pyepimanla





accueil
Accueil actualites
Actualités forum
Forum annonces
Annonces archives
Archives

La longue agonie des archives suédoises de Saint-Barthélemy (version II)

 

 

archives

Centre des Archives d’Outre-Mer (Aix-en-Provence, 2007)

 De l’annexe du traité portant rétrocession de l’île de Saint-Barthélemy par la Suède à la France, signé à Paris le 31 octobre 1877, le Comité de Liaison Economique de Saint-Barthélemy (C.L.E) n’aura jusqu’ici retenu que la première partie de son Article 3 : « La France succède aux droits et obligations résultant de tous actes régulièrement faits par la couronne de Suède ou en son nom pour des objets d'intérêt public ou domanial concernant spécialement la colonie de Saint-Barthélemy et ses dépendances. »; et pour cause : c’est bien là que se trouve la justification du statut d’exonération fiscale dont doit jouir « l’île par excellence ». 

C’est pourtant sur la deuxième partie de ce célébrissime Article 3 que se penche aujourd’hui le Comité de Liaison et d’Application des Sources Historiques (C.L.A.S.H) : « En conséquence, les papiers et documents de toute nature relatifs auxdits actes qui peuvent se trouver entre les mains de l'administration suédoise, aussi bien que les archives de la colonie, seront remis au gouvernement français. » auquel il conviendrait de rajouter l’ Article 4 de ce même protocole réglementant la rétrocession de l’île de Saint-Barthélemy à la France : « La reprise de possession de l'île de Saint-Barthélemy et de ses dépendances au nom de la France et la remise des titres et archives prévue par l'article précédent seront effectuées le plus tôt possible après l'échange des ratifications du Traité de rétrocession... »

Ainsi donc, le 16 mars 1878, les archives de l’administration suédoise de Saint-Barthélemy (1784/5-1878) furent-elles remises à la France en même temps que l’île et laissées sur place. Nul ne pourrait donc nier l’importance de ces précieux documents, connus de la postérité sous l’appellation « Fonds suédois de Saint-Barthélemy », mais dont l’histoire fascinante et chaotique qui va être rapportée ici, pourrait à terme voir près de la moitié de ce fonds d’archives retourner poussière sans nous laisser plus de traces.

Dans le Journal officiel de la Guadeloupe en date du 11 septembre 1913, une ordonnance datée du 2 septembre fut publiée concernant les archives suédoises de Saint-Barthélemy : le gouverneur français, Emile Merwart, ayant visité l’île, avait constaté qu’aucun inventaire n’en avait été dressé. Il fut donc ordonné que cela soit fait et que les documents soient conservés sous clef en mairie de Gustavia. Une commission désignée par le gouverneur de la Guadeloupe fut chargée du travail, toutefois il n’est pas sûr que ces instructions donnèrent lieu à un quelconque inventoriage : aucune trace écrite n’aurait par la suite été retrouvée; ce fonds d’archives contenant des documents dans trois langues, anglais, français et suédois, est particulièrement dense et complexe.

mairie saint barthelermy gustavia

Mairie de Saint-Barthélemy (Gustavia, 1967)

Début 1932, le chef de l’autorité judiciaire de la Guadeloupe visita Saint-Barthélemy. Il fut très surpris d’apprendre que ce qu’il décrivait lui-même comme « les très importantes archives de l’ancienne administration suédoise » se trouvaient encore à Gustavia. Dès son retour à Basse-Terre il écrivit une lettre, datée du 11 février, à l’attention du juge de paix de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, lui enjoignant de se mettre en rapport avec le maire de Saint-Barthélemy, le docteur Tara, pour que les archives suédoises soient transférées en Guadeloupe; c’est ainsi que le 18 mars 1932, 8 caisses pour un total de 962 kg et  2 159 pieds cube furent embarquées à bord du vapeur Antilles. L’archiviste suédois Björn Lindh évoquera en 1974 la présence dans le volume n° 325 d’un registre provisoire datant de 1932, celui-ci pourrait donc avoir été établi à l’occasion de ce premier transfert.

Difficile de savoir avec exactitude ce qu’il advint alors des documents qui auraient tout d’abord été entreposés dans une ancienne école; en 1936 lorsque le Guyanais Félix Eboué fut nommé gouverneur de la Guadeloupe, son ami Léon Bassières eut la charge des archives et une brochure concernant le fonds suédois fut éditée un an plus tard. Les Archives de la Guadeloupe se voyant attribués les locaux d’une ancienne caserne militaire après la seconde guerre mondiale, c’est là, dans un des bâtiments en arrière de la préfecture de Basse-Terre que fut finalement stocké, on ne sait quand exactement, le fonds suédois de Saint-Barthélemy. Malheureusement, en 1955, un court-circuit mit le feu au bâtiment qui hébergeait ce qui s’appelait désormais officiellement « les Archives départementales de la Guadeloupe » depuis l’arrêté préfectoral du 23 août 1951 en application du décret de 1947 étendant aux départements français d’outre-mer la législation métropolitaine en matière d’archives. Les archives de la Guadeloupe furent (encore une fois) touchées; le fonds suédois échappa aux flammes, mais malheureusement pas à l’eau que projetèrent les pompiers afin de circonscrire l ‘incendie, ni paraît-il aux cabris qui se seraient délectés de quelques contrats de mariage ou autres ordonnances royales du 18ème siècle lorsque les documents furent éparpillés autour de la caserne pour sécher à l’air libre. Les archives furent alors de nouveaux emballées, attachées et rangées, mais on conçoit assez aisément que l’ordre initial ait (une nouvelle fois ?) été modifié; les feuillets auront également subi au préalable une petite pulvérisation de dichlorodiphényltrichloroéthane pour les préserver des insectes, DDT qui finira par se durcir dans le temps et abîmer plus encore le papier fragile. Il convient d’évoquer de même le taux d’humidité ambiante très élevé dans cette région du monde et qui n’aura probablement pas eu une action des plus bénéfiques dans des locaux dépourvus de toute aération.

Le Fonds suédois de Saint-Barthélemy a donc lui aussi les mêmes ennemis que l'homme : le feu, l'humide, les bêtes, le temps et…son propre contenu.

Lorsque le journaliste américain, d’origine suédoise, Rolf Lamborn embarque de Miami en février 1961, avec son épouse Florence, pour le Surinam, l’objet de leur étude est, pour quelques mois : les « Bush Negroes », descendants d’esclaves qui ont maronné vers les forêts intérieures fin 17ème  début 18ème siècle. Profitant de l’opportunité qui leur était offerte par les compagnies aériennes d’alors, ils ont programmé pas moins de 16 escales sur leur itinéraire à travers les îles antillaises. Leur voyage va pourtant s’arrêter dès leurs premières étapes, et pour longtemps, faute à une petite île oubliée de la Mer des Caraïbes. De Saint-Martin, M. Rémi de Haenen les déposa à Saint-Barthélemy où leur principal intérêt était de retrouver les traces de l’époque suédoise. Comme aux officiers des navires de guerre suédois de passage qui avaient précédemment posé la question sur demande expresse de leur autorité il leur fût répondu en mairie qu’il ne restait rien ici et que les documents avaient été transférés en Guadeloupe mais qu’ ils avaient été détruits par un incendie soit qu’ils étaient de toute façon perdus. Lors de leur passage en Guadeloupe ils décidèrent quand même de mener leur petite enquête sur ces archives disparues; L’archiviste Maurice Nicholas, tout fraîchement débarqué de Martinique avec pour mission de remettre un peu d’ordre dans le chaos dans lequel se trouvaient les archives de Guadeloupe depuis plusieurs années, les conduira vers une grande salle sombre de la caserne d’Orléans où naguère les soldats retrouvaient leurs lits de camp et  voilà donc comment, en 1961, les archives suédoises de Saint-Barthélemy allaient ressortir de l’ombre où elles étaient plus ou moins plongées depuis 1878, une épopée dont  le premier volet est retracé dans un article intitulé « The archives of Saint Bartholomew rediscovered » publié en janvier 1964 dans la revue The Swedish Pioneer signé Rolf K. Lamborn et largement repris ici.


archives basse terre

Le bâtiment administratif dans lequel se trouvaient

les Archives départementales de la Guadeloupe à Basse-Terre en 1967

Les quelques 200 000 feuillets (?) découverts dans les 265 liasses qui représentaient environ 23 mètres de linéaires  d’étagères n’étaient en réalité qu’une partie du fonds suédois de Saint-Barthélemy, car l’autre partie se trouvait encore…à Saint-Barthélemy ! C’est le Père Le Gallo, à Vieux-Fort, qui mit les Lamborn sur cette voie : il avait officié 4 ans durant à Saint-Barth (il est notamment l’auteur d’un recensement par famille fait pour la paroisse de Lorient, de case en case, vers 1953) et il savait qu’un certain nombre de documents suédois se trouvaient non pas à la mairie mais dans le palais de justice, « one of the only two Swedish government buildings still preserved » comme l’a écrit Rolf Lamborn en 1963...Et ce sont effectivement quelques 75 000 feuillets supplémentaires (?) qui seront retrouvés là en février 1962, sous poussières et excréments de ravets, puis aussitôt expédiés en Guadeloupe avec d’autres documents datant d’avant la période suédoise. La raison de cet « oubli » est fort simple : ces documents étaient sous la juridiction du juge et donc en dehors du contrôle de la municipalité; le juge, qui siégeait à Marigot (Saint-Martin), ne venait qu’exceptionnellement à Saint-Barthélemy et n’aurait jamais vraiment porté attention à ce qui se trouvait dans son Palais de Justice...

maison du majoe de la place

caserne des pompiers

Kungsgatan devenue  Rue du Roi Oscar II (Gustavia, rétrocession 1878 puis 1998)

La  Maison du Major de la Place (avec en arrière sa « negroe  room » pour les esclaves) devenue Bureau du Gouverneur devenu Palais de Justice devenu École devenue Caserne des pompiers devenue Paierie Territoriale...deviendrait Hôtel des impôts…

Pendant de longues semaines les archives suédoises ainsi réunies feront l’objet d’un premier classement : elles constitueront désormais, et de façon définitive, 327 liasses (dont 114 pour les Procès-verbaux de Justice); chaque volume contiendrait entre 500 et 1000 feuillets. M. Lamborn avoue qu’un important travail reste à faire avant qu’elles puissent faire l’objet d’un microfilmage. Les Archives Nationales de Suède, par la voix de leur directeur, le Dr Ingvar Andersson, exprimeront le souhait que celui-ci soit accompli et une subvention de 10 000 couronnes suédoises fut par ailleurs versée dans ce but par la fondation « Gustav VI Adolf 80’s birthday », aux noms de Rolf Lamborn et des Riksarkivet, le 27 mars 1963. Rolf Lamborn conclut qu’il espère que cette subvention sera complétée afin qu’il puisse assurer lui-même le microfilmage qui, selon lui, devrait prendre 8 mois et pour lequel il s’estime le mieux placé étant donnée sa bonne connaissance du fonds suédois de Saint-barthélemy. En vérité, le retour de M. Lamborn aux Archives départementales de la Guadeloupe n’était pas vraiment souhaité et d’ailleurs il n’eut jamais lieu : leur directeur jusqu’en 1994, M. Jean-Paul Hervieu, se souvient qu’à sa prise de fonction en 1964 son personnel n’avait pas une grande estime du couple suédois; M. Brändström porte même des accusations encore plus directes : des documents de grande valeur portant le sceau royal suédois auraient tout bonnement disparu et certains auraient même fait leur réapparition sur le marché noir ! Brève de querelles de clocher, toujours est-il qu’en 1967 aucun microfilmage du fonds suédois n’aura encore été entrepris bien que dans l’édition n° 8 de la revue Arkiv, Samhälle och Forskning datée de 1965, M. Andersson soit l’auteur d’un article de 7 pages intitulé «Arkivalier från S:t Barthélemys svenka tid» [Les archives de la période suédoise de Saint-Barthélemy] dans lequel il exprime tout son espoir de voir un jour se présenter l’opportunité, en accord avec les Archives de France,  de sa mise en œuvre. M et Mme Lamborn, quant à eux, continueront de collecter copies des archives concernant Saint-Barthélemy à travers le monde et feront dépôt aux Archives Nationales de Suède d’une impressionnante collection de 126 volumes en 1985.

   
Florence & Rolf Lamborn (1977)

Florence & Rolf Lamborn (1977)

Quant à citer cet article du Dr Ingvar Andersson, basé sur ses échanges avec Rolf Lamborn et inspiré probablement aussi de sa publication de 1964 « The archives of Saint Bartholomew rediscovered », tous deux mentionnent un dénommé Charles H. Robequain qui a visité l’île de Saint-Barthélemy en Juillet-Août 1947 avant de publier « Saint Barthélemy, terre française » en 1949; faisant ainsi remarquer que le géographe français avait recherché en vain le fonds suédois en Guadeloupe, comme pour donner plus de résonance encore à la redécouverte des dites archives. Il se trouve cette petite note en bas de page 859 du chapitre consacré à Saint-Barthélemy dans le tome 2 de l’ouvrage « La Guadeloupe » par M. Guy Lasserre : « Aux Archives départementales de Basse-terre, existent de nombreuses liasses suédoises. Nous devons à M. Fortuné d’avoir pu les consulter en 1948, sans d’ailleurs pouvoir en tirer profit, par ignorance de la langue suédoise. Nous avons émis un vœu auprès du Service des Archives pour que ces documents soient transférés aux Archives nationales où des historiens familiarisés avec le suédois pourraient les dépouiller »; cette thèse a été publiée à Bordeaux en 1961, l’année même où le couple Rolf et Florence Lamborn a donc "redécouvert" les archives de Saint-Barthélemy : pour les Suédois s’entend.

La question du microfilmage en est donc à ses premiers balbutiements et c’est ainsi qu’en 1967 un jeune chercheur universitaire suédois, sus-cité Dan Brändström, eut l’idée d’étudier et microfilmer ces précieux documents : il débarqua donc bille en tête et fleur au fusil à Basse-Terre avec tout son équipement, mettant tout son petit monde devant le fait accompli. Il s’ensuivit donc un échange de lettres entre le directeur général des Archives Nationales de Suède, M. Kromnow, le directeur général des Archives de France, M. Chamson, et le directeur des Archives départementales de la Guadeloupe, M. Hervieu, où M. Kromnow demanda l’autorisation pour ce microfilmage et c’est en octobre que le travail put commencer. Dan Brändström microfilmera entre 36 000 et 45 000 feuillets, recevant l’aide d’un jeune Saint-Barth alors âgé de 17 ans, Yves Gréaux; les volumes 136-138 (Procès-verbaux de Justice - Tables des matières), 285-286 (Esclavage), 287 (Etat-civil) et 292-293 (Population) furent microfilmés en priorité.

Dan Brändström…at work (Basse-Terre, 1967)Dan Brändström…at work (Basse-Terre, 1967)

Dan Brändström…at work (Basse-Terre, 1967)

À 26 ans, Dan Brändström venait en réalité de remporter un concours dans la région du Västerbotten, dans le nord de la Suède, qui lui octroyait la possibilité de mettre en œuvre le projet présenté d’étude et de microfilmage du fonds suédois de Saint-Barthélemy, sur trois semaines. Ce sont les documents concernant l'esclavage qui motivaient avant tout son intérêt mais se retrouver devant la complexité d’un linéaire de 33 mètres de liasses insuffisamment classées se révéla vite être une tâche insurmontable. De retour au pays, ayant laissé sur place en Guadeloupe, avec l’aval de la société auprès de laquelle il avait pu le louer à moindre frais,  le matériel  de microfilmage, il fit paraître un nouvel article intitulé « Det svenska arkivet i Västindien » [Les archives suédoises dans les Antilles] dans le journal Västerbottens-Kuriren fin décembre 1967 où il était en particulier question du système scolaire à Saint-Barthélemy à l’époque suédoise. Il y lancera également un appel pour que soit accordé dès le printemps de l’année suivante, à un boursier spécialisé en histoire, l’opportunité de se rendre en Guadeloupe pour mener à terme le classement des documents, en particulier ceux de langue suédoise; préalable sine qua non à toute étude et au microfilmage.

Dan Brändström en compagnie de Mme Mireille Choisy (Gustavia, 1967)

Dan Brändström en compagnie de Mme Mireille Choisy (Gustavia, 1967)

Le directeur des Archives départementales de la Guadeloupe, M. Jean-Paul Hervieu, continuera de son côté pendant un temps le microfilmage, 9 bobines de microfilms seront au final réalisées et remises aux Archives Nationales de Suède ("DB 1-9" dans l’inventaire des Riksarkivet). Bien que celles-ci aient finalement débloqué la subvention de la Fondation Royale, sur demande expresse de M. Rolf Lamborn, le microfilmage n’ira pas plus loin et M. Brändström dut rapatrier en Suède, et à ses frais, les 200 kilos de matériel au printemps 1968. Dan A. Brändström, directeur du Riksbankens jubileumsfond (The Bank of Sweden Tercentenary Foundation) jusqu’en fin d’année dernière où il a pris sa retraite, va alors, en temps que président de l’association suédoise S:t Barthélemy Sällskapet (la Société de Saint-Barthélemy), œuvrer pour une collecte de fonds devant être versés aux Archives Nationales de Suède afin de mener à terme son projet initial de microfilmage en collaboration avec les Archives de France. M. Yves Gréaux a lui aussi fait du chemin puisqu’il a été élu le 15 juillet dernier vice-président du conseil exécutif de la nouvelle Collectivité d’outre-mer de Saint-Barthélemy, particulièrement chargé de la gestion des questions relatives aux archives de la collectivité... 

Dans un article intitulé « Les Archives de la Guadeloupe » paru en mai 1969 dans le bulletin de la Société d’histoire de la Guadeloupe (N°s 9-10 – Année 1968) Jean-Paul Hervieu écrit au sujet du Fonds suédois de Saint-Barthélemy : "Un classement définitif et un microfilmage systématique sont à l’étude, à la suite d’une demande adressée par la direction des Archives royales de Suède à la direction des Archives de France". C’est probablement dans ce cadre qu’en décembre 1967 les Archives départementales de la Guadeloupe avaient reçu la visite de M. Gandilhon, conservateur en chef des Archives de France, chargé de mission d’inspection, et qui concluait : « …il semble inopportun de laisser microfilmer en son état actuel le fonds de Saint-Barthélemy, mais utile pour la France d’en assurer classement et inventoriage, par envoi aux Archives nationales. », confirmant ainsi l’avis de M. Hervieu qui avait eu la démonstration de l’inconvénient d’étudier et de microfilmer des documents mal classés et sans inventaire.

Le vœu émis par M. Guy Lasserre allait donc se réaliser. M. Jean-Paul Hervieu fit embarquer le fonds suédois de Saint-Barthélemy, dans 11 grandes caisses de bois, à bord du croiseur porte-hélicoptères Jeanne d’Arc vers Brest en 1971. Il était tout d’abord question de le déposer au Centre Culturel Suédois à Paris, seule représentation à l’étranger de l’Institut Suédois de Stockholm, mais suite au changement de directeur des Archives de France, M. Duboscq ayant remplacé M. Chamson, le fonds fut finalement transféré au Dépôt des archives d’outre-mer à Aix-en-Provence après quelques mois d’errance en Bretagne. Ce furent en fait les premières archives en provenance des Amériques à être entreposées à Aix-en-Provence car le Dépôt des archives d’outre-mer, qui deviendra plus tard le Centre des archives d’outre-mer, ne contenait alors que des pièces des colonies françaises en Afrique; les autres archives d’outre-mer étant habituellement déposées à la Section Outre-mer des Archives nationales (ANSOM), rue Oudinot à Paris. L’année suivante, en 1972, la Direction des Archives de France demanda à son homologue suédois de nommer un archiviste de langue suédoise afin d’effectuer classement et inventaire. C’est M. Björn Lindh, malheureusement décédé en août 2006, alors conservateur aux Archives de Lund, qui sera désigné; il remet la traduction française de son répertoire numérique en 1973.

Le microfilmage débute la même année, aux frais du Dépôt des Archives d’outre-mer (information du Service Archives nationales d'outre-mer de la Direction des Archives de France), et des copies sont livrées à titre onéreux aux Archives Nationales de Suède. Il semble impossible aujourd’hui de savoir avec précision ce qu’il est finalement advenu de la subvention des 10 000 couronnes suédoises, cependant le sentiment général aux Riksarkivet est qu’elle aurait été versée en France à la société chargée du microfilmage, probablement le Dépôt des Archives d’outre-mer lui-même, aucune société extérieure n’étant intervenue, le microfilmage ayant été réalisé en interne parfois avec l’aide du Centre national du microfilm hébergé à Espeyran dans un bâtiment construit pendant la guerre froide aux normes anti-atomiques.

Ce qui est sûr en revanche c’est que le fonds suédois de Saint-Barthélemy ne sera pas microfilmé dans son intégralité pas plus d’ailleurs qu’il ne sera ré-expédié en Guadeloupe en dépit de la promesse qui avait été formulée par le précédent directeur des Archives de France, M. Chamson, au directeur des Archives départementales de Guadeloupe, M. Jean-Paul Hervieu : 148 liasses sur les 327 n’ont pas été microfilmées ! Et sont aujourd’hui interdites à la consultation !! Que s’est-il donc passé ? Nul ne sait !  

En juin 1973 paraît dans le petit journal local de notre ami américain Henry Porter « Les Amis de Saint-Barthélemy » ce petit encart : "La société suédoise microfilme des archives"; il y est question de gros sous : le microfilmage de la totalité du fonds est estimé de 30 à 40 000 couronnes suédoises (7 500 - 10 000 US$ de l’époque…1973), la S:t Barthélemy Sällskapet disposant d’ores et déjà d’environ 4000 US$ espère trouver des donateurs privés désirant souscrire à ce projet qui devrait demander 6 mois de travail étant donné l’état de nombreux documents endommagés par l’eau. Le rapport d’activité de l’association édité pour l’année 1974 n’en dit pas plus sur le sujet sinon que le directeur du Dépôt des archives d’outre-mer, M. Boyer, ainsi que le directeur des Archives Nationales de Suède, M. Kromnow, ont tous deux été alerté du fait qu’une cinquantaine de documents ayant disparu de la collection se retrouvaient à présent en circulation, entre autre à Stockholm, à un prix de 500 à 1000 couronnes / pièce (affaire sus-citée).  En juin 1975, toujours dans « Les Amis de Saint-Barthélemy », les lecteurs furent informés que les membres de l’association résidents dans l’hémisphère ouest avaient reçu une lettre de la part de leur vice-présidente, Mme Birgitta Abrahamsson, leur signalant que le microfilmage de tous les documents du fonds suédois suivait son cours, que cela coûtait cher – près de 5000 $ US – que la Société de Saint-Barthélemy avait collecté parmi ses membres ou amis dont 400 $ US venant de l’île, et que les copies des microfilms dont le programme devrait s’achever en cette année 1975 seront conservées aux Archives Nationales de Suède où il y aurait là matière à une dizaine de dissertations doctorales concernant l’histoire de Saint-barthélemy. Dans l’impossibilité d’obtenir à l’heure actuelle de réponses plus précises de la part des différents services d’archives ainsi que de la S:t Barthélemy Sällskapet doit-on supposer que la collecte ait en réalité été utilisée pour le rachat des copies des microfilms et non pour le microfilmage lui-même ?

Selon le Service Archives nationales d'outre-mer de la Direction des Archives de France « le microfilmage se sera effectué dans des conditions difficiles et au détriment d’autres tâches tout aussi urgentes.  L’archiviste [Björn Lindh] a noté : "Impossibilité de restaurer certaines liasses. En effet leur papier semble avoir subi une évolution chimique telle qu’il combat l’action de l’acétone" .» Le Tome III (Marine et Outre-mer) de l’État Général des Fonds édité en 1980 par les Archives Nationales précise en outre que « l'état de dégradation du papier et des encres, conséquence du climat tropical, déconseillant le retour à la Guadeloupe de ces documents fragiles, les Archives Nationales les ont accueillis  dans leur dépôt d’Aix-en-Provence ». Le Centre des Archives d’outre-mer (CAOM, devenu ANOM [Archives nationales d’Outre-mer] depuis le 1er janvier 2007) qui conserve donc « provisoirement » ces archives de l’île de Saint-Barthélemy, comme stipulé noir sur blanc dans l’inventaire des microfilms à destination du public, fût inauguré à Aix-en-Provence en 1966; une implantation qui s’inscrivait dans une dynamique de recherches tandis que se construisait en parallèle un pôle universitaire avec un important secteur Sciences Humaines. Ce n’est que vers la fin des années 80 qu’y furent transférées les archives des Amériques en provenance de la Section Outre-mer rue Oudinot.

Centre des Archives d’Outre-Mer (Aix-en-Provence, 2007)

Centre des Archives d’Outre-Mer (Aix-en-Provence, 2007)

Toujours selon M. Jacques Dion du Service Archives nationales d'outre-mer «  Il semble aujourd’hui que les Archives de France ont su préserver un fonds dont l’état initial était et reste préoccupant mais en tous cas stabilisé. » Il n’en reste pas moins qu’elles se montrent aujourd’hui aussi plutôt discrètes sur certains passages de l’historique du fonds suédois et notamment sur les raisons pour lesquelles le microfilmage sera resté inachevé. Voilà comment les Archives de France décrivent désormais les originaux des 327 liasses qui constituent le fonds d’archives : « extrêmement fragiles : papier cassant et noirci, encre acide. Actuellement, le maniement des liasses est quasi impossible. Seul un important travail de restauration (long et coûteux) permettrait de reprendre le microfilmage. » Dans l’édition n° 16 de la revue Arkiv, Samhälle och Forskning [Archive, Société et Recherche] parue en 1974, l’archiviste suédois Björn Lindh qui a effectué le classement et l’inventaire du fonds à Aix-en-Provence a écrit dans un article de 5 pages intitulé «Det svenka S:t Barthélemy-arkivet» [Les archives suédoises de Saint-Barthélemy] : « Ceci dit, on peut dire d'une manière générale au sujet de ces archives que seuls quelques documents isolés ont besoin d'une restauration avant d'être microfilmés. »  

La liste des 148 séries non microfilmées à Aix-en-Provence est la suivante :

- Manifestes (M) 1-58
- Comptes (CP) 73-124
- Législation (L) 134-135
- Procès-verbaux de justice – Tables des matières  (PJT) 136-139
- Affaires maritimes (AM) 265-275bis
- Naturalisations (N) 276-280
- Etat civil (E) 287-291
- Population (PO) 292-293
- Religion (R) 294-295
- Divers (D) 296-300bis
- Documents non indexés 325

On remarquera néanmoins que 6 volumes ont d’ores et déjà été microfilmés par Dan Brändström en 1967, portant finalement à 142 le nombre de liasses non sauvegardées. Mais ce qui met également en lumière d’autres dysfonctionnements entre les différents services d’archives; prenons ainsi le cas des 2 volumes de la série PO par exemple : le Dr Jean Benoist, alors directeur du Laboratoire d'écologie humaine et professeur à l'Université de droit et d'économie à Aix-en-Provence mais aussi professeur au département d'anthropologie à l'université de Montréal, a fait photocopier un certain nombre de ces listes nominatives aux Archives d'Outre-mer. En 1982, alors que commençait le dépouillement, l'informatisation, et la vérification de ces recensements, la professeure canadienne Francine Mayer, lors d'une visite à Aix-en-Provence, a pu voir ces listes alors recouvertes d'une pellicule transparente afin les protéger; ce sont les fonds canadiens de recherche du Dr Benoist qui avaient contribué financièrement à cette protection des documents. Mme Mayer se souvient avoir pu voir d'autres listes nominatives qui provenaient, selon elle, de la boîte PO 293. Elle voulu en obtenir photocopie en 1987 lors d'un colloque à Aix : on lui a alors déclaré ne pas les trouver. Une agente de recherche de passage à Paris en 1988 pour un séminaire sera envoyée en vain vérifier aux Archives d'Outre mer si ces listes étaient réapparues. Pour mener à bien leurs recherches les équipes canadiennes pourront finalement acheter les bobines aux archives suédoises puisque ces volumes avaient été microfilmés par Dan Brändström. En 1998, les linguistes français Louis-Jean Calvet et Robert Chaudenson exprimeront à leur tour leurs regrets dans «Saint-Barthélemy : une énigme linguistique» de ne plus pouvoir avoir accès à ces volumes 292-293 désormais interdits à la consultation au centre d’archives d’Aix-en-Provence. Il serait peut-être temps pour le CAOM de prendre connaissance de l’existence de ces bobines numérotées DB 1-9 aux Archives de Suède, microfilms de volumes dont il assure pourtant la conservation des originaux tout en en interdisant la consultation; cela aurait en outre évité de microfilmer les volumes 285-286 (Esclavage) une deuxième fois…

Dans son article, Björn Lindh classe les volumes 281 à 284 sous le code DT pour « Défense du Territoire », il a été depuis apporté « modifications à la page 9 de l’Inventaire provisoire » et les volumes 283 et 284 constituent dorénavant la série AGE pour « Administration Générale et Économie », doit-on en conclure que l’inventoriage n’est pas encore tout à fait terminé ?   

De même l’inventaire des Archives Nationales de Suède ne compte que 124 microfilms du fonds suédois en provenance d’Aix-en-Provence alors qu’il en existe 150 !

Dans une présentation datant de 2003 et téléchargeable en ligne depuis 2005 sur le site internet de la bibliothèque universitaire d’Umeå le professeur suédois Rolf Sjöström écrit : « De grandes parties du fonds sont malheureusement en piteux état. Un des volumes d'archives ne fut accessible que grâce à la complaisance particulière de la direction des archives, tandis qu'un autre volume clé se révéla inexploitable, car le document était en train de se désagréger en petits morceaux. Il conviendrait d'entreprendre rapidement quelque chose pour les restaurer et les mettre sur microfilm. Ce n'est pas l'intérêt qui manque, mais il est difficile de trouver quelqu'un qui veuille bien payer.» M. Sjöström s’ intéressait au cas de Saint-Barthélemy dans le cadre d’un projet mené entre 1993 et 1999 et baptisé « Utbildning och kolonialism: Svenska undervisningsprojekt i Torne Lappmark och Nya världen på 1700- och 1800 talen » [Education et colonialisme : projets scolaires suédois en Laponie et dans le nouveau monde au 18ème et 19ème siècles]. Il convient de relativiser ces propos car au contraire de Lamborn, Brändström ou Lindh, il n’a pas eu accès à l’intégralité du Fonds et ne peut donc se référer qu'aux informations que lui en a communiqué le Centre des Archives d'outre-mer d'Aix-en-Provence. Si certaines pièces sont probablement aujourd’hui effectivement difficilement récupérables (par exemple dans les séries Etat civil (E)) il n’en reste pas moins que d’autres pourraient pourtant bien être sauvegardées et un certain nombre sans restauration préalable d’autant plus que les techniques ont certainement du évoluer depuis 30 ans. Ainsi la série Procès-verbaux de finances (PF), 14 volumes : 59-72, décrite dans l’article de M. Andersson en 1965 comme « delvis vattenskadade » [partiellement endommagée par l’eau] n’apparaît pas dans la liste des séries non microfilmées et l’a donc été malgré tout.

Voilà qui laisse quelque peu songeur mais il paraîtrait  aussi qu’ils sont fort peu nombreux ceux qui s’intéressent au cas « Saint-Barthélemy ». Il serait tout de même fort souhaitable de pouvoir disposer d’un inventaire détaillé et aussi précis que possible mentionnant en outre l’état exact des documents non sauvegardés. La balle est à présent dans le camp de la Collectivité de Saint-Barthélemy.

Projet de salle d’archives de Saint-Barthélemy (Plans Monsaingeon - Bulletin Municipal, Sept.1980)

Projet de salle d’archives de Saint-Barthélemy (Plans Monsaingeon - Bulletin Municipal, Sept.1980)

Projet de salle d’archives de Saint-Barthélemy (Plans Monsaingeon - Bulletin Municipal, Sept.1980)

 

La salle d’archives finalement transformée en salle de stockage pour le musée dans le projet final de 1995 (Gustavia, 2007)La salle d’archives finalement transformée en salle de stockage pour le musée dans le projet final de 1995 (Gustavia, 2007)

La salle d’archives finalement transformée en salle de stockage pour le musée dans le projet final de 1995 (Gustavia, 2007)

Ces séries présentent un intérêt incontestable. Le Comité de Liaison et d’Application des Sources Historiques souhaiterai par exemple aujourd’hui avoir accès aux 59 volumes « Manifestes » dans le cadre de ses recherches sur la traite négrière à Saint-Barthélemy : la série M renferme en effet des informations concernant les navires et leur cargaison dans le port de Gustavia à partir de 1805; Malgré l’appui du directeur du « Wilberforce Institute for the study of Slavery and Emancipation » de l’université de Hull au Royaume-Uni, le CAOM a dissuadé le haut responsable du C.L.A.S.H d'une démarche inopportune et vouée à l’échec tout en précisant quelque peu vaguement qu’ « un examen par des spécialistes de la restauration pourrait peut-être avoir lieu compte-tenu de l’amélioration des techniques depuis l’époque du microfilmage. »

Mais l’histoire du fonds suédois de Saint-Barthélemy n’avait pas encore livré tous ses secrets, ainsi au détour du tout nouveau « Guide des sources de la traite négrières, de l’esclavage et de leurs abolitions »  publié en cette année 2007 par la Direction des Archives de France elle renaît publiquement une nouvelle fois; non que le fonds y soit intégralement cité en référence page 272 sans que soit indiqué que 142 volumes sur 327 ne sont plus consultables mais que pages 269 et 270 : 11 registres contenant "plusieurs actes relatifs à des armements de navires dont certains sont faits pour la traite ainsi que de nombreuses autres notations relatives à l’esclavage" avaient été expédiés à Washington en 1886. Ces registres avaient donc été tirés directement à Saint-Barthélemy peu après la rétrocession de l’île à la Suède. Ce transfert faisait suite aux dédommagements des marins des bâtiments (neutres) américains réclamés par le gouvernement des Etats-Unis en 1831 suite aux attaques des corsaires armés par Victor Hugues trente cinq ans plus tôt durant la quasi-guerre; l’affaire traînant en longueur, le greffier en chef du tribunal de Basse-Terre, M. Léon Belmont, avait ainsi expédié directement à Washington, et ce pour une durée théorique de deux ans, des documents originaux dont ces 11 registres, "pour faire bonne mesure" comme écrit dans le Guide mais plus sûrement en raison du rôle joué par Saint-Barthélemy pendant la période révolutionnaire aux Antilles et des relations entretenues par Victor Hugues avec le gouverneur suédois Bagge. Ces documents oubliés, redécouverts à l’ambassade de France à Washington, avaient été transférés vers Paris aux Archives Nationales en 1958 suite aux démarches de Mme Ulane Bonnel, puis retournés à Bisdary (Gourbeyre), nouveau siège des Archives départementales de la Guadeloupe, en 1988 à la demande de leur directeur, M. Jean-Paul Hervieu.  

Pour reprendre la description extrait du Tome III (Marine et Outre-mer) de l’État Général des Fonds édité en 1980 par les Archives Nationales, « Le fonds de Saint-Barthélemy est intéressant non seulement pour l'histoire de cette petite île, mais aussi pour celle des Antilles et celle de l'administration coloniale suédoise. » et pour conclure, la définition du Conseil international des Archives : « les archives constituent la mémoire des nations et des sociétés; elles fondent leur identité et sont un élément clé de la société de l’information. En témoignant des activités menées et des décisions prises, elles assurent à la fois la continuité des organismes et la justification de leurs droits, ainsi que de ceux des individus et des États. Parce qu'elles garantissent l'accès des citoyens à l'information administrative et le droit des peuples à connaître leur histoire, les archives sont essentielles à l'exercice de la démocratie, à la responsabilisation des pouvoirs publics et à la bonne gouvernance. »

Est-ce donc ainsi que l’île de Saint-Barthélemy entend laisser défendre ce patrimoine, sa propre histoire ? Pour mieux envisager son avenir ? La collectivité d’outre-mer de Saint Barthélemy s’est officiellement substituée à la commune de Saint-Barthélemy, au département  et à la région de la Guadeloupe le 15 juillet 2007; en application du code du patrimoine et du code général des collectivités territoriales, il lui incombe donc désormais d’assurer la conservation de ses archives mais aussi leur mise en valeur, dans un bâtiment ouvert au public. La chose avait déjà été évoquée, en 1980 par exemple où le Bulletin Municipal du mois de septembre dans un texte commençant par « L’idée avait été lancé à maintes reprises, mais jamais aucun projet sérieux n’avait vu le jour » se poursuivait plus loin « L’ancienne citerne [du Wall House finalement inauguré musée et bibliothèque en mai 1995] sera transformée en salle d’archives. Elle sera climatisée de manière à assurer une conservation parfaite des documents. Toutes les archives concernant notre île et qui sont actuellement conservées en Guadeloupe regagneront ce musée »; le texte rajoutant encore cette pensée visionnaire : « Nul n’ignore en effet que dans les années à venir le combat le plus violent auquel seront confrontés les peuples est celui de la culture »…cette salle d’archives n’a jamais encore vu le jour.

       
Le Musée/Bibliothèque  de Saint-Barthélemy reçoit son baptême de l’air et de l’eau  (Hurricane Luis, Gustavia/Sept.1995)

Le Musée/Bibliothèque  de Saint-Barthélemy reçoit son baptême de l’air et de l’eau  (Hurricane Luis, Gustavia/Sept.1995)

L’île devrait donc rapatrier ses dépôts des Archives Départementales de la Guadeloupe, conformément à la loi cette fois, mais que réserve t-on au juste au précieux fonds suédois de Saint-Barthélemy ?

l’amiRAL du C.L.A.S.H…sur l’île de Nantes. Septembre 2007.

avec la collaboration de M. Rolf Sjöström, M. Dan Brändström, M. Göran Larsson, M. Örjan Romefors, Mme Ingrid Eriksson Karth, Mme Hélène Servant, M. Jacques Dion, Mme Evelyne Camara, M. Jean-Paul Hervieu, M. David Richardson, Mme Francine Mayer, et M. Jean Benoist.

Traductions textes suédois : forum Franco-Suède , K. Jonsson.

Photos : Ny Illustrerad Tidning, Västerbottens-Kuriren, Gefle Dagblad, Sten Forsberg, Anders Sandström, F&K. Lédée, RAL.