James
Brown : Le Prophète de la soul et
père de la funk s’en est allé sur la
pointe des pieds...

James
Brown,
géant de la Musique, Roi de la Soul et père
de la Funk est mort dans un monde
« sous-culturé », voire inculte et
sans morale. Ce géant est parti sur la pointe des pieds,
il n'a fait aucun
bruit. Il a vendu des millions de disques, il a
révolutionné la musique par sa
liberté d'interprétation, sa façon de danser et de
chanter. La voix de James
Brown était à elle seule un instrument de musique. Je me
souviens de cet homme
bien coiffé, cet homme de soixante ans qui gesticulait sur la
scène du Zénith
voilà dix ans environ, il a avait plus de 60 ans et dansait
comme un jeune
homme de 20 ans. C'était la « magie James
Brown ».
James Brown c'est aussi cet homme brisé par la condition des
noirs aux
Etats-Unis d'Amérique et en Afrique Noire, c'est aussi cet homme
sensible qui
avait éclaté en sanglots lors de la visite du haut lieu
de la Traite des Noirs
qu'est l'Ile de Gorée. Cette île où les tristes
négriers de l'horreur
chargeaient hommes, femmes et enfants, après un tri honteux
(femmes vierges et
femmes non vierges par exemple...) comme de la marchandise, la
dernière image
qui reste c'est cette fameuse porte qui s'ouvre sur le vaste
océan mais qui ne
se refermer jamais « porte du voyage sans
retour »..
Combien de guerriers mandingues ou de Kunta Kinte ont passé
cette porte de
l'enfer pour arriver en terre d'inhumanité ? Si pour une
minorité un Siècle des
lumières a traversé une zone de l'Europe, pour la
majorité des Peuples tenus
par la barbarie esclavagiste ou coloniale européenne et
américaine, aucune
lumière n'est apparue pour éclairer leur condition
humaine...
James Brown est parti sans bruit, et la Presse s'est bien retenue de
faire du
bruit... Pourquoi ? Ni Une ni hommage à la télévision,
pourtant James Brown ce n'est pas « Titi
Poulet de la Star Ac » ? La Presse a
préféré faire ses gros titres sur des
faits divers chers au Ministre de l'Intérieur. La Presse a
préféré parler de la
mort d'un Gerald Ford nième Président des USA dont tout
le monde se fiche, que
les nouvelles générations ne connaissent pas et que les
plus anciennes ont
passé à la trappe depuis fort longtemps.
De "Sexe Machine" qui reste une valeur sûre à "It's a
Man's,
Man's, Man's world" autre valeur sûre, James Brown pouvait
briser
les tabous dans une Amérique très puritaine, (si tout le
monde a fait des
vagues du déhanchement de Presley, celui de James Brown
était encore plus
dérangeant pour les vendeurs de Bible de néons qui sont
de retour sur les
télévisions américaines
depuis l'arrivée
du Président intégriste Bush), mais James Brown pouvait
aussi toucher les
coeurs et poser un jugement de valeur sur un monde où des hommes
asservissent
d'autres hommes « un monde d'hommes » disait
James Brown traduisant
son sentiment pessimiste quant à la possible évolution
positive de l'Homme en
matière de respect de ses semblables.
James Brown est mort dans la nuit de Noël, pas étonnant
pour ce Saint de la
Musique, si Saint que même le Gouvernement américain
inculte (à la bonne heure)
vient de lancer une journée de deuil national pour ce
Prophète qui est arrivé
de façon fracassante sur la Scène de la Musique mondiale
et qui est reparti
sans faire de bruit, fort de l'amour de ses fans, d'un travail de
musicien plus
qu'accompli.
James Brown était un Génie de la Musique, le
Prophète de la Soul comme Bob
Marley était le Prophète du Reggae.
Je suis vraiment choquée de n'avoir pas vu le visage de James
Brown dans les
rues de Paris le 26 Décembre 2006. Je me dis que finalement,
tout s'en va et il
est logique que les meilleurs partent alors sans un Hommage plus que
mérité...
Peut-être que l'enfant adopté de Madonna ou le dernier
tatouage d'Angélina
Jolie est plus intéressant que la mort d'un Monstre sacré
? Peut-être que finalement
James Brown n'était pas assez connu pour certains ? Je n'ose
penser que c'était
du racisme ou encore de l'inculture à l'heure où certains
nous réduisent la
culture africaine à « la bite des noirs »
ou encore à « la
polygamie est la raison des émeutes en banlieue »...
En tout cas James Brown n'était ni noir ni blanc, il
était un arc-en-ciel et
tant pis pour ceux qui n'ont pas compris la magie James Brown et la
qualité du
personnage qui vient de fermer les yeux, après une
carrière de chanteur Soul et
Funk plus que remplie.
Ciao James Brown, et merci pour la musique et le show au Zénith
que je
n'oublierai jamais.
Salutations.
Nadia de Montrouge