
Le
Flûtiste à la flûte de bambou
Tony Polomack
est de ces hommes qui cultivent une
certaine discrétion voire qui s’efface, ce type de personnages
qui ne cherche
pour rien au monde à se mettre au devant de la scène et
pourtant sont bourrés
de talents.
Cette
retenue, cette humilité en fait un
humble, un être qui laisse transparaître douceur et
gentillesse, un homme
comme il faut, sans doute !
Il
détonne d'avec l’image que
nous avons des musiciens, ces individus extravertis ou
introvertis,
mais pénétrés d’eux-mêmes et
prétentieux à souhait. C’est le contraire
qui se profile chez cet homme, dans la plénitude de la
quarantaine, mais
dont les traits sont trentenaires. Seule la barbe blanche trahit.
Tony
Polomak Martiniquais,
Lorrinois de naissance, a appris à jouer de la
flûte en bambou au
lycée. Une flûte qu’un ami de classe lui a offert.
Autodidacte,
il s’est instruit en regardant
et en écoutant les aînés : Dédé
Saint Prix, Eugène Mona et d’autres
artistes moins connus. Mais, ce sont tous ces gens, qui l’ont
formé, nourri son
talent et irrigué sa musique.
A
son adolescence, et comme beaucoup
de nos jeunes, il passait du temps au Foyer d’éducation
populaire (FEP).
Le sien était celui du Morne capot où il jouait de la
musique traditionnelle.
Puis, il a intégré le Grand Ballet Martiniquais en tant
que flûtiste et
chanteur, une expérience qui a duré cinq ans. Mais sur
ces entrefaites, au Grand
Ballet Martiniquais, il a rencontré un clarinettiste qui
lui a cédé une
clarinette, et notre homme s’est empressé d’apprendre et voila...
Il
suit une formation au CERMAC
pendant trois ans, sous la houlette de Luther François,
professeur de clarinette
et originaire de Sainte Lucie.
Et
depuis trois ans(encore ce chiffre) il
est membre de la Tribu des Martyrs et accompagne Kolo Barst.
Sur
la scène ils sont cinq à
jouer et à chanter :
-
Michel Potiron multi
instrumentistes (guitariste, marqueur, tambouyé), il sonne le
Ka, frappe le
tambour bélé et percute le djembé. La
sonorité de sa guitare est très
« jazzy », un peu soul avec une tonalité
métallique.
-
Jean-Denis Cesarine, un musicien
indo-martiniquais au conga, tambour, triangle, ti-bois, cymbales,
cha
cha…
-
Mickaëlle Césaire au choeur

-
Tony Polomack
(auteur, compositeur et interprète) à
la flûte de bambou, la
clarinette, la « bouteille » et le chant. Une
voix forte, une
voix de stentor qui lui permet de chanter du Mona.
Et
enfin Kolo Barst (leader, auteur,
compositeur et interprète) à la mise
élégante et l’attitude décontractée
et dont la voix est si particulière.
Peu
de monde sur la scène. Beaucoup de
percussions, une musique devant mettre en valeur les textes. Une
musique
dépouillée, avec des instruments traditionnels, qui
accompagnent des
paroles pour le moins engagées, relatant notre histoire, nos
combats, ceux d’un
peuple, d’un petit pays.
C’est
aussi une histoire pour la
reconnaissance. Des chansons qui dénoncent l’injustice et tout
ce qui avilit
l’homme.
<>On
pourrait résumer que c’est l’histoire chantée d’un petit
pays, de petites gens mais qui se grandissent dans l’amour,
dans le
respect, dans la la tolérance, pour ne pas dire dans
l’amour de Dieu, car
ces textes ont une certaine portée spirituelle. Et la
flûte de bambou
accommpagne !
Evariste
Zephyrin