Lourde
facture pour la Martinique ravagée par l'ouragan Dean

photo Germain Mazarin
PARIS
(Reuters) - Les premières évaluations des
dégâts
causés par l'ouragan Dean en Martinique et en Guadeloupe,
notamment sur les exploitations de bananes et de canne à
sucre, cruciales pour l'économie locale, font état
d'une facture de plusieurs centaines de millions d'euros.
On
a une première évaluation sur laquelle je reste
prudent, il y aurait 150 à 200 millions d'euros qui
nécessiteraient d'être mobilisés sur la
Martinique pour lui permettre de préserver son activité
économique et sociale, tant dans le domaine agricole que dans
les autres domaines", a dit à la presse le secrétaire
d'Etat à l'Outre-Mer Christian Estrosi, arrivé en
Martinique samedi.
"L'Etat
français mobilisera toute son énergie", a-t-il
promis. Une réunion interministérielle est
programmée
lundi à Paris. L'état de catastrophe naturelle et de
calamité agricole devrait être reconnu, ce qui ouvrira
la voie à des indemnisations publiques et par les compagnies
d'assurance.
Les
plantations de bananes des Antilles et de Guadeloupe ont
été
quasi-totalement détruites par les vents qui ont soufflé
jusqu'à 200 km/h vendredi, dans un des ouragans les plus
violents à avoir frappé les Antilles depuis plus de 20
ans. Celles de canne à sucre sont détruites à
70%, selon le secrétariat d'Etat.
Les
milieux économiques antillais contestent déjà
l'évaluation de Christian Estrosi, considérée
comme très faible, et estiment que le seul secteur de la
banane a besoin d'une somme supérieure à 200 millions
d'euros.
Les
bananes des Antilles, fortement concurrencées mais soutenues
par l'Union européenne au titre de la politique agricole,
fournissent environ 10% du marché communautaire, selon des
chiffres publiés en 2006. Selon L'Union des producteurs, il
faudra sept mois pour revenir en production, et plus longtemps pour
retrouver un potentiel estimé à 300.000 tonnes
annuelles.
DEUX
MORTS
Dean
a fait deux morts en Martinique - un homme de 90 ans
décédé
d'une crise cardiaque et une femme de 76 ans retrouvée morte
à
son domicile de Fort-de-France - et six blessés.
Le
réseau électrique et les réseaux de
télécommunications ont été fortement
endommagés. Des centaines de pompiers et plusieurs milliers de
fonctionnaires étaient à l'oeuvre dimanche pour les
rétablir et dégager les routes obstruées.
Si
les constructions en dur de la Martinique ne semblent pas avoir trop
souffert du cyclone, l'habitat précaire, où vit
toujours une part importante des 400.000 habitants de l'île,
est très gravement endommagé en Martinique, ce qui
laisse des milliers de personnes à la rue.
Soixante
pompiers militaires sont partis samedi matin de Paris ainsi que 30
pompiers des Alpes-Maritimes.
L'île
voisine, la Guadeloupe, devait de son côté envoyer 65
pompiers. Elle a été touchée plus faiblement par
l'ouragan qui y a néanmoins privé
d'électricité
10.000 foyers.
Un
numéro vert d'information, le 0 800 836 019, a été
mis à la disposition des familles par le gouvernement.
Le
président Sarkozy, rentré de vacances dimanche, a
exprimé son soutien aux habitants des Antilles. "Je veux
que vous sachiez que l'Etat sera présent à vos
côtés
car la France de métropole et la France d'Outre-mer
constituent une unité indivisible", dit le président
dans un message diffusé par son cabinet samedi.
"Nous
partageons, ensemble, les joies comme les peines. La solidarité
nationale s'exercera donc pleinement à votre égard",
ajoute-t-il.