Décidément,
ces jours-ci, les Eglises tiennent le haut du pavé en
matière d'hostilité envers Israël et de honteuse
collusion avec ses
ennemis jurés. (Voir: "L’étrange amour du pape pour "ceux
qui appellent
le mal, bien, et le bien, mal"; "Le Pape et les négateurs de
l'Holocauste"). Honte à ce pasteur. Facile de taper sur un
peuple que
tout le monde condamne, parce que c'est infiniment moins risqué
que de
critiquer les terroristes islamiques. Même les "amis de Job"
étaient
plus excusables que ce "mauvais pasteur". Pourtant Job les a
menacés,
en ces termes (Jb 19, 28-29): "Lorsque vous dites: 'Comment l'accabler,
quel prétexte trouverons-nous en lui?' Craignez pour
vous-mêmes l'épée,
car la colère s'enflammera contre les fautes, et vous saurez
qu'il y a
un jugement." Menahem Macina

Le Guide d’interprétation de
l’intolérance musulmane, de l’Archevêque
de Cantorbery, B. Burston
Scalpel
littéraire impitoyable en main, l’auteur débride la
tumeur
qui mine une partie de l’organisme chrétien. C’est incisif,
impitoyable, sans pathos et terriblement efficace. Malheureusement,
aucun média de premier plan ne reprendra un tel texte. Surtout
pas en
France. Cela ferait désordre et l’alignement à la
française de nos
parterres politiques de gauche ne s’en remettrait pas de sitôt.
(Menahem Macina).
31/12/06,
Haaretz
Texte
original anglais : "The
Archbishop's guide to Muslim intolerance".
Traduction française : Menahem Macina
Problème.
Vous êtes le dirigeant spirituel de l’Eglise d’Angleterre
et, par extension, de quelque 70 millions d’Anglicans de par le monde.
Vous êtes venu à Bethléem, pour examiner la
question des attaques
musulmanes contre des institutions moyen-orientales chrétiennes
et
arabes.
A
Bethléem, vous avez entendu des comptes-rendus d’incidents au
cours desquels des musulmans ont menacé, rudoyé, battu et
même tué des
habitants chrétiens palestiniens de cette ville. Certains
chrétiens ont
rapporté que des musulmans leur ont adressé des menaces
de mort s’ils
ne transféraient pas des biens fonciers appartenant à des
chrétiens.
En
Iraq, des prêtres ont été attaqués, certains
ont été tués.
Vous
êtes l’Archevêque de Cantorbery. C’est le moment
d’élever la voix.
A
l’arrière-plan de votre esprit, toutefois, il y a le discours du
Pape, en septembre 2006,
qui parlant de l’islam, s’abstenait de parler du meurtre d’une
religieuse en Somalie, ainsi que des attaques à l’explosif
contre des
églises de Cisjordanie, de Gaza et d’Iraq.
Solution.
Mettez tout cela sur le compte de l’Occident chrétien. Et, tant
que vous y êtes, sur celui des Juifs.
Le Dr
Rowan Williams, Archevêque de Cantorbery, n’est pas le premier
idiot venu. Ce dirigeant spirituel de l’Eglise d’Angleterre sait
reconnaître un piège quand il y en a un. Il sait ce qui
est arrivé au
chef de l’Eglise de Rome. L’archevêque n’allait pas
suggérer que la
responsabilité de l’effusion de sang, perpétrée au
nom de l’islam,
incombait aux musulmans qui l’ont exécutée.
"Dans
une extraordinaire attaque", écrit le Times de Londres en
résumant ainsi le message :
"Le Dr
Williams accuse Tony Blair et les Etats-Unis de mettre en
danger la vie et l’avenir de plusieurs milliers de chrétiens au
Moyen-Orient, qui sont considérés par leurs concitoyens
comme des
partisans des 'Croisés occidentaux'".
Le
Times paraphrasait ensuite les propos de l’archevêque, selon
lesquels "les chrétiens du Moyen-Orient sont placés dans
une situation
de risque sans précédent par la politique 'à
courte vue' et 'ignare' du
Gouvernement, concernant l’Iraq".
Position
gauchiste dans le vent ? Crainte de représailles ?
Croyance
fondée sur une doctrine ? Si vous êtes
l’Archevêque de Cantorbery, vous
n'avez pas à hésiter.
A
Bethléem, qui, comme l’Iraq, est le théâtre d’un
exode continu de
chrétiens moyen-orientaux, le Dr Williams a tourné les
yeux en
direction du point de repère qu’est la Terre Sainte, laquelle
est
rapidement devenue un lieu de pèlerinage pour la gauche
doctrinaire.
S’exprimant
après que sa délégation ait franchi un point de
contrôle israélien pour entrer à Bethléem,
le Dr Williams a dit :
"Le
mur que nous venons de traverser, il y a un instant, n’est pas
seulement le signe d’un problème éphémère
de la politique de la
région ; c’est le signe de certaines choses qui sont le
plus
profondément mauvaises dans le coeur même de l’homme."
Un
jour, il y aura une explication pertinente de l’obsession de la
gauche occidentale à propos du Mur, et du fait qu’elle a
érigé la
barrière de sécurité au rang de mal absolu.
L’anti-Kotel.
L’apothéose de la malfaisance, en comparaison de laquelle le
massacre d’innocents fait pâle figure.
La
balance, en définitive, penche largement d'un seul
côté. En février 2006,
moins de deux semaines après que le Hamas ait remporté la
victoire aux
élections de l’Autorité Palestinienne, le Synode
général de l’Eglise
anglicane votait massivement de cesser d’investir dans les "compagnies
qui profitent de l’occupation illégale", tel Caterpillar,
fabricant des
bulldozers D9 de l’armée israélienne.
On a
cité la réaction de Lord Carey, le
prédécesseur du Dr Williams,
à cette décision qui, disait-il, ignorait le traumatisme
des Juifs
israéliens en proie au terrorisme, et affirmant qu’"il avait
honte
d’être anglican".
Il
s’agit là d’un comportement-type, et pas seulement d’un
réflexe
automatique, consistant à imputer toute la responsabilité
de la
catastrophe moyen-orientale à l’axe Bush-Blair-Israël.
Il y a
également le racisme du politiquement correct et le sentiment
que les musulmans ne sont pas réellement responsables de leurs
actes,
comme s’ils étaient des enfants espiègles, ou des animaux
à l’état
sauvage.
Non,
c’est nous les Occidentaux, Tony Blair, George Bush, les Juifs
israéliens, qui sommes responsables. C’est notre arrogance
désastreuse
et notre terrorisme d’Etat qui ont causé les attentats du 11
septembre
2001 et la déferlante de massacres-suicide qui a suivi. Le seul
rôle
qu’ont joué les musulmans a été de placer les
explosifs, les cutters,
les Katiouchas, les Qassam, les Kalachnikov. Nous avions
déjà pressé
sur la détente.
L’archevêque
nous raconte que ce sont les chrétiens, aidés et
encouragés par des Juifs, qui ont mené à
l’intolérance musulmane envers
les chrétiens.
La
guerre a-t-elle réellement alimenté une escalade dans les
attaques des musulmans contre les chrétiens ? Sans aucun
doute. Le mur
est-il la cause des terribles épreuves des Chrétiens de
Bethléem ? Cela
va de soi.
Mais
la formulation du Dr Williams, selon laquelle les musulmans ont
attaqué des chrétiens à cause de ce que d’autres
chrétiens ont fait à
d’autres musulmans, a constitué, peut-être plus que quoi
que ce soit
d’autre, un échos pervers des remarques émises, cette
semaine, par le
négateur de l’Holocauste, David Irving :
"Ils les
Juifs
devraient se demander pourquoi on les a tant haïs durant trois
mille
ans, au cours desquels il y a eu pogrome sur pogrome, pays après
pays."
En fin
de compte, l’Archevêque nous a appris au moins une chose :
Les musulmans doivent prendre la responsabilité de combattre
l’intolérance musulmane envers les chrétiens. Car les
dirigeants
chrétiens pourraient bien s’en avérer incapables.
Bradley
Burston
© Haaretz
Note
de la Rédaction d’upjf.org *
Kotel est
l’abrégé de ha-kotel ha-ma’aravi, le Mur occidental,
vestige d’une
partie du mur d’enceinte du Temple. En jouant ainsi sur les mots,
l’auteur veut marquer l’ironie de situation qui vise à
présenter les
Juifs, qui vénèrent un mur sacré, comme les
bâtisseurs iniques d’un
autre mur, maudit, celui-là, qui symbolise tout le mal dont
souffrent
les Palestiniens des mains de "l’Occupant israélien" honni.
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