La
Martinique, frappée par Dean, appelle à l'aide

Photo Germain Mazarin
PARIS (Reuters) - Le président
Sarkozy a promis samedi
l'aide de l'Etat aux victimes de l'ouragan Dean en Guadeloupe et en
Martinique, où les plantations de bananes, de canne à
sucre, le réseau
électrique et l'habitat précaire ont connu des dommages
sans précédent
depuis plus de 20 ans.
L'Union
des producteurs de bananes des deux îles, principale
activité agricole
locale, a estimé les dégâts entre 100 et 120
millions d'euros et
réclamé des crédits pour relever les plantations.
Le secrétaire
d'Etat à l'Outre-Mer Christian Estrosi s'est rendu en Martinique
samedi. Il devait annoncer les premières mesures d'urgence.
"Je
veux sans attendre exprimer à chacun d'entre vous ma profonde
sympathie
et mon soutien personnel. Je veux aussi que vous sachiez que l'Etat
sera présent à vos côtés car la France de
métropole et la France
d'Outre-mer constituent une unité indivisible", dit le
président dans
un message aux habitants de Guadeloupe et Martinique, diffusé
par son
cabinet."
"Nous partageons, ensemble, les joies comme les peines.
La solidarité nationale s'exercera donc pleinement à
votre égard",
ajoute-t-il. Le locataire de l'Elysée devait rentrer dans la
soirée à
Paris après deux semaines de vacances aux Etats-Unis et a
prévu de
réunir ses principaux ministres lundi.
Eric de Lucy, président de
l'Union des producteurs de bananes des deux îles, a
demandé dimanche
sur France info l'aide de l'Etat en jugeant les ravages dramatique pour
les planteurs.
"Ce sont des conséquences considérables
pour ce
secteur économique, puisqu'il ne reste plus un seul pied de
banane
debout en Martinique, et que la bananeraie est touchée à
plus de 80% en
Guadeloupe", a-t-il assuré.
Le secteur - 15.000 à 18.000 emplois
selon les sources, est le premier employeur privé des Antilles -
est
soutenu financièrement par l'Union européenne dans le
cadre de la politique agricole commune et tente depuis plusieurs
années d'enrayer une crise.
ÉLECTRICITÉ COUPÉE
Les
bananes des Antilles fournissent environ 10% du marché
communautaire,
selon des chiffres publiés en 2006. Selon Eric de Lucy, il
faudra sept
mois pour revenir en production, et plus longtemps pour retrouver son
potentiel de 300.000 tonnes annuelles.
Outre les plantations de
bananes, Dean a fait au moins un mort - un homme de 90 ans
décédé d'une
crise cardiaque à son domicile - et six blessés en
Martinique, détruit
environ 70% des plantations de canne à sucre et gravement
endommagé le
réseau électrique et l'habitat précaire de
l'île, selon un bilan établi
vendredi soir.
Selon Météo France, les rafales les plus
fortes de
Dean, devenu un ouragan de catégorie 3, ont atteint 200 km/h sur
l'île.
Il s'est éloigné des côtes martiniquaises en milieu
d'après-midi
vendredi pour poursuivre sa route dans la mer des Caraïbes en
direction
de la Jamaïque.
Plusieurs dizaines de milliers de foyers
restaient privés d'électricité dimanche,
l'alimentation de l'île ayant
été presque totalement coupée au plus fort de
l'ouragan.
Si les
constructions en dur de la Martinique ne semblent pas avoir trop
souffert du cyclone, l'habitat précaire, où vit toujours
une part
importante des 400.000 habitants de l'île, est très
gravement endommagé
en Martinique.
Quelque 2.450 fonctionnaires ont été
mobilisés pour organiser les secours et déblayer les
routes bloquées.
Soixante pompiers militaires sont partis samedi matin de
Paris ainsi que 30 pompiers des Alpes-Maritimes.
L'île
voisine de la Guadeloupe devait de son côté de son
côté 65 pompiers.
Elle a été touchée plus faiblement par l'ouragan
qui y a néanmoins
privé d'électricité 10.000 foyers.
Un numéro vert d'information, le 0 800 836 019, a
été mis à la disposition des familles par le
gouvernement.