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Juliette Sméralda

ou

 La sociologue en lin rouge de vêtue.

 

juliette smeraldaRendez-vous fut pris à 18 h à la libraire Anibwé, tenue par Kassi Assemian, libraire et éditeur. Un homme longiligne,  passionné de livres alors il les vend, les édite  et les publie, une passion qui ne lui permet pas pour l’heure de couvrir ses frais d’édition, alors disons que pour l’instant : l’homme c’est un mécène.

En ce premier jour de l’été, Paris  était lumineux, dégagée, peu de voitures dans les rues, une circulation fluide et les gens souriants déambulaient dans les rues passagères ou dans les boulevards passants. On apercevait aux devantures des terrasses des bars, des cafés, des restaurants, des musiciens se préparaient à fêter la musique, la ville était en fête et j’allais à la rencontre d’une de nos imminentes sociologues martiniquaises : Juliette Sméralda, qui à cette occasion, présentait son dernier ouvrage: « Du cheveu défrisé au cheveu crépu, de la desidentification à la revendication  ».

Nous ne nous connaissions pas, plus exactement nous échangions régulièrement depuis quelques temps, mais nous ne nous étions jamais rencontrés physiquement.

Sa première remarque,  quand nous fûmes présentés, a été: - C’est donc vous ! En effet, c’était mo.!

Après les coutumières amabilités et politesses,  je venais au fait de la rencontre, avec  cette sociologue qui aspire à rester en dehors de la scène médiatique, car selon ses propres  dires : « Le chercheur est rarement médiatisé, il ne se situe  pas dans la même posture qu’un romancier, son image n’a pas la même résonance, car  le romancier fait rêver... »

Nous poursuivons l’échange et  Juliette  Sméralda  m’expliquait sa démarche et son implication : « J’ai traité de sujets qui répondent à une demande et mes ouvrages peuvent s’apparenter à un indicateur que le peuple à de lui-même. »

Rapidement, la conversation tourna autour des problèmes identitaires, d’ethnicisation et de racisation, en tant que femme au phénotype indien, elle eut le souci que sa dimension indienne soit intégrée dans ses recherches, mais quand elle parle de son peuple, elle inclut les Noirs, les Indiens et les Antillais. Car pour Juliette Sméralda, notre société (martiniquaise) repose sur trois piliers : le caraïbe, l’africain et l’indien.  (Ce qui est discutable) et dans sa racisation des relations entre les interactants, elle définit les békés comme étant une excroissance de personnes ne s’occupant que de leurs intérêts. C’est un groupe égoïste et endogame, une construction sociale pour survivre dans un milieu hostile, avec eux pas de confusion de sens, de race, d’intérêts.  Ils ont une solidarité qui se construit entre eux, les stratégies sont envisagées pour eux et les retombées sont pour eux.

Après un bref survol des relations entre les différentes composantes la société martiniquaise, nous abordons l’objet de son dernier livre, et notre première question fut le pourquoi de cet essai, est-ce une suite de  Peau noire et cheveu crépu ?

Répondant par la négative, Juliette Sméralda ajouta : « il manquait des éléments théoriques pour comprendre le phénomène du défrisage. L’ouvrage traite du discours de la liberté que l’acteur a de décider de pratiquer ou non le défrisage.  La réponse est que les gens s’estiment libres de choisir.»

-         Vous souhaitez que les gens dépassent la croyance et aillent vers la connaissance ?

« L’ouvrage leur apporte un cadre théorique  pour penser leur pratique : le structuralisme génétique. Des codes sociaux qui fonctionnent dans notre dénaturation.»

- En fait vous avez construit l’objet défrisage  qui désormais devient un objet sociologique.


Evariste Zephyrin