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Dean menace les côtes Mexicaines



Les autorités évacuent touristes et population locale avant que le cyclone "potentiellement catastrophique" frappe le continent américain.

Les autorités font état de cinq morts en Martinique, Haïti et République dominicaine, après le passage de Dean.

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Le cyclone Dean, désormais considéré comme "potentiellement catastrophique", s'est encore renforcé lundi menace maintenant les côtes du Mexique, où il devait toucher la province fortement touristique du Yucatan dans la nuit ou mardi matin. Le cyclone de catégorie 4, sur une échelle qui en compte cinq, est accompagné de vents soufflant à 240 km/h, selon le dernier bulletin du Centre  américain de surveillance des ouragans (NHC), basé à Miami. Une alerte cyclonique a été émise de la côte est du Belize jusqu'à Cancun dans la province mexicaine du Yucatan, a indiqué le NHC.

Les autorités mexicaines ont procédé à l'évacuation de 90.000 touristes en  vacances à Cancun - même si la ville devrait être epargnée - et dans les îles voisines, ainsi que 13.000 personnes travaillant sur les quelque 140 plate-formes pétrolières du Golfe du Mexique. Même s'il ne menace pas directement les raffineries ou les plateformes pétrolières et gazières de la côte du Texas, l'ouragan perturbe aussi la production d'hydrocarbures dans le golfe de Campeche, au Mexique.  La compagnie pétrolière mexicaine Pemex a d'ailleurs annoncé lundi la fermeture de tous ses puits dans le sud de cette région, ce qui entraînera une chute de la production équivalente à 2,65 millions de barils de brut par jour.

Pillages en Jamaïque

Dean est "extrêmement dangereux" et pourrait atteindre la catégorie 5, la  plus dangereuse, dans les prochaines 24 heures.  Un cyclone est classé dans la catégorie 5, celle de l'ouragan extrême, quand  ses vents atteignent 249 km/h. Il a déjà fait cinq morts en Martinique, Haïti et République dominicaine et  se dirige actuellement vers Belize à la frontière sud du Mexique, après avoir  touché dimanche la Jamaïque, où l'état d'urgence a été décrété. Les forces de sécurité ont vu leurs pouvoirs renforcés pour  faire face aux risques de délinquance ou de pillage durant l'état d'urgence  décrété pour trente jours et pouvant être levé à tout moment, a indiqué le  gouvernement de Kingston. Plusieurs cas de pillage ont déjà été signalés par la police dimanche.

Les nuées orageuses qui précèdent le cyclone ont provoqué des inondations sur la côte ouest de la Jamaïque. Des toits et des arbres ont été arrachés,  bloquant des routes. 150.000 foyers sont d'ores et déjà privés d'électricité sur  l'île. Au moins 17 personnes, qui seraient des amateurs de plongée de nationalité  espagnole, seraient isolées sur un banc de sable d'une petite île au large des  côtes de la Jamaïque après avoir refusé de partir. Le Premier ministre  a laissé entendre que les  élections législatives prévues le 27 août pourraient être reportées pour attendre l'élimination des séquelles du passage de Dean

Le cyclone n'a en revanche causé que des inondations sans gravité à Cuba, où environ 630.000 personnes avaient été évacuées par précaution. Accompagné de vents soufflant à 240 km/h, le cyclone a entraîné de fortes précipitations et des marées avec des vagues de quatres mètres de haut sur la côte sud-est de l'île,  notamment dans les région de Santiago de Cuba et Granma.

Retour anticipé pour  Endeavour

En Haïti, la protection civile a annoncé la mort de deux personnes et fait  état de dizaines de maisons détruites. Le cyclone a également fait deux morts dans le département français de Martinique et un autre en République dominicaine.

Quant à la Nasa, elle a décidé de faire revenir sur Terre l'équipage de la  navette Endeavour mardi au lieu de mercredi car le centre de contrôle situé à Houston (Texas, sud des Etats-Unis) pourrait être forcé de fermer si le cyclone  menaçait le sud du Texas. Une société californienne d'évaluation de risques, Eqecat Inc., a estimé  dimanche les dommages aux Antilles et en Jamaïque entre 1,5 et 3 milliards de  dollars.

En Martinique, 120 techniciens de France Telecom sont à pied d'oeuvre depuis samedi matin pour rétablir les communications sur toute l'île. Vendredi, France Télécom a dû faire face à une interruption de service d'environ la moitié de ses clients en téléphonie fixe et Internet, soit environ 70 000 clients. Le réseau de téléphonie mobile a été impacté à hauteur de 40% par l'absence d'électricité sur les centraux et des interruptions des liaisons de transmission. Près de 15 000 poteaux sont tombés à terre et de nombreux centraux ont été privés d'électricité. EDF estime que la "quasi-totalité" des clients auront leur ligne rétablie en "fin de semaine prochaine".

Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer Christian  Estrosi a pour sa part estimé lundi soir à 115 millions d'euros le coût de la remise sur pied  des bananeraies de Martinique et Guadeloupe dévastées. François Fillon se rendra mercredi et jeudi sur place.