Cyclone Dean – Un
délégué du Secours Catholique témoigne de
la situation en Martinique

Photo Germain
Mazarin
Selon
la préfecture de
Fort-de-France, 4 000 familles ont été sinistrées
suite au passage du cyclone
Dean en Martinique. Mercredi 22 août, à l’heure où
le premier ministre
français, François Fillon, atterrit sur l’île
française, Bernard NICOUD,
délégué à la vie régionale du
Secours Catholique, sur place depuis lundi 20
août, dresse un premier bilan de la situation et des actions
menées par la
délégation de la Martinique.
Quelles sont
les conséquences du
cyclone Dean en Martinique ?
La nature est considérablement marquée par son passage.
La verdure habituelle a
laissé place à une forêt de troncs dépourvus
de leurs feuilles; 80% des arbres
ont été décapités. Cela donne l’impression
qu’une débroussailleuse est passée
sur une largeur de 6 mètres et a tout dévasté.
Heureusement la situation est
moins dramatique que les médias ne le laissent entendre. De
nombreuses maisons
ont résisté à la force des vents bien que
certaines soient sérieusement
abîmées. Les habitations les plus touchées sont les
cases en bois et les
hangars en tôle. Aujourd’hui, les 800 personnes qui ont perdu
leur logement
sont hébergées dans des endroits tels que les complexes
sportifs en attendant
de retrouver un toit.
Qu’en est-il de l’économie agricole ?
La totalité des bananeraies est sinistrée et
réduit désormais la production à
néant. Fortement subventionnée par l’Europe, de
nombreuses questions éthiques
se posent déjà quant aux bénéficiaires des
aides à venir. Le risque majeur est
d’avantager les propriétaires terriens européens et non
les petits paysans qui
en ont le plus besoin. Couchées suite au passage du cyclone,
touchant ainsi 70%
de la production de cannes à sucre, celles se relèvent
peu à peu. Lors de notre
passage, elles étaient nombreuses à être revenues
à la verticale. La situation
est donc moins catastrophique que prévue.
Quels sont les premiers besoins ?
L’urgence réside en premier lieu dans la distribution du maximum
de bâches aux
personnes dont les maisons ont été endommagées par
le cyclone. Des ondées
tropicales sont prévues pour la fin de la semaine
présageant des risques
d’inondations et de nouveaux dégâts pour les familles
dépourvues de toute
protection. Nous nous efforçons de couvrir les besoins du
maximum de familles
avant la fin de la semaine.
Nous ne rencontrons pas de difficultés pour l’acheminement de
l’aide en raison
des efforts importants de déblaiement des routes
réalisés par les martiniquais.
En revanche, les communications téléphoniques, toujours
très fortement
perturbées, empêchent le contact et participent à
l’isolement de plus de 50
communes.
Vendredi 17 août, 180 000 abonnés d’EDF étaient
privés d’électricité.
Aujourd’hui, EDF rétablit peu à peu son réseau.
Environ 90 000 clients d’Edf
étaient encore privés d’électricité lundi
20 août mais le PDG d’EDF, sur place,
a assuré mercredi 22 août au soir, être en
capacité de rétablir à 95% le réseau
d’ici 15 jours.
L’accès à l’eau étant rendu difficile pour
certaines familles, la délégation de
la Martinique a passé une commande d’eau en grande
quantité et a reçu,
aujourd’hui, 1 000 packs d’eau que nous commençons à
distribuer.
Comment s’organise l’aide sur place ?
Depuis le départ, il y a une véritable volonté de
travailler en solidarité les
uns avec les autres. Il existe une véritable entraide entre
voisins et
familles. Il est important de préciser que les
bénévoles de la délégation de la
Martinique interviennent en cas d’urgence en collaboration avec les
membres de
l’association Saint-Vincent-de-Paul et les Scouts et Guides de France.
Ils
forment ainsi le Réseau Chrétien pour l’Urgence (RCU). Ce
groupe rassemble
actuellement des bénévoles pour venir en aide aux
personnes sinistrées.
Le Conseil général de la Martinique participe à
l’organisation des secours. Il
organise, ce matin, mercredi 22 août, une réunion visant
à coordonner toutes
les structures d’intervention.
Propos recueillis par Clémence Richard
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