Mesdames,
Messieurs,
Durant la période
esclavagiste les représentants de
l’Etat français en MARTINIQUE
et à SAINTE LUCIE ont
pris
le 4 août 1766
une ordonnance pour imposer aux propriétaires de vaisseaux de
bâtiments
et goélettes de ces deux îles un drapeau.
Ce décret prévoit
que : "Tous
les propriétaires de vaisseaux, bâtiments,
goélettes et bateaux de la
Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments
d’un
pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en
quatre ;
dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura
la figure d’un
serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc
dans
le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la
Martinique et de Sainte-Lucie."
A partir de cette date, ce drapeau a
flotté sur les
navires de ceux qui se livrait à la traite
négrière transatlantique,
devenant ainsi l’un des symboles les plus évidents de
l’esclavagisme
chez nous tout comme la croix gammée est devenue le symbole du
nazisme
en Europe et dans le monde.
Ce drapeau flotte sur toutes les
habitations des
descendants des esclavagistes communément appelés
békés qui constituent
une caste blanche raciste pratiquant l’endogamie et l’apartheid social.
Mais il se trouve également
apposés sur les édifices
publics de la république française tels celui de la
préfecture et de
l’hôtel de police où il est même gravé dans
le mur. Pire, depuis
quelques temps, les gendarmes présents en Martinique portent des
costumes spéciaux sur lequel ce symbole honni a
été apposé.
On imagine mal
la république
française offrir à ces représentants de l’ordre un
costume comportant
une croix gammée symbole du nazisme.
Alors pourquoi
cette exception martiniquaise ?
Au nom de quoi, la république
française nous impose
t-elle de souffrir en permanence la présence sur des
édifices et des
hommes censés faire régner l’ordre un symbole
esclavagiste ?
Pourquoi la république
française estime t-elle
nécessaire de faire ainsi l’apologie de la traite
négrière et de
l’esclavage des Noirs qu’elle a reconnu elle-même comme
étant un crime
contre l’humanité.
Le MODEMAS n’a cessé de
dénoncer ces pratiques
attentatoires aux droits fondamentaux des Martiniquais quotidiennement
insultés, bafoués et néantisés par l’Etat
français.
D’ailleurs c’est quand le MODEMAS a
demandé le retrait
de ce drapeau esclavagiste sur les édifices publics que le
Ministre de
l’intérieur l’a fait apposer sur l'uniforme des gendarmes
présents en
Martinique dans le même esprit qui a présidé la loi
de la honte sur les
effets positifs de la colonisation.
L’élection
présidentielle française est l’occasion pour les petites
filles et
petits fils d’esclaves que nous sommes, d’interpeller tous les
candidats de quel bord qu’il soit sur cette question et de leur
demander au nom des droits de l’homme de s’engager à retirer et
à faire
retirer où qu’ils se trouvent en Martinique ces symboles
esclavagistes
afin de mettre fin à cet infini mépris à
l’encontre de notre peuple.
C. DUHAMEL
Secrétaire
nationale du MODEMAS