Rhum de la Martinique:
bonus de
l'AOC

photo de Coco B.
Gratifié d'une
AOC il y a
dix ans, le rhum de la Martinique a accru ses ventes.
Il a fallu plus de deux
décennies pour que le rhum agricole de la Martinique
décroche son appellation
d'origine contrôlée (AOC), mais le jeu en valait la
chandelle. Consacré par ces
trois lettres de noblesse en novembre 1996, il a ainsi pu
résister à la
concurrence des rhums industriels vendus à bas prix. L'obtention
de ce signe de
qualité a poussé la filière à de nombreuses
améliorations, que ce soit au
niveau de la culture de canne à sucre ou au niveau du processus
de
distillation. Le rhum de la Martinique a ainsi gagné en
qualité et en
réputation.
Certes, la production
martiniquaise ne représente guère plus de 1% de la
production mondiale de rhum,
mais pour l'île c'est un précieux créneau
économique. Les contraintes sociales
et environnementales que leur impose la législation
européenne ne permettent
pas aux producteurs martiniquais de rivaliser avec leurs concurrents du
Brésil
et des autres îles des Caraïbes quant au prix. Mais l'AOC a
permis de miser sur
une distinction qualitative qui aujourd'hui s'avère payante: la
commercialisation des rhums martiniquais AOC n'a cessé
d'augmenter, y compris à
l'exportation.
L'AOC a obligé
les producteurs à formaliser leur savoir-faire, à
écrire et
décrire leur processus de fabrication alors que la tradition
martiniquaise est
davantage basée sur l'oralité. Le produit a ainsi
bénéficié d'une
revalorisation. Les principales différences entre l'AOC rhum de
la Martinique
et les autres rhums tiennent au terroir (parcelles
délimitées dans l'aire
géographique, souches de cannes autorisées) et au mode de
fabrication. En
effet, l'AOC est réservée exclusivement aux rhums
agricoles élaborés à partir
du jus de canne à sucre fermenté puis distillé.
Alors que le rhum industriel
est le résultat de la fermentation de la mélasse,
résidu de la fabrication du
sucre. Au sortir de l'alambic, le rhum agricole AOC doit tirer entre 65
et 75%
d'alcool par volume, ce qui lui permet de conserver de nombreux
éléments «non
alcool» prodiguant ce goût si spécifique.
La Martinique compte
neuf distilleries de rhum, dont sept produisent du rhum
agricole, le seul au bénéfice de l'AOC. De nombreux
emplois dépendent de la
culture de cannes à sucre et de la production du rhum.