La
Femme Noire
ou
l'afro style

La
beauté d’une femme est sa richesse, tout dans son
ensemble reflète sa personne. Cependant les critères de
beauté varient selon
les coutumes, les pays, les hémisphères. Certaines
s’accessoirisent pour le
plaisir ou par tradition, avec cette recherche d’être vues et
courtisées. D’autres seront au
naturel, non par manque de moyen, mais tout simplement par envie
de
séduire
telles qu’elles sont. Et puis, il y a celles qui trouvent que la
beauté est
secondaire, par rapport aux études, à la carrière,
car une autre faim nourrit leur quotidien et leurs objectifs.
La
femme dispose comme elle l’entend de sa beauté, elle
entretient sa chevelure, richesse incontestée et atout de
séduction. Elle prend
soin de sa peau, la protège, l’hydrate, la nourrit pour la
rendre aussi belle
et douce que possible. Les femmes ne sont pas qu’axées sur
la séduction,
mais une femme est un joyau, un bijou pour le cœur d’un homme. Elle se
doit
avant tout être belle dans son corps et dans sa tête et
être en accord avec
elle-même.
Centrons le sujet sur la femme noire aux
cheveux
crépus, celle qu’on appelle communément une
Négresse. Elle dispose d’une
gamme variée pour améliorer et faciliter le coiffage de
son cheveu, la technique la plus
répandue chez elle reste le
défrisage à froid. Cette
technique permet de transformer le cheveu crépu en cheveu lisse,
par un procédé
chimique agressif tant pour le cheveu
que pour le cuir chevelu.
Faciliter de coiffage
offre un gain de temps grandement
apprécié, par toutes les femmes
pratiquant cette technique de coiffage.
Sans soin du cheveu à l’appui, les conséquences de ce
procédé ont des
répercussions graves sur le cheveu agressé qui se
dénature à la longue et peu
même entraîner des calvities partielles.
On s’offusque de telles
« pratiques »
esthétiques pour affirmer un modèle de
beauté
noire de par le monde.
Autrefois femmes et filles noires se
défrisaient
les cheveux avec le fameux fer à repasser (au feu) pour obtenir
une chevelure
lisse afin de ne pas recevoir le mépris du
« jex » (cheveux crépus
épais difficile à discipliner).
La mentalité de l’époque
voulait que seuls
réussissent ceux qui avaient une couleur de peau
« sauvée » (peau
claire) et un cheveu lisse. Le noir et le cheveu crépu
étaient d’office rayés,
on pouvait avancer dans la vie ou obtenir un poste intéressant avec de tels critères, qui
anéantissaient
toute compétence ou intelligence, car la peau
noire dépréciait le tout.
Il n’y
avait que mépris pour leur quotidien et leur personne. Alors
elles se « désidentifiaient »
pour être réidentifiée, acceptée, dans la
société antillaise, une société s’inscrivant un système plantationnaire
où
la couleur de peau déterminait les hiérarchies sociales.
Les Noirs en bas de
l’échelle, les Indiens à balayer les rues, les
très noirs à trimer dans les champs
de cannes, les mulâtres au milieu et les blancs au sommet
de l'échelle sociale.
Ces femmes
ayant adopté ces stratégies avaient-elles le choix ?
Lorsque l’on connaît la
qualité de vie d’antan. La
façon dont elles devaient faire face aux problèmes,
élever leurs enfants, elles
ont fait les choix qui leurs paraissaient opportuns et
nécessaires à leur
survie.
Les sociologues contemporains vous
diront, que ces
femmes étaient « débiellées »
aliénées, soumises et
contraintes à ressembler aux femmes blanches, pour être
reconnues femmes
créoles et non femmes négresses.
Tout l’apport génétique
africain, étant objet de
dérision ou de rejet par les siens, tant la peau noire, les
cheveux crépus, les
lèvres lippues, le nez épaté, « les
traits grossiers » qui s’opposent
aux traits fins des Européens.
Reconnaissons qu’au fil du temps les
mentalités
n’ont guère changé.
Antan lontan l’avenir appartenait
à ceux qui
avaient les cheveux lisses et la peau
« sauvée » c’est-à-dire
la peau claire.
Aujourd’hui, il n’y a qu’à voir la
publicité locale, les clips musicaux et autres produits
publicitaires ou de
communication, pour s’apercevoir qu’on ne voit jamais de
Négresses pures
souches, mais des mulâtresses au sourire éclatant, les
cheveux aux vents.
Et voilà, comment s’insinue
sournoisement dans les esprits des
modèles de ressemblance et
d’identification pour notre jeunesse.
Longtemps on a
« méprisé » la femme
noire, mais aujourd’hui cette dernière, trouve la ressource pour
se réaliser,
et comprend que sa beauté n’avait rien à envier aux
autres
femmes, car la femme noire est
une belle femme.
Quelles réponses apporteraient
les sociologues
contemporains, au fait que la femme blanche se frise les cheveux
(permanentes,
boucles), s’épaississe les lèvres afin de les rendre
plus charnues, se fait
refaire les fesses ou porte des slips
« remonte-fesses » pour être
sexuellement plus attractive et qu’elle
se bronze la peau se jugeant sans doute trop blême ?
Est-ce par envie de ressembler aux
femmes
noires ou ont-ils une autre explication qui déterminerait le comportement de la femme blanche dans cette
circonstance ?
Ce comportement peut-être mis en
parallèle des
pratiques esthétiques de la femme noire, la femme noire comme la
femme blanche
ne cherche ou n'a que le désir d’être belle
tout simplement.
C’est un phénomène
normal.
Aujourd’hui au 21ème
siècle, pourquoi chercher
sans cesse des complexes à la femme noire, si elle veut se
simplifier la vie en
se défrisant Pourquoi pas. C’est son choix et sa liberté.
Gaëlle
Linfide