La
mort du héros du libéralisme
ou la fin d’un héraut de
l’inhumain !
« La
responsabilité sociale de l’entreprise est
d’accroître son bénéfice »

Il
y a des hommes qui
naissent et meurent sans que
l’on retienne ou si peu les œuvres et la
portée de leur pensée ou de leurs actes, alors qu’en fait, ils conditionnent nos vies et celles des
nations. Milton Friedman (prix Nobel
d’économie) est l’un de ces hommes dont la pensée
façonna le devenir du monde
et le devenir de milliards d’individus sur cette planète.
Milton Friedman né
le 31 juillet 1912 au sein
d’une famille juive ayant
immigré d’Ukraine, est le
quatrième fils de Sarah Ethel Landau
et Jeno Saul Friedman. Il fit d’abord des études de
mathématiques, puis
d’économie à l’université de Rutgers, ensuite
à l’université de Chicago et en
1946 il obtint un doctorat en économie à
l’université de Columbia à New York et de 1937 à
1981, travailla comme
chercheur au National Bureau of Economic
Research (Il fait partie des économistes dits de l’école
de Chicago, où il
a professé de 1946 à 1976).
Certains
économistes estiment que Milton Friedman
consacra toute sa vie à
« contrecarrer les idées de Keynes,
pour qui l’économie de marché est intrinsèquement
instable et requiert une régulation
externe par l’Etat. Friedman
quant à lui, avançait l’idée que ce sont les
interventions de l’Etat qui
déstabilisent l’économie de marché. »
Il était
totalement défavorable à tout
interventionnisme et pense que la crise
de 1929 « est due
à une erreur de politique économique,
et
qu’au lieu de laisser faire, les dirigeants de l’époque sont intervenus en asséchant
l’économie
américaine, ce qui renforça les tendances
déflationnistes en contractant
excessivement la masse monétaire. »
Ensuite, Milton
Friedman posa la théorie du revenu
permanent, selon laquelle la consommation dépend de
l’anticipation que les
ménages font de leurs revenus tout au long de leur vie, ce qui
influe que les
incitations, les stimulations publiques de nature ponctuelle sont
inefficaces
et ne peuvent stabiliser l’activité
économique.
Puis,
« plaida que l’inflation est impuissante à
relancer durablement l’économie, voire est
un accélérateur du processus
inflationniste ». Toutes ces idées
seront mises en œuvre en 1979 lorsque Paul Volcker devient le patron de
la
Réserve Fédérale, il restreignit l’offre
monétaire afin de casser l’inflation
et « créa » ce qui que l’on appellera le
reaganisme et le thatchérisme qui
ne sont que les
applications économiques de la pensée de Milton Friedman.
Par ailleurs, il
est l’instigateur de la politique ultralibérale mis en œuvre par
Pinochet au
Chili. Aujourd’hui, ses idées conditionnent l’économie
mondiale, une économie
de marché ou l’Etat n’intervint plus, laissant au marché la régulation de
l’activité économique. Ce qui a
pour effet d’enrichir un peu plus le
millier de milliardaires que compte la planète et
d’accroître une pauvreté, la
précarité pour le plus grand nombre.
Désormais, force
est aux banquiers et à la monnaie. Milton
Friedman est mort à 94 ans le 16
novembre 2006.