Affaire du
chlordécone aux
Antilles

photo de Coco B.
Evaluation
des risques sur le chlordécone et protection du consommateur
Depuis
2002, les scientifiques et experts de l’Afssa travaillent sur le
chlordécone,
pesticide interdit d’utilisation depuis 1993, mais dont la
rémanence dans
l’environnement et la contamination de certains aliments en
résultant ont
nécessité une évaluation des risques pour la
santé publique. L’Agence dispose
ainsi de connaissances sur les habitudes alimentaires et
d’approvisionnement
des Antillais et sur les niveaux de contamination des aliments et a
déjà
produit des avis scientifiques (liste de produits sur lesquels une
attention
particulière doit être portée et fixation d’une
limite maximale provisoire de
résidus)1. Premier élément : les nouvelles
données accumulées en 2007 font
l’objet d’un avis en ligne sur le site et montrent que les niveaux
d’exposition
chronique ressortent plus faibles qu’estimés en 2005 et que la
liste des
produits sur lesquels portent les recommandations doit être revue
pour y
inclure le choux caraïbe et les poissons, alors que tomate, melon
et chair de
poulet n’apparaissent plus comme étant forts contributeurs.
Deuxième
élément : les données permettent de confirmer
que la limite maximale de
résidus fixée à 50 microgrammes pour les produits
listés, limite au dessus de
laquelle ces produits ne doivent pas être commercialisés,
protège le
consommateur. En ce qui concerne les nourrissons et les jeunes enfants
des
études plus spécifiques sont en cours dont les
résultats seront disponibles en
2008. Troisième élément : l’Afssa rappelle
que les populations qui
consomment principalement les produits issus des circuits courts en
zone
contaminée (jardins familiaux et pêche de loisirs ou de
subsistance) doivent
être informées et impérativement respecter les
recommandations de limitation de
consommation ci-dessous mentionnées ainsi que les interdictions
de pêche. Les
principales denrées vecteurs de chlordécone : Les
différents scénarios
d’exposition permettent de repérer les aliments qui, en raison
de leur forte
consommation et/ou de leur forte contamination, apportent le plus de
chlordécone. Ces aliments sont appelés
« aliments vecteurs » ou
« principaux contributeurs » à
l’exposition. Les aliments ont ainsi
été identifiés au regard du risque
chronique : la dachine (ou madère), la
patate douce, l’igname, la carotte, le chou caraïbe (malanga), les
produits de
la mer, la banane tinain et fruit, les fruits type corossol et le
concombre.
Parmi ceux-ci, les légumes racines et les produits de la mer
sont considérés en
raison de leur forte contamination alors que le concombre, les bananes
tinain
et fruit ainsi que les fruits type corossol sont pris en compte en
raison de
leur forte consommation dans un ou plusieurs groupes d’âge. Les
recommandations
de consommation : Pour les produits commercialisés, les
études permettent
de confirmer que le respect d’un seuil maximal de contamination
à 50 μg / kg
réduit suffisamment l’exposition chronique au chlordécone
pour protèger le
consommateur. Pour les produits de la pêche et légumes
racines non commercialisés
(jardins familiaux, dons, pêche de loisir, de subsistance…),
l’Afssa formule
deux préconisations :
- respecter
les arrêtés
d’interdiction de la pêche actuellement en vigueur en Martinique
et en
Guadeloupe, et en cas de doute sur l’origine des produits, limiter la
consommation à un jour sur deux ;
- limiter
à deux fois par
semaine la consommation de légumes racines (dachines
(madères), patates douces
ou ignames) provenant des jardins en zone contaminée.