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Faut-il avoir peur des cyclones ?
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Faut-il avoir peur de nous-même ?

Faut-il avoir peur de
Lamétéo atè bannzil karayib la
(Précis de météorologie caribéenne).
de Serge RESTOG

RESTOG Serge, 2003, Lamétéo atè bannzil karayib la, IBIS ROUGE EDITIONS.
ISBN 2-84450 190 7

www.ibisrouge.fr

meteoNous avons posé quelques questions à Serge RESTOG un des chroniqueurs de la TRIBUNE DES ANTILLES, aiguilleur du ciel (Aéroport de Martinique) auteur de l'ouvrage "Lamétéo atè bannzil karayib la".
. Vous le connaissez bien et vous avez eu l'avantage de lire ses nombreux articles en créole traitant de sujets très divers et en particulier des articles sur l'aviation, l'airbus A3XX qui aujourd'hui s'appelle l'A380, Internet, le G.P.S etc. Ces questions portent sur son livre : "Lamétéo atè bannzil karayib la ­ Précis de météorologie caribéenne". Il est publié aux Editions IBIS ROUGE. Cet ouvrage fait partie de la collection "Guide du CAPES de créole" dirigée par Raphaël CONFIANT.

- Pourquoi un ouvrage sur la météorologie ?

- Serge RESTOG - J'ai voulu produire un ouvrage sur la météorologie, parce qu'il est facile de le vérifier, une grande frange de la population martiniquaise ne comprend pas dans tous les détails, les bulletins météorologiques en français. Ces bulletins sont diffusés par Météo-France, par la voie des médias. Ce constat est vérifié dans l'une des études que j'ai déjà menée, sous le titre "Langue créole et météorologie". Elle mentionnait que 60% des individus d'un échantillon ne comprennent pas le message météorologique et 40% ne le comprennent pas entièrement. Les questions que nous sommes en droit de nous poser, et ce sera ici notre problématique, sont : peut-on se contenter de ces 60% de compréhension du bulletin ? Que fait-on des 40 autres pour cent de la population de l'échantillon qui n'ont pas compris ce message ?

Il est, aujourd'hui, un fait que nul ne peut contester, et c'est à partir de ce fait que nous nous appuyons pour lancer nos hypothèses, la population martiniquaise s'exprime avec deux langues : la langue créole et la langue française. Nous disons que des messages et des bulletins météorologiques en créole apportent une amélioration dans cette compréhension. Ces hypothèses sont à vérifier dans des travaux à venir.

- Pourquoi un guide de météorologie en créole ?

S. R - La météorologie en créole est plus une préoccupation de sécurité civile qu'une satisfaction d'avoir fait la démonstration de traiter un sujet scientifique avec la langue créole.
Tous les outils d'information météorologiques, de prévention et d'alerte sont déjà codifiés en français. Il manquait une codification en créole. Cette codification que je propose et qui mérite maintes améliorations et même des transformations, permettra aussi, dans d'autres études à venir, de procéder à une évaluation de la compréhension des informations météorologiques en créole.

Ces propositions que je soumets, mettent à la disposition des organismes publics, des collectivités, des associations, des  médias, des messages de prévention et des messages d'alerte en créole. Il est plus important pour nous, en publiant ce type de document, de régler en priorité un problème linguistique. Un problème linguistique qui révèle des difficultés de communication avec la population.

- Qui a participé à l'élaboration de cet ouvrage ?

S. R - Cet ouvrage fait partie de la collection "Guides du CAPES de créole" dirigée par Raphael CONFIANT. Il est édité par IBIS ROUGE EDITIONS (http://www.ibisrouge.fr). Il a été relu et corrigé par mes amis météorologistes, Danièle CARNINO (Chef du service météorologique de la Martinique), Georges SINTHE (Chef du service météorologique de la Martinique), Charles TREBER (Chef technicien honoraire de la météorologie), Sadi GAYDU (Chef technicien honoraire de la météorologie), Alfred FORTUNE (Chef technicien de la météorologie). Mais ils ont surtout insisté, et même ont été intransigeants, en particulier Georges Sinthe, sur les résultats de travaux d'enquête sur les échantillons d'informateurs. Je prendrai un seul exemple, c'est le terme "tan blan" pourtant très utilisé aujourd'hui dans notre région. Ce terme ne désigne pas un phénomène météorologique précis. Tout le monde, par cette expression, ne désigne pas la même chose.

- Comment cet ouvrage est-il réparti ?

S. R - Cet ouvrage se répartit en trois chapitres. Nous donnons quelques explications d'abord, sur la plupart des éléments de la météorologie tels que la composition de l'air, la pluie, l'orage, les nuages, ensuite, sur des mots qui nous sont étrangers comme la ZIC, el niño, une onde tropicale, une dépression tropicale etc. et enfin, sur des mesures de prévention à mettre en pratique dès le mois de juin, sur la conduite à tenir avant, pendant et après un cyclone.

Ce sont des termes et expressions météorologiques que tout le monde connaît, que tout le monde emploie tout le temps de manière inconsciente. Nous avons cité aussi, en annexe, quelques proverbes créoles en rapport avec le temps. Ils proviennent des îles créolophones de la Caraïbe.
  Voici quelques termes météorologiques que vous trouvez dans l'ouvrage avec leurs définitions : Sézon karenm (le carême), sézon livènaj. (l'hivernage), Sé sézon-an (les saisons), Van zalizé (les alizés), Lafoud-la (la foudre), zéklè (éclairs), tonnè-a (le tonnerre), machann chabon etc.

Vous pouvez avoir plus de détails sur d'autres ouvrages et d'autres articles de Serge RESTOG sur le site Internet : www.kapistrel.com

RESTOG Serge, 2003, Lamétéo atè bannzil karayib la, IBIS ROUGE EDITIONS.
ISBN 2-84450 190 7