Une séance
de photos au Marin…
ou
une promenade à la marina et au marché de
la commune du Marin en Martinique
Par Gaëlle
Linfide

Une belle journée s’annonçait sous le
patronage d’un ensoleillement inaccoutumé pour
le mois d’octobre, généralement un mois qui s’avère
être
frais et
pluvieux.
En
Martinique à cette période
de l’année, l’île essuie
quotidiennement des ondées
tropicales, car nous nous trouvons à la fin de la saison
cyclonique et en plein
hivernage. Mais ce matin là, et depuis peu, l’air s’était
embelli de lumière,
une douce chaleur irradiait
l’atmosphère
d’une clarté radieuse, et des vapeurs de chaleur montaient de la
terre.
Une promenade
s’imposait et nous prîmes la direction du sud. C’est
en passant aux abords du Marin, que
l’envie nous saisîmes de visiter cette
commune.
Située sur la
« route des
plages », le Marin est une ville maritime, une commune
touristique en
plein essor économique. Ouvert sur le monde de par ses
activités culturelles
(festivals, rencontres internationales), activités maritimes,
ses services
(hôpital, écoles, lycée, commerces) et son offre
d’accueil en matière touristique
(restaurants, hôtels, activités sportives et aquatiques,
et sa Marina), le
Marin est une étape incontournable d’un séjour bien
organisé à la Martinique.
Nous arrivâmes
à ce port
de
plaisance et nous découvrîmes la danse des mats se
balançant au gré des vagues
ou du reflux. L’eau créerait ses « wachas », caressant les
coques posées sur une mer
relativement tranquille. Une diversité de bateaux à
voiles de toutes dimensions
habités ou non sont alignés aux pontons flottants,
séparés par des bouées
attachées aux bastingages des ponts, cela pour éviter
tout frottement
désagréable.
Nous avons pu
également nous extasier sur des
bateaux à moteur dédiés
à la pêche sportive, à
la pêche « au
gros » ou pour se balader le week-end entre amis. On voyait
aussi des
canots ici et là, amarrés, ainsi que des
« bateaux découvertes » pour
les excursions sous-marine destinées
aux
touristes ou aux scolaires.
Un
grand nombre d’embarcations,
battant pavillon étranger se trouvaient dans
cette marina
et tous respectaient les
règles de vie strictes pour
le bien de chacun. Aux abords les lieux
étaient propres et bien entretenus. On voyait des parterres
couverts de fleurs, agrémentant
l’espace et pour
le plaisir des yeux.
L’humeur
était bonne et je me pris à
jouer au touriste, appareil
photo en bandoulière je me risquais à prendre des
clichés des voiliers
monocoques, catamarans qui mouillaient ou en partance pour les
îles de la Caraïbe. Et Près
de là où je me tenais, j’entendis des voix d’hommes
s’élever. Des pêcheurs
qui
revenaient de Miquelon, leur journée s’achevait, ils
arrangeaient leurs filets et attirails
de pêche. Ils parlaient de prises de volans,
de balarous, de
thons, de pêche miraculeuse et de
la chance des pêcheurs...
La photo fut prise sur
le vif, sans doute ne m’ont-ils même pas aperçu, il faut
avouer que je n’ai pas voulu les déranger. Je poursuivais
ma promenade
qui m’amenait au marché couvert, il se trouve à
côté de la marina. Un édifice
sans grande originalité, d’une taille moyenne couvert d’un toit
de tôle conique,
rien qui ne se fige dans les mémoires.
Les
marchandes se
montrèrent
accueillantes, voire chaleureuses et m’invitèrent à
venir voir leur étal
de
fruits et légumes, bien exposé mettant en valeur les
produits du
« terroir » : ananas,
maracudja, patate
douce, ignames,
dachines, christophines, oranges, mais je n’étais pas venue
pour
acheter, et
poliment je leur ai demandé l’autorisation de prendre quelques
prises vues.
J’ai pu saisir
l’expression de la marchande de liqueurs ; elle proposait
ses
punchs coco, liqueurs d’ananas, ananas-passion,
punch cacahuètes,
schrubb, le
délicieux punch
au gingembre ou pour certains le bwa
bandé, un aphrodisiaque qui renforce la tonicité du muscle… En
vitrine
des fioles d’essence de vanille, d’oranges
amères pour parfumer les
desserts, le fameux curry en poudre pour
le colombo ou le colbou et de nombreuses épices
pour relever les plats ou assaisonner
les mets.
Le
marché
était paisible, peu
de monde affluait sa proximité avantageait ses visiteurs pour
les besoins
journaliers. Le soleil
montait plus haut dans le ciel, les
émanations des épices et
autres senteurs odoraient le marché, je poursuivais ma visite et
arrivais
devant l’étal
du boucher un homme
ayant un très beau
sourire et qui ne manqua
pas de me troubler.
Puis je me dirigeais vers la poissonnerie et ce fut une
poissonnière
qui me
reçut, une jeune femme d’apparence douce et d’une grande
gentillesse. Elle
proposait à une cliente du thon
à 10
€ le Kg, un produit frais qui venait d’arriver.
Pas très loin
des métropolitaines
mettaient en vente des
objets d’art ou pour la décoration, de bien jolies choses
ma foi !
Réalisées avec deux, trois
fois rien,
deux bouts de ficelle, elles faisaient des merveilles...
Ma visite se terminait, j’eus un regret, car il y avait une marchande,
une femme
d’un certain âge qui parlait avec un jeune marchand. Son visage
m’a accroché, fasciné,
je lui ai demandé si je pouvais l’immortaliser, elle me
répondit « non »
ajoutant qu’elle n’est pas belle… puis elle sourit, c’était
incroyable comme
son visage s’est illuminé et comme elle était belle. Elle
avait une beauté rare
et un sourire magnifique. J’insistais car cette femme sans le savoir
avait
réveillé des souvenirs d’un être que j’avais tant
chéri ébranlant ma fibre
affective, elle me répondit gentiment qu’elle ne voulait pas
être prise en
photo, alors ne souhaitant pas l’irriter je me
retirais.