La longue agonie des
archives suédoises de
Saint-Barthélemy (version II)

Centre
des Archives
d’Outre-Mer (Aix-en-Provence, 2007)
De l’annexe du
traité portant rétrocession
de l’île de Saint-Barthélemy par la Suède à
la France, signé à Paris le 31
octobre 1877, le Comité de Liaison Economique de
Saint-Barthélemy (C.L.E)
n’aura jusqu’ici retenu que la première partie de son Article
3 :
« La France succède aux droits et obligations
résultant de tous actes
régulièrement faits par la couronne de Suède ou en
son nom pour des objets
d'intérêt public ou domanial concernant
spécialement la colonie de
Saint-Barthélemy et ses dépendances. »; et
pour cause : c’est
bien là que se trouve la justification du statut
d’exonération fiscale dont
doit jouir « l’île par excellence ».
C’est
pourtant sur la deuxième partie de ce célébrissime
Article 3 que se
penche aujourd’hui le Comité de Liaison et d’Application des
Sources
Historiques (C.L.A.S.H) : « En conséquence,
les papiers et
documents de toute nature relatifs auxdits actes qui peuvent se trouver
entre
les mains de l'administration suédoise, aussi bien que les
archives de la
colonie, seront remis au gouvernement français. »
auquel il
conviendrait de rajouter l’ Article 4 de ce même
protocole réglementant
la rétrocession de l’île de Saint-Barthélemy
à la France : « La reprise
de possession de l'île de Saint-Barthélemy et de ses
dépendances au nom de la
France et la remise des titres et archives prévue par l'article
précédent
seront effectuées le plus tôt possible après
l'échange des ratifications du
Traité de rétrocession... »
Ainsi
donc, le 16 mars 1878, les archives de l’administration suédoise
de
Saint-Barthélemy (1784/5-1878)
furent-elles remises à la
France en même temps que l’île et laissées sur
place. Nul ne pourrait donc nier
l’importance de ces précieux documents, connus de la
postérité sous
l’appellation « Fonds suédois de
Saint-Barthélemy », mais dont
l’histoire fascinante et chaotique qui va être rapportée
ici, pourrait à terme
voir près de la moitié de ce fonds d’archives retourner
poussière sans nous
laisser plus de traces.
Dans
le
Journal officiel de la Guadeloupe en date du 11 septembre 1913, une
ordonnance
datée du 2 septembre fut publiée concernant les archives
suédoises de
Saint-Barthélemy : le gouverneur français, Emile
Merwart, ayant visité
l’île, avait constaté qu’aucun inventaire n’en avait
été dressé. Il fut donc
ordonné que cela soit fait et que les documents soient
conservés sous clef en
mairie de Gustavia. Une commission désignée par le
gouverneur de la Guadeloupe
fut chargée du travail, toutefois il n’est pas sûr que ces
instructions
donnèrent lieu à un quelconque inventoriage : aucune
trace écrite n’aurait
par la suite été retrouvée; ce fonds d’archives
contenant des documents dans
trois langues, anglais, français et suédois, est
particulièrement dense et
complexe.

Mairie
de Saint-Barthélemy (Gustavia, 1967)
Début 1932, le chef de
l’autorité judiciaire de la
Guadeloupe visita Saint-Barthélemy. Il fut très surpris
d’apprendre que ce
qu’il décrivait lui-même comme « les
très importantes archives de
l’ancienne administration suédoise » se
trouvaient encore à Gustavia.
Dès son retour à Basse-Terre il écrivit une
lettre, datée du 11 février, à
l’attention du juge de paix de Saint-Martin et Saint-Barthélemy,
lui enjoignant
de se mettre en rapport avec le maire de Saint-Barthélemy, le
docteur Tara,
pour que les archives suédoises soient transférées
en Guadeloupe; c’est ainsi
que le 18 mars 1932, 8 caisses pour un total de 962 kg et
2 159 pieds cube furent embarquées à
bord du
vapeur Antilles. L’archiviste suédois Björn Lindh
évoquera en 1974 la
présence dans le volume n° 325 d’un registre provisoire
datant de 1932,
celui-ci pourrait donc avoir été établi à
l’occasion de ce premier transfert.
Difficile de
savoir avec exactitude ce qu’il advint alors des documents qui auraient
tout
d’abord été entreposés dans une ancienne
école; en 1936 lorsque le Guyanais
Félix Eboué fut nommé gouverneur de la Guadeloupe,
son ami Léon Bassières eut
la charge des archives et une brochure concernant le fonds
suédois fut
éditée un an plus tard. Les Archives de la Guadeloupe se
voyant attribués les
locaux d’une ancienne caserne militaire après la seconde guerre
mondiale, c’est
là, dans un des bâtiments en arrière de la
préfecture de Basse-Terre que fut
finalement stocké, on ne sait quand exactement, le fonds
suédois de
Saint-Barthélemy. Malheureusement, en 1955, un court-circuit mit
le feu au
bâtiment qui hébergeait ce qui s’appelait désormais
officiellement « les
Archives départementales de la Guadeloupe »
depuis l’arrêté
préfectoral du 23 août 1951 en application du
décret de 1947 étendant aux
départements français d’outre-mer la législation
métropolitaine en matière
d’archives. Les archives de la Guadeloupe furent (encore une fois)
touchées; le
fonds suédois échappa aux flammes, mais malheureusement
pas à l’eau que
projetèrent les pompiers afin de circonscrire l ‘incendie,
ni paraît-il
aux cabris qui se seraient délectés de quelques contrats
de mariage ou autres ordonnances
royales du 18ème siècle lorsque les documents
furent éparpillés
autour de la caserne pour sécher à l’air libre. Les
archives furent alors de
nouveaux emballées, attachées et rangées, mais on
conçoit assez aisément que
l’ordre initial ait (une nouvelle fois ?) été
modifié; les feuillets
auront également subi au préalable une petite
pulvérisation de
dichlorodiphényltrichloroéthane pour les préserver
des insectes, DDT qui finira
par se durcir dans le temps et abîmer plus encore le papier
fragile. Il convient
d’évoquer de même le taux d’humidité ambiante
très élevé dans cette région du
monde et qui n’aura probablement pas eu une action des plus
bénéfiques dans des
locaux dépourvus de toute aération.
Le
Fonds suédois de Saint-Barthélemy a donc lui aussi les
mêmes
ennemis que l'homme : le feu, l'humide, les bêtes, le temps
et…son propre
contenu.
Lorsque le journaliste
américain, d’origine suédoise, Rolf Lamborn embarque de
Miami en février 1961,
avec son épouse Florence, pour le Surinam, l’objet de leur
étude est, pour
quelques mois : les « Bush Negroes », descendants
d’esclaves qui ont
maronné vers les forêts intérieures fin 17ème
début 18ème
siècle. Profitant de
l’opportunité qui leur était offerte par les compagnies
aériennes d’alors, ils
ont programmé pas moins de 16 escales sur leur itinéraire
à travers les îles
antillaises. Leur voyage va pourtant s’arrêter dès leurs
premières étapes, et
pour longtemps, faute à une petite île oubliée de
la Mer des Caraïbes. De
Saint-Martin, M. Rémi de Haenen les déposa à
Saint-Barthélemy où leur principal
intérêt était de retrouver les traces de
l’époque suédoise. Comme aux officiers
des navires de guerre suédois de passage qui avaient
précédemment posé la
question sur demande expresse de leur autorité il leur fût
répondu en mairie
qu’il ne restait rien ici et que les documents avaient
été transférés en
Guadeloupe mais qu’ ils avaient été détruits par
un incendie soit qu’ils
étaient de toute façon perdus. Lors de leur passage en
Guadeloupe ils
décidèrent quand même de mener leur petite
enquête sur ces archives disparues;
L’archiviste Maurice Nicholas, tout fraîchement
débarqué de Martinique avec
pour mission de remettre un peu d’ordre dans le chaos dans lequel se
trouvaient
les archives de Guadeloupe depuis plusieurs années, les conduira
vers une
grande salle sombre de la caserne d’Orléans où
naguère les soldats retrouvaient
leurs lits de camp et voilà donc
comment, en 1961, les archives suédoises de
Saint-Barthélemy allaient ressortir
de l’ombre où elles étaient plus ou moins plongées
depuis 1878, une épopée
dont le premier volet est retracé
dans
un article intitulé « The archives of Saint
Bartholomew rediscovered »
publié en janvier 1964 dans la revue The Swedish Pioneer
signé Rolf K. Lamborn
et largement repris ici.

Le
bâtiment administratif dans lequel se trouvaient
les
Archives départementales de la Guadeloupe à
Basse-Terre en 1967
Les quelques 200 000 feuillets (?)
découverts dans
les 265 liasses qui représentaient environ 23 mètres de
linéaires d’étagères
n’étaient en réalité qu’une
partie du fonds suédois de Saint-Barthélemy, car l’autre
partie se trouvait
encore…à Saint-Barthélemy ! C’est le Père Le
Gallo, à Vieux-Fort, qui mit
les Lamborn sur cette voie : il avait officié 4 ans durant
à Saint-Barth
(il est notamment l’auteur d’un recensement par famille fait pour la
paroisse
de Lorient, de case en case, vers 1953) et il savait qu’un certain
nombre de
documents suédois se trouvaient non pas à la mairie mais
dans le palais de
justice, « one of the only two Swedish government
buildings still
preserved » comme l’a écrit Rolf Lamborn en
1963...Et ce sont
effectivement quelques 75 000 feuillets supplémentaires (?) qui
seront
retrouvés là en février 1962, sous
poussières et excréments de ravets, puis
aussitôt expédiés en Guadeloupe avec d’autres
documents datant d’avant la
période suédoise. La raison de cet
« oubli » est fort simple :
ces documents étaient sous la juridiction du juge et donc en
dehors du contrôle
de la municipalité; le juge, qui siégeait à
Marigot (Saint-Martin), ne venait
qu’exceptionnellement à Saint-Barthélemy et n’aurait
jamais vraiment porté
attention à ce qui se trouvait dans son Palais de Justice...


Kungsgatan
devenue Rue du Roi Oscar II (Gustavia,
rétrocession
1878 puis 1998)
La Maison du Major
de la Place (avec en arrière sa « negroe
room » pour les esclaves) devenue Bureau
du Gouverneur devenu
Palais de Justice devenu École devenue Caserne des pompiers
devenue Paierie
Territoriale...deviendrait Hôtel des impôts…
Pendant de longues semaines les archives
suédoises
ainsi réunies feront l’objet d’un premier classement :
elles constitueront
désormais, et de façon définitive, 327 liasses
(dont 114 pour les
Procès-verbaux de Justice); chaque volume contiendrait entre 500
et 1000 feuillets.
M. Lamborn avoue qu’un important travail reste à faire avant
qu’elles puissent
faire l’objet d’un microfilmage. Les Archives Nationales de
Suède, par la voix
de leur directeur, le Dr Ingvar Andersson, exprimeront le souhait que
celui-ci
soit accompli et une subvention de 10 000 couronnes suédoises
fut par ailleurs
versée dans ce but par la fondation « Gustav VI
Adolf 80’s birthday »,
aux noms de Rolf Lamborn et des Riksarkivet, le 27 mars 1963. Rolf
Lamborn
conclut qu’il espère que cette subvention sera
complétée afin qu’il puisse
assurer lui-même le microfilmage qui, selon lui, devrait prendre
8 mois et pour
lequel il s’estime le mieux placé étant donnée sa
bonne connaissance du fonds
suédois de Saint-barthélemy. En vérité, le
retour de M. Lamborn aux Archives
départementales de la Guadeloupe n’était pas vraiment
souhaité et d’ailleurs il
n’eut jamais lieu : leur directeur jusqu’en 1994, M. Jean-Paul
Hervieu, se
souvient qu’à sa prise de fonction en 1964 son personnel n’avait
pas une grande
estime du couple suédois; M. Brändström porte
même des accusations encore plus
directes : des documents de grande valeur portant le sceau royal
suédois
auraient tout bonnement disparu et certains auraient même fait
leur
réapparition sur le marché noir ! Brève de
querelles de clocher, toujours
est-il qu’en 1967 aucun microfilmage du fonds suédois n’aura
encore été
entrepris bien que dans l’édition n° 8 de la revue Arkiv,
Samhälle och
Forskning datée de 1965, M. Andersson soit l’auteur d’un
article de 7 pages
intitulé «Arkivalier från S:t
Barthélemys svenka tid» [Les archives de
la période suédoise de Saint-Barthélemy] dans
lequel il exprime tout son espoir de voir un jour se présenter
l’opportunité,
en accord avec les Archives de France,
de sa mise en œuvre. M et Mme Lamborn, quant
à eux, continueront de
collecter copies des archives concernant Saint-Barthélemy
à travers le monde et
feront dépôt aux Archives Nationales de Suède d’une
impressionnante collection
de 126 volumes en 1985.

Florence
&
Rolf Lamborn (1977)
Quant à citer cet article du Dr
Ingvar Andersson,
basé sur ses échanges avec Rolf Lamborn et inspiré
probablement aussi de sa
publication de 1964 « The archives of Saint Bartholomew
rediscovered »,
tous deux mentionnent un dénommé Charles H. Robequain qui
a visité l’île de
Saint-Barthélemy en Juillet-Août 1947 avant de publier
« Saint
Barthélemy, terre française » en 1949;
faisant ainsi remarquer que le
géographe français avait recherché en vain le
fonds suédois en Guadeloupe,
comme pour donner plus de résonance encore à la
redécouverte des dites
archives. Il se trouve cette petite note en bas de page 859 du chapitre
consacré à Saint-Barthélemy dans le tome 2 de
l’ouvrage « La Guadeloupe
» par M. Guy Lasserre : « Aux Archives
départementales de
Basse-terre, existent de nombreuses liasses suédoises. Nous
devons à M. Fortuné
d’avoir pu les consulter en 1948, sans d’ailleurs pouvoir en tirer
profit, par
ignorance de la langue suédoise. Nous avons émis un vœu
auprès du Service des
Archives pour que ces documents soient transférés aux
Archives nationales où
des historiens familiarisés avec le suédois pourraient
les dépouiller »;
cette thèse a été publiée à Bordeaux
en 1961, l’année même où le couple Rolf et
Florence Lamborn a donc "redécouvert" les archives de
Saint-Barthélemy :
pour les Suédois s’entend.
La question du microfilmage en est donc
à ses
premiers balbutiements et c’est ainsi qu’en 1967 un jeune chercheur
universitaire suédois, sus-cité Dan Brändström,
eut l’idée d’étudier et
microfilmer ces précieux documents : il débarqua
donc bille en tête et
fleur au fusil à Basse-Terre avec tout son équipement,
mettant tout son petit
monde devant le fait accompli. Il s’ensuivit donc un échange de
lettres entre
le directeur général des Archives Nationales de
Suède, M. Kromnow, le directeur
général des Archives de France, M. Chamson, et le
directeur des Archives
départementales de la Guadeloupe, M. Hervieu, où M.
Kromnow demanda
l’autorisation pour ce microfilmage et c’est en octobre que le travail
put
commencer. Dan Brändström microfilmera entre 36 000 et 45 000
feuillets,
recevant l’aide d’un jeune Saint-Barth alors âgé de 17
ans, Yves Gréaux; les
volumes 136-138 (Procès-verbaux de Justice - Tables des
matières),
285-286 (Esclavage), 287 (Etat-civil) et 292-293 (Population)
furent microfilmés en priorité.


Dan
Brändström…at
work (Basse-Terre, 1967)
À 26 ans, Dan
Brändström venait en réalité de
remporter un concours dans la région du Västerbotten, dans
le nord de la Suède,
qui lui octroyait la possibilité de mettre en œuvre le projet
présenté d’étude
et de microfilmage du fonds suédois de Saint-Barthélemy,
sur trois semaines. Ce
sont les documents concernant l'esclavage qui motivaient avant tout son
intérêt
mais se retrouver devant la complexité d’un linéaire de
33 mètres de liasses
insuffisamment classées se révéla vite être une tâche
insurmontable. De retour au pays, ayant laissé sur place
en Guadeloupe,
avec l’aval de la société auprès de laquelle il
avait pu le louer à moindre
frais, le matériel
de microfilmage, il fit paraître un nouvel
article intitulé « Det svenska arkivet i
Västindien » [Les archives suédoises dans les
Antilles] dans le journal Västerbottens-Kuriren fin décembre 1967 où il
était en particulier
question du système scolaire à Saint-Barthélemy
à l’époque suédoise. Il
y lancera également un appel pour que soit accordé
dès
le printemps de l’année suivante, à un boursier
spécialisé en histoire,
l’opportunité de se rendre en Guadeloupe pour mener à
terme le classement des
documents, en particulier ceux de langue suédoise;
préalable sine qua non à
toute étude et au microfilmage.

Dan
Brändström en compagnie de Mme Mireille Choisy
(Gustavia, 1967)
Le
directeur des Archives départementales de la Guadeloupe, M.
Jean-Paul Hervieu,
continuera de son côté pendant un temps le microfilmage, 9
bobines de
microfilms seront au final réalisées et remises aux
Archives Nationales de
Suède ("DB
1-9" dans
l’inventaire des Riksarkivet). Bien que celles-ci aient finalement
débloqué la
subvention de la Fondation Royale, sur demande expresse de M. Rolf
Lamborn, le
microfilmage n’ira pas plus loin et M. Brändström dut
rapatrier en Suède, et à
ses frais, les 200 kilos de matériel au printemps 1968. Dan A.
Brändström,
directeur du Riksbankens jubileumsfond (The Bank of Sweden Tercentenary
Foundation) jusqu’en fin d’année dernière où il a
pris sa retraite, va alors,
en temps que président de l’association suédoise S:t
Barthélemy Sällskapet
(la Société de Saint-Barthélemy), œuvrer
pour une collecte de fonds
devant être versés aux Archives Nationales de Suède
afin de mener à terme son
projet initial de microfilmage en collaboration avec les Archives de
France. M.
Yves Gréaux a lui aussi fait du chemin puisqu’il a
été élu le 15 juillet
dernier vice-président du conseil exécutif de la nouvelle
Collectivité
d’outre-mer de Saint-Barthélemy, particulièrement
chargé de la gestion des
questions relatives aux archives de la collectivité...
Dans un article
intitulé « Les Archives de
la Guadeloupe » paru en mai 1969 dans le bulletin de
la Société
d’histoire de la Guadeloupe (N°s 9-10 – Année 1968)
Jean-Paul Hervieu
écrit au sujet du Fonds suédois de
Saint-Barthélemy : "Un classement définitif et un
microfilmage
systématique sont à l’étude, à la suite
d’une demande adressée par la direction
des Archives royales de Suède à la direction des Archives
de France".
C’est
probablement dans ce cadre qu’en
décembre 1967 les Archives départementales de la
Guadeloupe avaient reçu la
visite de M. Gandilhon, conservateur en chef des Archives de France,
chargé de
mission d’inspection, et qui concluait : « …il semble
inopportun de laisser
microfilmer en son état actuel le fonds de
Saint-Barthélemy, mais utile pour la
France d’en assurer classement et inventoriage, par envoi aux Archives
nationales.
», confirmant ainsi l’avis de M. Hervieu qui avait eu la
démonstration de
l’inconvénient d’étudier et de microfilmer des documents
mal classés et sans
inventaire.
Le
vœu émis par M. Guy Lasserre allait donc se réaliser. M.
Jean-Paul Hervieu fit embarquer le fonds suédois de
Saint-Barthélemy, dans 11
grandes caisses de bois, à bord du croiseur
porte-hélicoptères Jeanne d’Arc
vers Brest en 1971. Il était tout d’abord question de le
déposer au Centre
Culturel Suédois à Paris, seule représentation
à l’étranger de l’Institut
Suédois de Stockholm, mais suite au changement de directeur des
Archives de
France, M. Duboscq ayant remplacé M. Chamson, le fonds fut
finalement transféré
au Dépôt des archives d’outre-mer à Aix-en-Provence
après quelques mois d’errance
en Bretagne. Ce furent en fait les premières archives en
provenance des
Amériques à être entreposées à
Aix-en-Provence car le Dépôt des archives
d’outre-mer, qui deviendra plus tard le Centre des archives
d’outre-mer,
ne contenait alors que des pièces des colonies françaises
en Afrique; les
autres archives d’outre-mer étant habituellement
déposées à la Section
Outre-mer des Archives nationales (ANSOM), rue Oudinot à
Paris. L’année
suivante, en 1972, la Direction des Archives de France demanda à
son homologue
suédois de nommer un archiviste de langue suédoise afin
d’effectuer classement
et inventaire. C’est M. Björn Lindh, malheureusement
décédé en août 2006, alors
conservateur aux Archives de Lund, qui sera désigné; il
remet la traduction
française de son répertoire numérique en 1973.
Le microfilmage débute la
même année, aux
frais du Dépôt des Archives d’outre-mer (information du
Service Archives
nationales d'outre-mer de la Direction des Archives de France), et des
copies
sont livrées à titre onéreux aux Archives
Nationales de Suède. Il semble
impossible aujourd’hui de savoir avec précision ce qu’il est
finalement advenu
de la subvention des 10 000 couronnes suédoises, cependant le
sentiment général
aux Riksarkivet est qu’elle aurait été versée en
France à la société chargée du
microfilmage, probablement le Dépôt des Archives
d’outre-mer lui-même, aucune
société extérieure n’étant intervenue, le
microfilmage ayant été réalisé en
interne parfois avec l’aide du Centre national du microfilm
hébergé à Espeyran
dans un bâtiment construit pendant la guerre froide aux normes
anti-atomiques.
Ce qui est
sûr en revanche c’est que le fonds suédois de
Saint-Barthélemy ne sera pas
microfilmé dans son intégralité pas plus
d’ailleurs qu’il ne sera ré-expédié en
Guadeloupe en dépit de la promesse qui avait été
formulée par le précédent
directeur des Archives de France, M. Chamson, au directeur des Archives
départementales de Guadeloupe, M. Jean-Paul Hervieu : 148
liasses sur
les 327 n’ont pas été microfilmées ! Et sont
aujourd’hui interdites à la
consultation !! Que s’est-il donc passé ? Nul ne
sait !
En
juin 1973 paraît dans le petit journal local de notre ami
américain Henry
Porter « Les Amis de Saint-Barthélemy »
ce petit encart :
"La société suédoise
microfilme des archives"; il y est question de gros sous :
le
microfilmage de la totalité du fonds est estimé de 30
à 40 000 couronnes
suédoises (7 500 - 10 000 US$ de l’époque…1973), la S:t
Barthélemy
Sällskapet disposant d’ores et déjà d’environ
4000 US$ espère trouver des
donateurs privés désirant souscrire à ce projet
qui devrait demander 6 mois de
travail étant donné l’état de nombreux documents
endommagés par l’eau. Le
rapport d’activité de l’association édité pour
l’année 1974 n’en dit pas plus
sur le sujet sinon que le directeur du Dépôt des archives
d’outre-mer, M.
Boyer, ainsi que le directeur des Archives Nationales de Suède,
M. Kromnow, ont
tous deux été alerté du fait qu’une cinquantaine
de documents ayant disparu de
la collection se retrouvaient à présent en circulation,
entre autre à
Stockholm, à un prix de 500 à 1000 couronnes /
pièce (affaire sus-citée). En
juin 1975, toujours dans « Les
Amis de Saint-Barthélemy », les lecteurs furent
informés que les
membres de l’association résidents dans
l’hémisphère ouest avaient reçu une
lettre de la part de leur vice-présidente, Mme Birgitta
Abrahamsson, leur
signalant que le microfilmage de tous les documents du fonds
suédois suivait
son cours, que cela coûtait cher – près de 5000 $ US – que
la Société de
Saint-Barthélemy avait collecté parmi ses membres ou
amis dont 400 $ US
venant de l’île, et que les copies des microfilms dont le
programme devrait
s’achever en cette année 1975 seront conservées aux
Archives Nationales de
Suède où il y aurait là matière à
une dizaine de dissertations doctorales
concernant l’histoire de Saint-barthélemy. Dans
l’impossibilité d’obtenir à
l’heure actuelle de réponses plus précises de la part des
différents services
d’archives ainsi que de la S:t Barthélemy Sällskapet
doit-on supposer
que la collecte ait en réalité été
utilisée pour le rachat des copies des
microfilms et non pour le microfilmage lui-même ?
Selon le Service Archives nationales
d'outre-mer de
la Direction des Archives de France « le microfilmage se sera
effectué dans
des conditions difficiles et au détriment d’autres tâches
tout aussi urgentes. L’archiviste
[Björn Lindh] a noté :
"Impossibilité de
restaurer certaines liasses. En effet leur papier semble avoir subi une
évolution chimique telle qu’il combat l’action de
l’acétone"
.» Le Tome III (Marine
et Outre-mer)
de l’État Général des Fonds édité en
1980 par les Archives
Nationales précise en outre que « l'état
de dégradation du papier et
des encres, conséquence du climat tropical, déconseillant
le retour à la
Guadeloupe de ces documents fragiles, les Archives Nationales les ont
accueillis dans leur dépôt
d’Aix-en-Provence ». Le Centre des Archives d’outre-mer
(CAOM, devenu
ANOM [Archives nationales d’Outre-mer] depuis le 1er
janvier
2007) qui conserve donc « provisoirement »
ces archives de
l’île de Saint-Barthélemy, comme stipulé noir sur
blanc dans l’inventaire des
microfilms à destination du public, fût inauguré
à Aix-en-Provence en 1966; une
implantation qui s’inscrivait dans une dynamique de recherches tandis
que se
construisait en parallèle un pôle universitaire avec un
important secteur
Sciences Humaines. Ce n’est que vers la fin des années 80 qu’y
furent
transférées les archives des Amériques en
provenance de la Section Outre-mer
rue Oudinot.

Centre
des Archives d’Outre-Mer (Aix-en-Provence, 2007)
Toujours selon M. Jacques Dion du
Service Archives
nationales d'outre-mer « Il semble aujourd’hui que les
Archives de
France ont su préserver un fonds dont l’état initial
était et reste préoccupant
mais en tous cas stabilisé. » Il n’en reste pas moins
qu’elles se montrent
aujourd’hui aussi plutôt discrètes sur certains passages
de l’historique du
fonds suédois et notamment sur les raisons pour lesquelles le
microfilmage sera
resté inachevé. Voilà comment les Archives de
France décrivent désormais les
originaux des 327 liasses qui constituent le fonds d’archives :
« extrêmement
fragiles : papier cassant et noirci, encre acide. Actuellement, le
maniement
des liasses est quasi impossible. Seul un important travail de
restauration
(long et coûteux) permettrait de reprendre le microfilmage. »
Dans
l’édition n° 16 de la revue Arkiv, Samhälle och
Forskning [Archive,
Société et Recherche] parue en 1974, l’archiviste
suédois Björn Lindh qui a
effectué le classement et l’inventaire du fonds à
Aix-en-Provence a écrit dans
un article de 5 pages intitulé «Det svenka S:t Barthélemy-arkivet» [Les archives suédoises
de Saint-Barthélemy] : « Ceci
dit, on peut dire d'une manière générale au sujet
de ces archives que seuls quelques
documents isolés ont besoin d'une restauration avant
d'être microfilmés. »
La liste des 148 séries non
microfilmées à
Aix-en-Provence est la suivante :
- Manifestes (M) 1-58
- Comptes (CP) 73-124
- Législation (L) 134-135
- Procès-verbaux de justice – Tables des matières (PJT) 136-139
- Affaires maritimes (AM) 265-275bis
- Naturalisations (N) 276-280
- Etat civil (E) 287-291
- Population (PO) 292-293
- Religion (R) 294-295
- Divers (D) 296-300bis
- Documents non indexés 325
On remarquera néanmoins que 6 volumes ont
d’ores et déjà
été microfilmés par Dan
Brändström en 1967, portant finalement à 142 le
nombre de liasses non sauvegardées. Mais ce qui met
également en lumière
d’autres dysfonctionnements entre les différents services
d’archives; prenons
ainsi le cas des 2 volumes de la série PO par exemple : le
Dr Jean
Benoist, alors directeur du Laboratoire d'écologie humaine et
professeur à
l'Université de droit et d'économie à
Aix-en-Provence mais aussi professeur au
département d'anthropologie à l'université de
Montréal, a fait photocopier un
certain nombre de ces listes nominatives aux Archives d'Outre-mer.
En 1982, alors
que commençait le
dépouillement, l'informatisation, et la vérification de
ces recensements, la
professeure canadienne Francine Mayer, lors d'une visite à
Aix-en-Provence, a
pu voir ces listes alors recouvertes d'une pellicule transparente afin
les
protéger; ce sont les fonds canadiens de recherche du Dr Benoist
qui avaient
contribué financièrement à cette protection des
documents. Mme Mayer se
souvient avoir pu voir d'autres listes nominatives qui provenaient,
selon elle,
de la boîte PO 293. Elle voulu en obtenir photocopie en 1987 lors
d'un colloque
à Aix : on lui a alors déclaré ne pas les
trouver. Une agente de recherche
de passage à Paris en 1988 pour un séminaire sera
envoyée en vain vérifier aux
Archives d'Outre mer si ces listes étaient réapparues.
Pour mener à bien leurs
recherches les équipes canadiennes pourront finalement acheter
les bobines aux
archives suédoises puisque ces volumes avaient été
microfilmés par Dan
Brändström. En 1998, les linguistes français
Louis-Jean Calvet et Robert
Chaudenson exprimeront à leur tour leurs regrets dans «Saint-Barthélemy :
une énigme linguistique» de ne plus pouvoir avoir
accès à ces volumes
292-293 désormais interdits à la consultation au centre
d’archives
d’Aix-en-Provence. Il serait peut-être temps pour le CAOM de
prendre
connaissance de l’existence de ces bobines numérotées DB
1-9 aux Archives de
Suède, microfilms de volumes dont il assure pourtant la
conservation des
originaux tout en en interdisant la consultation; cela aurait en outre
évité de
microfilmer les volumes 285-286 (Esclavage) une deuxième
fois…
Dans son
article, Björn Lindh classe les volumes 281 à 284 sous le
code DT pour
« Défense du Territoire », il a
été depuis apporté « modifications
à la page 9 de l’Inventaire provisoire » et les volumes 283 et 284 constituent
dorénavant la
série AGE pour « Administration
Générale et Économie », doit-on en
conclure que l’inventoriage n’est pas encore tout à fait
terminé ?
De même l’inventaire des Archives Nationales de
Suède ne compte que
124 microfilms du fonds suédois en provenance d’Aix-en-Provence
alors qu’il en
existe 150 !
Dans une
présentation datant de 2003 et téléchargeable en
ligne depuis 2005 sur le site
internet de la bibliothèque universitaire d’Umeå le
professeur suédois Rolf
Sjöström écrit : « De grandes
parties du fonds sont
malheureusement en piteux état. Un des volumes d'archives ne fut
accessible que
grâce à la complaisance particulière de la
direction des archives, tandis qu'un
autre volume clé se révéla inexploitable, car le
document était en train de se
désagréger en petits morceaux. Il conviendrait
d'entreprendre rapidement
quelque chose pour les restaurer et les mettre sur microfilm. Ce n'est
pas
l'intérêt qui manque, mais il est difficile de trouver
quelqu'un qui veuille
bien payer.» M. Sjöström s’ intéressait au
cas de Saint-Barthélemy dans le
cadre d’un projet mené entre 1993 et 1999 et baptisé
« Utbildning och
kolonialism: Svenska undervisningsprojekt i Torne Lappmark och Nya
världen på
1700- och 1800 talen » [Education et colonialisme :
projets
scolaires suédois en Laponie et dans le nouveau monde au
18ème et 19ème
siècles]. Il convient de relativiser ces propos car au contraire
de Lamborn,
Brändström ou Lindh, il n’a pas eu accès à
l’intégralité du Fonds et ne peut
donc se référer qu'aux informations que lui en a
communiqué le Centre des
Archives d'outre-mer d'Aix-en-Provence. Si certaines pièces sont
probablement
aujourd’hui effectivement difficilement récupérables (par
exemple dans les
séries Etat civil (E)) il n’en reste pas moins que d’autres
pourraient pourtant
bien être sauvegardées et un certain nombre sans
restauration préalable d’autant
plus que les techniques ont certainement du évoluer depuis 30
ans. Ainsi la
série Procès-verbaux de finances (PF), 14 volumes :
59-72, décrite dans
l’article de M. Andersson en 1965 comme « delvis
vattenskadade »
[partiellement endommagée par l’eau] n’apparaît pas dans
la liste des séries
non microfilmées et l’a donc été malgré
tout.
Voilà
qui laisse quelque peu songeur mais il paraîtrait
aussi qu’ils sont fort peu nombreux ceux qui
s’intéressent au cas
« Saint-Barthélemy ». Il serait tout de
même
fort souhaitable de pouvoir disposer d’un inventaire
détaillé et aussi précis
que possible mentionnant en outre l’état exact des documents non
sauvegardés.
La balle est à présent dans le camp de la
Collectivité de Saint-Barthélemy.


Projet
de salle d’archives de Saint-Barthélemy (Plans
Monsaingeon - Bulletin Municipal, Sept.1980)


La
salle d’archives finalement transformée en salle de
stockage pour le musée dans le projet final de 1995 (Gustavia,
2007)
Ces
séries présentent un intérêt incontestable. Le Comité de Liaison et
d’Application des Sources Historiques
souhaiterai par exemple aujourd’hui avoir accès aux 59 volumes
« Manifestes » dans le cadre de ses recherches
sur la traite négrière
à Saint-Barthélemy : la série M renferme en
effet des informations
concernant les navires et leur cargaison dans le port de Gustavia
à partir de
1805; Malgré l’appui du directeur du « Wilberforce
Institute for the
study of Slavery and Emancipation » de
l’université de Hull au
Royaume-Uni, le CAOM a dissuadé le haut responsable du C.L.A.S.H
d'une démarche
inopportune et vouée à l’échec tout en
précisant quelque peu vaguement
qu’ « un examen par des spécialistes de la
restauration pourrait
peut-être avoir lieu compte-tenu de l’amélioration
des techniques depuis
l’époque du microfilmage. »
Mais l’histoire du fonds suédois
de
Saint-Barthélemy n’avait pas encore livré tous ses
secrets, ainsi au détour du
tout nouveau « Guide des sources de la traite
négrières, de l’esclavage
et de leurs abolitions »
publié en cette année 2007 par la
Direction des Archives de France elle
renaît publiquement une nouvelle fois; non que le fonds y soit
intégralement
cité en référence page 272 sans que soit
indiqué que 142 volumes sur 327 ne
sont plus consultables mais que pages 269 et 270 : 11 registres
contenant "plusieurs actes relatifs à des
armements de navires
dont certains sont faits pour la traite ainsi que de nombreuses autres
notations relatives à l’esclavage" avaient été
expédiés à Washington en 1886. Ces
registres avaient donc été tirés directement
à Saint-Barthélemy peu après la
rétrocession de l’île à la Suède. Ce
transfert faisait suite aux dédommagements
des marins des bâtiments (neutres) américains
réclamés par le gouvernement des
Etats-Unis en 1831 suite aux attaques des corsaires armés par
Victor Hugues
trente cinq ans plus tôt durant la quasi-guerre;
l’affaire traînant
en longueur, le greffier en chef du tribunal de Basse-Terre, M.
Léon Belmont,
avait ainsi expédié directement à Washington, et
ce pour une durée théorique de
deux ans, des documents originaux dont ces 11 registres, "pour faire bonne mesure" comme écrit dans le Guide mais
plus sûrement en
raison du rôle joué par Saint-Barthélemy pendant la
période révolutionnaire aux
Antilles et des relations entretenues par Victor Hugues avec le
gouverneur
suédois Bagge. Ces documents oubliés, redécouverts
à l’ambassade de France à
Washington, avaient été transférés vers
Paris aux Archives Nationales en 1958
suite aux démarches de Mme Ulane Bonnel, puis retournés
à Bisdary (Gourbeyre),
nouveau siège des Archives départementales de la
Guadeloupe, en 1988 à la
demande de leur directeur, M. Jean-Paul Hervieu.
Pour reprendre la description extrait du
Tome III (Marine et Outre-mer) de l’État Général
des Fonds édité en 1980 par
les Archives Nationales, « Le fonds de
Saint-Barthélemy est intéressant non
seulement pour l'histoire de cette petite île, mais aussi pour
celle des
Antilles et celle de l'administration coloniale suédoise.
» et pour
conclure, la définition du Conseil international des
Archives : « les
archives constituent la mémoire des nations et des
sociétés; elles fondent leur
identité et sont un élément clé de la
société de l’information. En témoignant
des activités menées et des décisions prises,
elles assurent à la fois la
continuité des organismes et la justification de leurs droits,
ainsi que de
ceux des individus et des États. Parce qu'elles garantissent
l'accès des
citoyens à l'information administrative et le droit des peuples
à connaître
leur histoire, les archives sont essentielles à l'exercice de la
démocratie, à
la responsabilisation des pouvoirs publics et à la bonne
gouvernance. »
Est-ce donc
ainsi que l’île de Saint-Barthélemy entend laisser
défendre ce patrimoine, sa
propre histoire ? Pour mieux envisager son avenir ? La
collectivité
d’outre-mer de Saint Barthélemy s’est officiellement
substituée à la commune de
Saint-Barthélemy, au département et
à
la région de la Guadeloupe le 15 juillet 2007; en
application du code du
patrimoine et du code général des collectivités
territoriales, il lui incombe
donc désormais d’assurer la conservation de ses archives mais
aussi leur mise
en valeur, dans un bâtiment ouvert au public. La chose avait
déjà été évoquée,
en 1980 par exemple où le Bulletin Municipal du mois de
septembre dans un texte
commençant par « L’idée avait
été lancé à maintes reprises, mais jamais
aucun projet sérieux n’avait vu le jour » se
poursuivait plus
loin « L’ancienne citerne [du Wall House
finalement inauguré
musée et bibliothèque en mai 1995] sera
transformée en salle d’archives.
Elle sera climatisée de manière à assurer une
conservation parfaite des
documents. Toutes les archives concernant notre île et qui sont
actuellement
conservées en Guadeloupe regagneront ce musée »;
le texte rajoutant
encore cette pensée visionnaire : « Nul
n’ignore en effet que
dans les années à venir le combat le plus violent auquel
seront confrontés les
peuples est celui de la culture »…cette salle d’archives
n’a jamais
encore vu le jour.

Le
Musée/Bibliothèque de
Saint-Barthélemy
reçoit son baptême de l’air et de l’eau
(Hurricane Luis, Gustavia/Sept.1995)
L’île devrait donc rapatrier ses
dépôts des
Archives Départementales de la Guadeloupe, conformément
à la loi cette fois, mais
que réserve t-on au juste au précieux fonds
suédois de Saint-Barthélemy ?
l’amiRAL
du C.L.A.S.H…sur l’île de Nantes. Septembre 2007.
avec
la collaboration de M. Rolf Sjöström, M. Dan
Brändström, M. Göran Larsson, M.
Örjan Romefors, Mme Ingrid Eriksson Karth, Mme
Hélène Servant, M. Jacques Dion,
Mme Evelyne Camara, M. Jean-Paul Hervieu, M. David Richardson, Mme
Francine
Mayer, et M. Jean Benoist.
Traductions
textes suédois : forum
Franco-Suède , K. Jonsson.
Photos :
Ny Illustrerad Tidning, Västerbottens-Kuriren, Gefle Dagblad, Sten
Forsberg,
Anders Sandström, F&K. Lédée, RAL.