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SILENCE, ON
EMPOISONNE !

« Chronique
d’un empoisonnement annoncé », le livre qui
dénonce le scandale de l’empoisonnement au Chlordécone,
trente années durant, des populations martiniquaise et
guadeloupéenne, est n° 1 des ventes dans toutes les
librairies des Antilles en dépit de tentatives de boycott par
les médias locaux et le silence assourdissant des
autorités responsables, au premier chef les préfectures
de nos deux pays et les services déconcentrés de l’Etat
français. Si L. Boutrin et R. Confiant ne sont pas les premiers
à avoir évoqué ce grave problème de
santé publique, ils sont ceux qui, preuves à l’appui et
travail d’investigation à la clef, ont réussi à
prouver que cet empoisonnement
était, et continue d’être, délibéré.
L’Etat français,
les Békés et leurs laquais indigènes sont
complices d’un crime contre les peuples martiniquais et
guadeloupéens, crime qui prend la forme d’un génocide
sournois et d’une caldochisation accélérée. En
effet, lorsque les patates douces et autres légumes-racine en
provenance des Antilles arrivent dans les ports de Dunkerque ou du
Havre, ils sont systématiquement détruits par les
services sanitaires. Motif ? Leur taux de Mirex, de Dieldrine et
surtout de Chlordécone défie toutes les normes
établies. Ces légumes sont de véritables
poisons ! Dans le même temps, aux Antilles, aucune mesure
n’est prise pour en interdire la vente. Ils continuent à se
vendre tranquillement sur les marchés de Fort-de-France, de
Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre.
Qui est
pénalisé dans ce laisser-faire criminel ? D’abord,
le petit agriculteur antillais dont les produits sont pointés du
doigt alors même qu’il n’est en rien responsable des dizaines de
milliers de tonnes de pesticides cancérigènes
déversés sur nos pays depuis trois décennies. Les
préfectures des Antilles publient régulièrement de
nouvelles listes de productions contaminées, mais se gardent
bien de mettre sur pied une politique d’identification, dans un premier
temps, des parcelles en cause et de dépollution de celles-ci
dans un second alors même que des méthodes
éprouvées existent. Le petit agriculteur est sommé
de procéder lui-même à des analyses prouvant que
son terrain est indemne, analyses coûteuses qui ne se font que
dans des laboratoires hexagonaux ! Autrement dit, la victime est condamnée à se
soigner par ses propres moyens et ne doit s’attendre à aucune
mesure de compensation financière. Il s’agit là,
à l’évidence, d’un comportement raciste de la part des
autorités françaises qui refusent d’assumer toutes les
conséquences de la tutelle qu’elles exercent sur nos pays.
La
deuxième victime est le consommateur antillais qui,
déboussolé, ne sait plus à quel légume se
vouer. En fait, on le conduit habilement à ne plus consommer que
des pommes de terre, des endives ou des choux de Bruxelles.
L’empoisonnement au Chlordécone est du pain béni pour les
importateurs et les grandes surfaces. Le problème c’est
que là encore la traçabilité des fruits et
légumes étrangers que l’on trouve dans les
supermarchés de la Guadeloupe et de la Martinique n’est
aucunement garantie. On sait, par exemple, que des raisins de table
estampillés « Made in Spain », ne sont en
fait pas originaires de la péninsule ibérique, mais
du…Chili où ils sont traités avec de puissants pesticides
et exportés en Europe sous des labels qui dissimulent leur
provenance ou les « européanisent »
clandestinement. C’est donc tous les « produits
frais », produits sur place ou importés, qui sont
source d’inquiétude pour nos populations. On n’a jamais vu les
douanes de Martinique ou de Guadeloupe refouler ou détruire le
moindre kilo de fruits ou de légumes importés, comme si
le seul fait qu’ils proviennent de l’extérieur était un
gage de leur consommabilité.
Les médecins
exerçant dans nos pays sont formels : jamais ils n’ont
assisté à un nombre aussi effarant de malformations
congénitales et de fausse-couches ; jamais la courbe de
croissance des cancers, en particulier celui de la prostate, n’a
été aussi élevée ; jamais les cas de
maladies de Parkinson et d’Alzheimer n’ont été aussi
nombreux ; jamais le taux d’infertilité masculine et
féminine n’a été aussi préoccupant. Il est temps de poser la seule question qui
vaille : POURQUOI ? Pourquoi ces
phénomènes ne se retrouvent-ils pas à l’identique
à Sainte-Lucie, en Dominique, à Barbade ou à
Grenade ? Pourquoi la Martinique a-t-elle le 2è rang quand
au nombre de cancers de la prostate, juste après les Etats-Unis,
pays qui est le plus gros utilisateur de pesticides agricoles au
monde ? Pourquoi a-t-on retrouvé des doses massives de
Dieldrine dans l’eau de la Basse-Terre alors que ce produit n’a jamais
été autorisé sur le territoire
français ? Qui a continué d’importer du
Chlordécone après qu’enfin, l’Etat français se
soit résolu à l’interdire aux Antilles ?
Une enquête doit être ouverte.
Une commission d’enquête parlementaire doit être mise sur
pied. Comme pour le sang contaminé. Comme pour la vache
folle. Comme pour l’amiante. Comme pour Outreau. Les responsables de
cet empoisonnement d’1 million de citoyens censés
être français doivent être identifiés et
traduits en justice !
IL FAUT UN
SURSAUT DE TOUT LE PEUPLE ANTILLAIS !
NOUS
VOUS INVITONS A UNE GRANDE CONFERENCE A L’ATRIUM LE 5 AVRIL PROCHAIN A
18H 30
Raphaël
Confiant
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