Passage
du cyclone Dean : le point sur la situation de la Martinique et de la
Guadeloupe
Le
Président de la
République a réuni hier l'ensemble des
parlementaires antillais, ainsi que les présidents des conseils
régionaux et
généraux, afin de faire un point sur la situation de la
Martinique et de
Guadeloupe, après le passage du cyclone DEAN.
Cette réunion
intervient à la suite du récent déplacement aux
Antilles du
Premier Ministre, François FILLON et du Secrétaire d'Etat
à l'Outre-mer,
Christian ESTROSI. Etaient présents autour du Chef de l'Etat --
outre le
Premier Ministre et le Secrétaire d'Etat à l'outre-mer --
: la Ministre de
l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités
territoriales ; la Ministre de
l'Economie, des Finances et de l'Emploi ; le Ministre de l'Agriculture
et de la
Pêche ; le Ministre du Budget, des Comptes publics et de la
Fonction publique ;
le Secrétaire d'Etat à la Consommation et au Tourisme,
ainsi que les présidents
d'EDF et de France Telecom.
Après avoir
souligné l'excellente mobilisation de tous les services publics,
le
Président de la République a insisté sur le fait
que cette catastrophe devait
être appréhendée dans toutes ses dimensions et ne
pas être réduite au seul
problème de la banane, par ailleurs bien réel.
Le Chef de l'Etat a, en
outre, souligné la nécessité de mobiliser tous les
moyens disponibles pour reconstituer les outils de travail dans tous
les
secteurs - agriculture, pêche, artisanat et tourisme - afin de
relancer au plus
vite l'activité économique et l'emploi.
Il a fait part de sa
volonté de voir les délais d'instruction des dossiers
d'indemnisation réduits au strict minimum. Et il a, enfin,
souhaité qu'un
effort particulier soit fait vis-à-vis des femmes et des hommes
qui ont perdu
leur emploi et qui se trouvent en situation de chômage technique.
Au cours de la
réunion, le Premier Ministre a fait le point sur les mesures
mises en place par le Gouvernement :
- Une enveloppe de 225
000 euros a été déléguée au titre
des secours d'extrême
urgence pour répondre aux besoins essentiels des personnes
sinistrées. Cette
enveloppe sera complétée en fonction des besoins
recensés par les préfets.
- La procédure
de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle est
engagée
pour permettre de faire jouer rapidement les contrats d'assurance. La
commission interministérielle se réunira le 20 septembre
pour examiner les
dossiers transmis par les communes.
- Le fonds de secours
qui permet d'indemniser, sous certaines conditions, les
biens non assurés des particuliers et des entreprises
familiales, ainsi que les
biens non assurables des collectivités sera abondé
à hauteur des besoins. Les
différentes procédures du fonds de secours seront
conduites avec diligence par
le Secrétaire d'Etat à l'Outre-mer. L'objectif d'un
délai de 3 mois a été fixé
pour le versement des aides (contre 5 mois lors du cyclone
Gamède).
- S'agissant des
calamités agricoles, pour lesquelles le fonds de secours est
aussi mobilisable, Michel BARNIER se rendra sur place en fin de semaine
pour
examiner, avec les filières professionnelles, les mesures
complémentaires qui
devront éventuellement être prises. Pour la banane plus
spécifiquement, des
contacts avec la Commission européenne ont été
pris pour obtenir le versement
anticipé des aides européennes prévues dans la
nouvelle organisation
communautaire de marché.
- Michèle
ALLIOT-MARIE est chargée de préparer le dossier qui sera
adressé à la
Commission européenne pour faire bénéficier les
Antilles du fonds de solidarité
de l'Union Européenne spécifique aux catastrophes
naturelles.
- Afin d'aider les
entreprises à reprendre leurs activités et limiter ainsi
l'impact économique de cette crise, plusieurs mesures ont
également été
décidées, avec Christine LAGARDE, Eric WOERTH et Luc
CHATEL. Des instructions
ont été données pour accorder des délais de
paiement et des remises de
pénalités pour les impôts et cotisations sociales
qui arrivent à échéance. Les
entreprises commerciales et artisanales sinistrées pourront
bénéficier, dans le
cadre d'une procédure dérogatoire du FISAC, d'avances de
trésorerie non
remboursables. Une enveloppe de 5 Meuros est prévue à cet
effet.
- L'Etat, en liaison
avec le régime d'assurance chômage, mettra en place un
dispositif exceptionnel d'indemnisation du chômage partiel qui
pourra être mobilisé
pour une durée de 6 mois. Cette prise en charge sera
portée à sept mois,
renouvelable une fois, pour la filière banane, afin de tenir
compte des
spécificités de cette culture.
- L'Agence
Française de Développement utilisera ses outils
financiers en faveur
des entreprises pour leur permettre d'accéder plus facilement,
à des conditions
préférentielles, à des crédits de
trésorerie. Elle pourra accorder également
des prêts bonifiés aux collectivités qui engagent
des dépenses pour la remise
de leurs équipements publics et des sites touchés par le
cyclone. L'AFD
bénéficiera pour cela de moyens complémentaires de
l'Etat.
- Des mesures
spécifiques de relance de la destination touristique «
Antilles
françaises » seront prises, avec notamment la mise en
place d'une cellule de
communication au niveau de la direction du tourisme et des actions de
relance
promotionnelle. Luc CHATEL verra également les compagnies
aériennes pour les
inciter à mettre en place des actions promotionnelles vers les
Antilles.
- EDF s'est
engagée à réalimenter, en
électricité, la totalité des clients
guadeloupéens et 95% de clients martiniquais à la fin de
la semaine, grâce à
une mobilisation exceptionnelle : 600 personnes, 600 tonnes de
matériels, 50
millions d'euros. 20 millions d'euros supplémentaires seront
investis pour
renforcer la sécurité de l'alimentation électrique
face à l'aléa cyclonique.
- France Telecom s'est
engagée à rétablir plus de 95% du réseau de
téléphonie
mobile d'ici la fin de semaine et 95% du réseau fixe, au 5
octobre. France
Telecom mettra au point, avec les collectivités, des techniques
d'enterrage
pour les lignes aériennes les plus sensibles.
L'ensemble des
participants s'est, enfin, accordé à reconnaître la
nécessité de
tirer tous les enseignements de cet évènement concernant
les politiques
structurelles, notamment en matière de logement social, de lutte
contre
l'habitat précaire, mais aussi d'aménagement du
territoire intégrant la
prévention des risques. Le Secrétaire d'Etat à
l'Outre-mer, Christian ESTROSI, est
chargé de faire des propositions sur ces sujets.
Ministère de l'Intérieur, de
l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales