Les
prêtres de la santeria cubaine
publient leur "Lettre de l'année"

La Havane
-- Le panorama de l'année 2007 est «funèbre»
ont prédit hier les babalaos, les
prêtres de la santeria, religion afro-cubaine très
pratiquée par les Cubains.
Adressant
leur traditionnelle «Lettre de l'année» lors d'une
conférence de presse, les
babalaos ont recommandé au président Fidel Castro de
suivre des prescriptions
strictes pendant sa convalescence.
L'année 2007 sera marquée dans le monde par des
«guerres», des «épidémies» et
des «interventions militaires», ont prédit ces
prêtres très écoutés à Cuba,
où
une grande partie des 11 millions d'habitants pratiquent la santeria,
venue
d'Afrique avec l'esclavage et que l'on retrouve sous d'autres formes en
Haïti
et au Brésil.
«Le panorama qui se présente à nous est un peu
funèbre», a déclaré le babalao
Lazaro Cuesta, en tenue blanche traditionnelle des grands prêtres
santeros,
ajoutant: «Quand quelqu'un ne cède pas sa place en temps
voulu, il court le
risque que des choses imprévisibles se produisent.»
Fidel Castro, qui a passé le pouvoir à son frère
Raúl en juillet, se remet avec
difficulté d'une lourde opération chirurgicale à
la suite d'une hémorragie
intestinale.
«Malgré une tranquillité apparente», les
augures de 2007 «parlent d'un possible
complot, d'interventions militaires, de ruptures d'accords entre pays
amis», a
ajouté Lazaro Cuesta.
À ses côtés, le babalao Victor Betancourt a fait
une allusion directe à la
santé du chef de l'État: «Que les médecins
qui traitent ce cas prennent garde à
une infection et maintiennent sa santé neurologique. Le soin le
plus important
pour une personne hospitalisée, c'est d'empêcher une
infection [...] pour
éviter de futures complications», a-t-il ajouté.
Selon lui, «il peut y avoir une ouverture
économique» à Cuba cette année, avec
une augmentation des importations, aidée par «des
éléments qui sont sous nos
pieds comme le pétrole», a-t-il dit.
La divinité qui veillera sur 2007 sera «Oshosi», le
dieu des chasseurs, qui
«collabore avec son frère et lui fournit l'aide
nécessaire», indique encore la
«Lettre de l'année», ajoutant que le dieu «est
très souvent relié à la police
[...] et aux prisons».