants !
Unité de Protection de l’Enfant
Office de la Protection du Citoyen
13 décembre 2006