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Chlordécone :
pour un juste dédommagement des agriculteurs victimes

photo
de Joe
Depuis 2004,
l’UPG s’est saisie du « dossier
chlordécone », notamment par le biais de
l’association ASSE (Agriculture Santé Société
Environnement) dont nous sommes co-fondateurs (en juillet 2004). Depuis
2 ans, nous avons travaillé à informer agriculteurs,
consommateurs et citoyens sur ce problème qui dépasse
largement le cadre agricole et les zones bananières
(contamination de l’environnement tout entier et grave affaire de
santé publique). Ce travail a conduit, notamment, à la
plainte déposée le 3 mars 2006 devant la juridiction
pénale.
En
parallèle, nous avons dénoncé la situation
désastreuse des agriculteurs dans les zones contaminées
depuis la publication de l’arrêté préfectoral de
2003. L’impossibilité de vendre les produits
« à risque » (légumes-racines) ou
de mettre en place ces cultures avant la publication des seuils
autorisés (fin 2005), a entraîné pour ces
producteurs de fortes pertes de revenus voire même l’absence
totale de revenus. Dès lors, comment faire face aux
dépenses engagées, comment faire fonctionner
l’exploitation, nourrir sa famille, rembourser les emprunts… Où
trouver l’argent pour se tourner vers d’autres productions ? Que
répondre à la banque qui menace de saisir les terres,
faute de pouvoir payer les dettes liées au foncier ?
Pour ces
agriculteurs
doublement victimes (en tant que consommateurs et en tant que
professionnels) nous demandons depuis le départ :
1. la
compensation des pertes de revenu liées à la
présence de chlordécone sur leur terrain,
2. l’annulation des
dettes sociales et fiscales contractées à cause de ces
pertes de revenu, ainsi qu’un traitement particulier en cas de dette
liée au foncier,
3. le financement de la
reconversion de l’exploitation (prise en charge de la formation, des
investissements et de l’accompagnement technique nécessaire au
projet de reconversion).
Aujourd’hui,
après plusieurs relances, nous sommes heureux de constater que
d’autres syndicats agricoles ont enfin décidé de prendre
la balle au bond. Cependant, nous déplorons leur tentative de
reprendre en leur seul nom les revendications issues d’un groupe de
travail intersyndical auquel nous participons. Le sujet est trop grave
pour qu’on puisse se permettre de faire de la
récupération politicienne, et il est primordial de rester
unis.
Fin juillet
2006, la visite du Ministre de l’Agriculture a permis – enfin ! –
de mettre à l’ordre du jour la question du soutien de l’Etat aux
agriculteurs victimes de la pollution.
Le groupe intersyndical a rencontré à plusieurs reprises
les services de l’Etat (DAF, Protection des végétaux)
pour proposer un schéma de soutien. Cependant, la profession
agricole s’est heurtée à la « lettre de
cadrage » du ministère, dans laquelle il est
précisé que le soutien ne devra pas excéder 3000 €
par exploitation (hors aide à la reconversion).
L’UPG, ainsi que
l’ensemble de la profession, dénonce ce plafond dérisoire
par rapport au préjudice moral, financier et économique
réellement subi par les agriculteurs concernés.
Ainsi,
l’intersyndicale a adressé une proposition au Ministre demandant
notamment un dédommagement des pertes de revenu sur la base de
la valeur vénale du foncier (6700 €/ha contaminés).
Dans l’attente
d’une réaction, il est impératif de poursuivre la
mobilisation pour obtenir un soutien adéquat, car les 3000 €
envisagés pour l’instant par l’Etat sont inacceptables. Surtout
quand on sait que, face à d’autres crises telles que la grippe
aviaire, des budgets énormes sont débloqués,
proportionnellement à la gravité de l’incident. Nous
n’accepterons pas 2 poids – 2 mesures pour une même situation de
catastrophe écologique et sanitaire.
(encadré) L’UPG
mobilisé sans relâche pour informer le plus grand
nombre :
15 mai :
Conférence organisée par l’UAG à Fouyolles, avec
différents spécialistes, notamment de la santé
30 mai :
Conférence organisée par les Verts à Vieux-Fort
11 juin :
Manifestation « Rimèd razié »
organisée à la Grivelière par l’association Verte
Vallée
30 juin :
Conférence organisée par la Maison de la
Citoyenneté de Petit-Canal sur le chlordécone
les alternatives : agriculture paysanne et agriculture biologique
25 juillet :
Intervention auprès des élèves du CFPPA de
Petit-Canal : chlordécone et agriculture paysanne.
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