LA BONNE ORDONNANCE DU
DOCTEUR
NICOGE

Je viens de recevoir ma
feuille d'impôt. Eh, aïe, aïe,
quelle tuile. Je me dis que j'ai mal lu la somme qui y figure en bas.
Je vais
donc la relire, la relire, la relire. Et j'ai beau la tourner dans tous
les sens,
ben rien à y faire, c'est toujours la même somme. Je
téléphone à mon percepteur
qui me confirme que je dois bien à l'état français
l'équivalent de deux mois de
salaires.
Alors que je
réfléchissais sur comment j'allais faire pour
payer le loyer, l'eau, le gaz, l'électricité plus de quoi
me sustenter, c'est
alors qu'Il fit son apparition devant moi.
Je restais là
médusée, pétrifiée, non plus par ma feuille
d'impôt, mais par Dieu en personne, celui qui,
dès qu'il touche quelque
chose cela se transforme en or. Bingo, le Doc Gényco
était là, devant moi,
comme la Sainte Vierge était apparue à Bernadette
à Lourdes.
Qu'est-ce que tu fais
là, lui dis-je tout bêtement ?
Doc.
G.
"Ben j'ai entendu dire que tu avais des
petits soucis pour payer tes impôts !!!"
M.S.S.
"Des petits soucis, tu parles, je sais
même pas comment je vais pouvoir acheter un "biftek" et toi tu me
parle de
"Petits Soucis" t'en as de bien bonnes !!!
Doc. G. : Ah,
écoute, la merde, la misère, la banlieue,
ouaih j'ai connu ça, et je m'en suis sorti"
M.S.S :
"Ah ouais, et comment ?"
Doc. G. : "Bien
c'est bien simple, pendant plusieurs
années, j'ai fait croire à tout le monde que
j'étais un rappeur intelligent,
j'faisais parti d'la bande du Ministère Amer, tu t'en
souviens ?"
M.S.S :
"Ouais, Ouais, Ouais, Brigitte Femme de
Flic",
Doc. G. : "Oui
sauf que ca, moi j'l'ai chanté,
alors que j'en pensais pas un copeck de c'que j'disais, parce
qu'en
faite j'comprenais pas bien le sens des paroles, mais devant
Stomy
j'pouvais pas la ram'ner, alors j'faisais semblant d'comprendre et du
play back
pour épater les gonzesses quoi".
M.S.S. :
"Ah, oui, pendant tout ce temps la, tu les a
berné en leur faisant croire que t'en avais sous le bonnet
? Et
c'est comme ça que tu t'en es sorti ? Ca risque pas
d'm'arriver à
moi".
Doc. G. : "En
fait,
je savais bien qu'à force de chanter
"taper sur les flics et allumez le feu", on finirait bien par
s'intéresser à ce que je faisais, qu'on allait
m'inviter sur les plateaux
de télé, chez Fogiel, Ardisson, et tout et tout, et
là je pourrais côtoyer des
mecs super importants, avec qui je pourrai être
photographié dans Voici, Gala,
Paris Match. Et c'est comme ca que j'ai connu Sarkozy".
M.S.S. :
"Ah, oui, et t'as pas la honte de renier ton
milieu".
Doc. G. :
"Arrête, j'y ai jamais cru à c'truc là. Non
moi c'j'voulais c'était gagner plein de blé, me taper des
filles de ministres,
des actrices, des tas d'nanas comme ça pour me prouver que moi
aussi je le vaut
bien. Et comme ça je peux même fumer des joins en leur
compagnie".
M.S.S :
"Ouai en tout cas moi, j'connais pas
d'Ministres, j'me tape pas des tas d'fils de Ministres et encore moins
d'acteurs, j'fume pas de beuz, et tout ça me dit pas comment je
vais faire pour
payer mon impôt".
Doc. G. : "Ben
c'est là que je voulais en venir".
M.S.S. :
"Pourquoi, t'as une solution ?"
Doc. G. : "Pour
toi, non, mais moi depuis que j'suis
pote avec Sarko, j'peux faire tout c'que j'veux. C'est pas comme ce
connard de
Joey, qui lui n’est pas foutu de trouver des parrainages pour son pote
le
facteur. Franchement tu me vois, moi rouler pour un gars en bicyclette,
j'suis
pas sortie d'ma banlieue pour m'taper ma tournée en vélo
peugeot. Non moi quand
j'ai des problèmes d'impôt, j'vais voir Nico et c'est
réglo. Plus de problème
d'impôt"
M.S.S :
"Ouai, mais tu leur doit p'tete pas grand
chose, tandis qu'moi bientôt il faudrait qu'tout les soirs
j'aille chanter à
l'Alcazar (ça c'est parce que j'aime bien Brel NLDR)"
Doc. G. : "Tu
rigoles, Duchmol, j'leur doit 800.000
prunos aux Impôts, j'ai un p'tit apart' que j'me suis payer
pas reche (1)
dans un quartier pourri d'Paris ou t'es obligé d'appeler
l'traiteur pour
bouffer à toute heure, et dans l'1-6 Kebab, connaissent pas
!!! Non
eux, c'est foie gras et caviar et par dépit m'y suis mis aussi
à en bouffer. Putain
c'est pas dégueu ce bout de pâté avec cette
purée d'esturgeon"
M.S.S :
"Ben oui, mais si tu as la solution dit la
moi, et comme cela je pourrai régler mon
petit problème de sou sou.
Doc. G.. :
"Non mais t'as pas compris. La vie c'est
marche ou crève, quitte à marcher sur les autres mais tu
t'en fous. En fait
vous les travailleurs sociaux, vous êtes des loosers parmi les
loosers, c'est
d'vote faute si vous n’y réussissez pas dans votre vie. C'est
vrai faut être
con pour taffer à 2.000 prunos par mois, auprès des
laissés pour compte du
système. Moi j'ai choisi, ma soeur, je marche dans le
système, à fond les
gazes".
Ma soeur, il a
osé dire que je suis sa soeur. Eh le Doc,
on a pas biberonner ensemble. Prise de rage anti
rappeur-à-la-con, je me suis
levée aussi sec, bien décidé à lui mettre
un poing bien placé, lui faire
bouffer ma feuille d'impôts, sa carte d'adhésion à
l'UMP, ses photo dédicacées
de Johnny, le dernier livre de Steevy et lui faire recracher
tout son
répertoire à la con.
TIENS PREND CA DANS TA
TRONCHE C'EST DE LA PART DE MA
COPINE ROMANE B.
Et là
soudainement, je me suis retrouvée seule, devant ma
feuille d'impôt. Le rappeur à fromage avait disparu comme
il était venu. Sans
m'indiquer de solution pour mon "petit souci de sou sou" que je dois
à l'Etat.
J'ai donc
décidé de me rouler un joint et de rêver que moi
aussi j'étais une star du rap que je connaissais tout plein
de
ministres, de fils de Ministre, d'acteurs supers connus etc, etc
...
Malheureusement le
retour à la réalité me fut très dur.
Mariam SERI-SIDIBE
Pour
Grosland News International