Fillon veut
"effacer" les conséquences de Dean
Le Premier ministre François Fillon a entamé
mercredi matin une visite aux Antilles, après le passage de
l'ouragan
Dean qui a provoqué des dégâts
évalués entre 170 et 250 millions
d'euros, notamment dans les secteurs de la banane et de la canne
à
sucre.
La Martinique, première étape de sa visite, "vient de
subir un cyclone
dévastateur et je voulais que tout le gouvernement montre sa
solidarité
avec les populations qui ont été
éprouvées", a-t-il déclaré à
Fort-de-France. "Je viens à la fois pour faire le bilan de la
situation
et surtout mettre en oeuvre tous les moyens pour que les
conséquences
de ce cyclone soient effacées le plus vite possible", a-t-il
ajouté.
Expertise des dégâts
Le gouvernement a décidé de dépêcher dans la
journée une mission
d'experts chargée de faire une évaluation précise
de la nature et du
coût des dégâts occasionnés. François
Fillon se rendra ensuite en
Guadeloupe.
Le montant des dégâts est pour l'instant estimé
entre 170 et 250
millions d'euros, les secteurs de la banane et de la canne à
sucre sont
principalement touchés. En Martinique, le chef du gouvernement
doit
rencontrer, selon le programme officiel, le préfet, pour une
réunion de
bilan, des élus, ainsi que les équipes qui ont
participé aux opérations
de secours. Il doit visiter aussi le PC de crise et le centre
Météo
France.
Rencontre avec des représentants de la
filière fruits
Accompagné du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer
Christian Estrosi, déja
venu le week-end dernier, François Fillon devait rencontrer dans
le
nord de l'île des professionnels du tourisme et de
l'hôtellerie, des
représentants de la filière de la banane,
entièrement détruite, et des
différentes filières agricoles martiniquaises.
Dans l'après-midi (en soirée à Paris), le Premier
ministre devait se
rendre ensuite en Guadeloupe pour visiter une exploitation
maraîchère
et rencontrer des représentants de la filière fruits et
légumes, de la
pêche, et à nouveau des professionnels de la banane et du
tourisme.
De son côté, la ministre de l'Intérieur
Michèle Alliot-Marie, a indiqué
mercredi que la mission d'experts devant "établir une
évaluation" de la
"nature et du coût" des dégâts de l'ouragan Dean aux
Antilles
"commencera son travail" sur place jeudi.
Cette mission "pilotée par l'inspection générale
de l'Administration"
de l'Intérieur est composée de six experts des
inspections générales
des Finances, Affaires sociales ou de l'Environnement, a indiqué
le
ministère dans un communiqué. Elle part de Paris
mercredi, a-t-il
ajouté.
50% des clients d'EDF encore privés d'électricité
Selon la préfecture de Martinique, 50% des clients d'EDF sont
encore
privés d'électricité dans l'île. Plus de 700
techniciens EDF, renforts
compris, travaillent au rétablissement du courant. La situation
devrait
s'améliorer nettement d'ici jeudi, date à laquelle Pierre
Gadonneix, le
PDG d'EDF, devrait venir faire une visite, selon le préfet. 100
techniciens de France Telecom opèrent également au
rétablissement des
communications.
Les difficultés se concentrent sur le sud de la Martinique,
où seuls
30% des particuliers sont desservis en eau, notamment grâce
à des
groupes électrogènes. Au contraire, au nord de
l'île, entre 50 et 80%
des abonnés ont accès à l'eau potable. A
Fort-de-France, ce sont même
95% des particuliers.
2.000 à 2.500 sinistrés
Selon un bilan datant du 19 août dernier, la préfecture de
Martinique
recensait 2.000 à 2.500 sinistrés, 50 maisons
détruites et 1.800
maisons partiellement endommagées. Près de 75% du
réseau de téléphone
fixe fonctionne, tout comme 70% du réseau mobile.
Du côté de la Guadeloupe, moins touchée, plus de
75% des bananeraies
ont été détruites, ainsi que la
quasi-totalité des cultures légumières
et arboricoles, selon les estimations du préfet. La pêche
et le
tourisme sont également touchés, mais cela fait l'objet
actuellement
d'une évaluation plus précise, a indiqué mardi le
préfet Jean-Jacques
Brot, affirmant que c'est un "coup dur pour l'économie
guadeloupéenne".
De nombreuses plages publiques et privées ont été
détériorées par le
passage de Dean. (avec AP)