|
 |
|
|
Décès
du Peintre Jean-Claude Garoute, dit Tiga


« Tiga est incompatible avec la mort
», selon Mireille Pérodin
Le célèbre artiste peintre
haïtien Tiga, de son vrai nom Jean-Claude
Garoute, est décédé ce 14 décembre 2006
dans un centre hospitalier à
Miami à l’âge de 71 ans, confirme à AlterPresse la
galeriste Mireille
Pérodin Jérôme des Ateliers Jérôme
à Pétion-Ville.
Fils d’Antonine Garoute, Tiga qui n’a jamais
connu son père, était
souffrant depuis quelques mois au point d’être hospitalisé
à Fort
Lauderdale aux Etats-Unis d’Amérique.
« Tiga est parti à huit heures et
vingt-cinq minutes ce matin. Tiga est
incompatible avec la mort », affirme Mireille Pérodin,
éplorée.
Pour la responsable des Ateliers Jérôme, Tiga est encore
vivant à
travers ses créations artistiques et son mouvement Saint-Soleil
qui
s’est taillé une place de première importance parmi les
grandes écoles
de peinture dans le monde.
« Tiga c’est la vie, il a donné vie
à tous ceux qui l’ont accompagné,
aux malades mentaux, aux handicapés, aux groupes les plus
défavorisés
et à tout le peuple haïtien », déclare
Mireille Pérodin Jérôme.
Né à Port-au-Prince le 9
décembre 1935, Jean-Claude Garoute a grandi à
Jérémie (Grand’Anse) jusqu’à l’âge de six
ans, avant de s’installer à
Port-au-Prince où il débuta sa carrière de peintre.
A Soisson-la-Montagne dans les hauteurs de
Kenscoff (est de
Port-au-Prince), il a entrepris avec d’autres peintres, en 1970, la
construction d’un atelier sur le terrain qu’ils avaient acheté
à
Soisson la Montagne. Tiga a cultivé des relations
étroites avec les
ouvriers et les paysans du coin.
Le groupe initial de peintres, formé de Exil Leroy, Louisiane
Saint-Fleurant, Denis Smith et Prospère Pierre-Louis, a pris le
nom de
Saint-Soleil et s’est adonné à une peinture qui s’est
démarquée de
celle dite naïve, pour constituer une forme d’art sacré
très libre.
Ces artistes du mouvement Saint-Soleil «
peignent comme il leur plaît
ce qu’ils ne représentent pas », a souligné
André Malraux lors de sa
visite en Haiti en 1975, un an après la première
exposition
Saint-Soleil au musée d’Art haïtien en 1974.
En 2001, un court métrage retraçant
la vie et l’œuvre de Tiga a été
réalisé par le cinéaste haïtien Arnold
Antonin. Ce film documentaire
s’intitule « Tiga-Haïti : Rêve, possession,
création, folie ».
Récemment, ce grand maître de la
peinture haïtienne a été décoré au
grade de Commandeur par le président René Préval,
selon les
explications de l’Architecte Daniel Élie, Ministre de la culture
et de
la communication, qui estime que « c’était une grande
satisfaction pour
Tiga ».
Le thème « Solèy Leve »
retenu pour le Carnaval 2007, en Haïti,
s’inspire de l’un des tableaux de Prospère Pierre-Louis (peintre
du
mouvement Saint-Soleil) représentant une femme qui enveloppe le
soleil
avec ses bras.
|
|