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Le premier
ministre a visité hier la Martinique et la Guadeloupe,
frappées par l'ouragan Dean.

D'ABORD
réconforter les habitants. « Je suis venu vous dire que
la nation française tout entière est derrière
vous. »
Arrivé hier en Martinique, en compagnie du secrétaire
d'État à
l'Outre-mer, Christian Estrosi, François Fillon s'est
immédiatement
rendu dans le sud de l'île, la partie la plus touchée par
le passage du
cyclone Dean, la semaine dernière.
Sainte-Luce, Le Marin,
Sainte-Anne... Dans ces communes, les vents ont
souvent soufflé à plus de 180 km/h, occasionnant
d'importants dégâts
que souhaitait constater par lui-même le premier ministre. Il a
été
servi. Sur les hauteurs de Rivière-Pilote, dans
l'intérieur des terres,
même les toits des maisons ont été emportés.
Bananeraies ravagées,
arbres arrachés ou cassés, cabanes envolées, la
commune, fief des
indépendantistes martiniquais d'Alfred Marie-Jeanne, a subi de
plein
fouet le passage de l'ouragan.
«Programme de
reconstruction»
L'occasion pour le
premier ministre d'une petite mise au point. « Je
ne suis pas venu pour faire des effets d'annonce ou simplement pour
exprimer de la compassion, mais pour mettre en place un programme de
reconstruction et de réparation de la Martinique, a-t-il expliqué
dans les locaux de la mairie de Rivière-Pilote, aux
côtés d'Alfred
Marie-Jeanne justement, actuel président du Conseil
régional de l'île. Je
reviendrai avant la fin de l'année pour constater que tout a
été fait
et pour faire avec vous le bilan de ce qui a été
entrepris. »
Au nom de la « culture du
résultat »
qu'il partage « avec
le président de la République et Christian (Estrosi) », François Fillon s'est donc
engagé « à
faire en sorte que, dans quelques mois, on ne parle plus du cyclone
Dean ». Un discours
accueilli dans les rues de Rivière-Pilote par un mélange
de satisfaction et de scepticisme. « C'est très bien que
le premier ministre se déplace. On est gâté, lance Gilbert, 40 ans. Mais,
on attend de voir. Cela fait déjà six jours que, pour
nous, c'est la
débrouille. Nous n'avons plus ni eau, ni
électricité et en plus les
prix de certaines denrées comme le pain ont quasiment
doublé. »
La visite du premier
ministre n'est en tout cas pas passée inaperçue
dans les rues de cette commune de 12 000 habitants où
aucun chef du
gouvernement ne s'était rendu depuis 1971. Autour de la mairie,
sur la
place du marché, une partie de la population se presse au point
d'eau
afin de s'approvisionner. D'autres font la queue devant le
bâtiment
municipal, attendant de faire recenser les dégâts subis.
Pour les
situations d'extrême urgence, des tickets de rationnement sont
prévus.
Tous les Martiniquais
n'auront toutefois pas besoin d'y recourir. Eau
potable, électricité et téléphone sont
rétablis petit à petit dans
l'ensemble de l'île. Pierre Gadonneix, le président d'EDF,
de passage à
Fort-de-France pour soutenir ses équipes, prévoit ainsi
que 75 % des
abonnés seront raccordés avant la fin de la semaine et
95 % d'ici à la
fin du mois.
De son
côté, après avoir apporté son soutien aux
sinistrés, aux
professionnels du tourisme et aux exploitants agricoles dont les
plantations ont particulièrement souffert, François
Fillon s'est envolé
pour la Guadeloupe en début d'après-midi.
De notre
envoyé spécial en Martinique JEAN-MARC PHILIBERT.
Publié
le 23 août 2007
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