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Au secours !
La
Martinique est devenue une terre de violence et d’arbitraire
absolue
Depuis
quelques temps nous entendons les cris de désespoir de jeunes
martiniquais
constamment agressés par des policiers lesquels s’empressent de monter
au
créneau à leur tour pour démentir et se poser en … victime
En
tant d’avocat j’assiste à une montée en puissance de ces agressions
inadmissibles et de ces comportements que l’on peut qualifier
d’arbitraire.
Ainsi
des jeunes qui ont été déjà condamnés sont systématiquement pris à
partie par
des policiers et racontent comment ils sont sans
cesse contrôlés,
harcelés, pour ne pas dire persécutés par ces derniers
qui quand
ils ne trouvent rien font de la provocation…. « Je vous ai à
l’œil untel…
tôt ou tard je vous aurai »
D’autres
jeunes au moindre petit écart sont agressés, molestés, jetés par terre,
menottés puis placés en garde à vue pour ….. Rébellion.
Je
viens pour ma part de vivre l’un des drames les plus surréalistes de ma
carrière d’avocat.
Deux
martiniquais un frère et une sœur ainsi que leur maman âgée
d’une
soixantaine d’années se sont retrouvés au cœur d’une violence
policière
inouïe qui leur vaut d’être poursuivis devant le tribunal correctionnel
pour
violence sur personne dépositaire de l’autorité.
Cette
mère et cette sœur n’ont pu s’empêcher d’intervenir pour tenter
d’arrêter
l’agression parfaitement inadmissible dont était victime leur fils et
frère simplement parce qu’il avait refusé d’accepter une
contravention au
demeurant fort contestable infligés par trois policiers ou
plutôt » ces
dépositaires de l’autorité publique ».
Les
faits se déroulant à proximité d’un marché, les personnes présentes
s’insurgent
contre l’agressivité des policiers et cela crée un début
d’émeute.
Au vu de l’état des deux femmes qui sont couvertes de bleus,
les pompiers
sont appelés et elles sont conduites à l’hôpital de la Meynard par les
pompiers
après que leur fils et frère ait été molesté, menotté et jeté
dans un
fourgon de police pour être placé en garde à vue.
Alors
qu’elle attendait aux urgences de la Meynard pour être examinée la sœur
sera de manière fort violente agressée par les
forces dites de
l’ordre
En
effet, ces policiers au prétexte de l’auditionner
sont allés la
chercher dans l’enceinte des urgences de l’hôpital, pour
l’inviter à se
présenter au poste de police. Devant le refus de la jeune
femme quitter
les lieux avant d’avoir été examinée par un médecin, ils
s’emparent
d’elle, la jette par terre, lui passe les menottes puis la balance
comme
un sac de patate dans le fourgon de police qui la conduit
dans les
locaux de la police où on elle est placée en garde
à vue pour…
rébellion
Ce
frère et cette sœur vont faire l’objet de pas moins de 48
heures de garde
à vue ! Il est clair qu’on veut leur faire payer le début
d’émeute qui
s’est produit lors de l’arrestation musclée du
frère. Et puis
surtout on veut les casser les contraindre par une
longue garde à
vue à faire reconnaître à tout prix que ce seraient eux qui
auraient
agressés les policiers et non pas l’inverse.
Quand
je verrai ces deux personnes et tout particulièrement la jeune femme
dans
locaux du commissariat, je suis sidérée, elle a des bleus sur
les deux
bras et des marques des menottes au niveau des poignets. Elle est en
état de
choc et peux à peine s’exprimer tant elle semble souffrir moralement.
Dois-je appeler le procureur de la république qui a autorité
sur tout ce
petit monde violent ?
Impensable !
ce n’est pas une bonne idée, car pour le Procureur
de la République
française, les « gardés à vue » ont toujours tort.
Déposer une
plainte ? On sait le sort qui leur est réservé quand
des policiers
sont en cause.
Mais
il y a tout de même cette jeune femme qui
traumatisée par
l’agression dont son frère à été victime et par les
conditions de
son arrestation, pleure et pousse même des cris de douleur.
Je
prends alors conscience de l’effroyable impuissance dans laquelle je me
trouve
face à l’injustice et l’arbitraire des corps constitués tout puissants.
Car
trop souvent face à une telle situation l’on baisse les bras. Personne
n’ose en
tout cas dénoncer haut et fort ces exactions de peur de se faire
montrer du
doigt d’être tourné en dérision en ridicule. Ne
sommes nous pas
dans un Etat de droit ?
Je
décide après avoir vu mes clients le 27 novembre 2008 de dénoncer ces
faits
dans la presse, et tant pis pour ceux qui s’estimeront heurtés par la
vérité.
Mais
le pire était à venir !
Le
lendemain j’apprend de la bouche d’un substitut du procureur
fraîchement arrivé
dans mon pays qu’à l’issue de la garde à vue la mère et la
fille
sont convoquées devant le tribunal correctionnel pour
répondre des
violences contre les agents de police, et ce à bref délai (des le lundi
1er
décembre ) sinon… on les fait passer devant le juge des libertés avec
risque
d’incarcération . Par contre ce magistrat m’apprend que
l’homme lui
ira de toute façon dormir en prison !
De
fait, comme promis par ce substitut du procureur qui m’a l’air d’être
aussi
« visionnaire » que ces prédécesseurs dans la
colonie, cet
homme sera placé en détention par le » juge des
libertés ».
Et
voila comment en Martinique on
place en détention au centre pénitentiaire, un homme dont le seul délit
probable serait un outrage consistant en le refus d’
une
contravention
C’est
cela la réalité de ce dossier… de ce pays !!!
Je
suis quant à moi au-delà de la colère, de l’impuissance et ressens avec
une
acuité particulière le mépris dans lequel nous tiennent ces
institutions
exogènes de mon pays.
Le
placement en détention d’un homme dans de telles circonstances démontre
que
nous sommes bel et bien entrés dans une ère d’arbitraire pur
et dur
Car
cette histoire, pour surréaliste qu’elle paraît,
tend à se
banaliser, puisqu’elle se reproduit quasi quotidiennement surtout
depuis que
SARKOZY a instauré un système de récompenses de primes pour
les policiers
en fonction du nombre d’infractions relevées.
Au
secours ! Il y a danger pour tous les martiniquais dans la
colonie. Nous
voilà tout potentiellement des futurs rebelles à l’ordre
sarkosiste des
délinquants en puissance!!
Devrons
nous désormais dire à nos enfants de ne surtout pas regarder un
policier de
travers sinon « il te tabassera en toute impunité puis te
traînera
devant le juge qui te sanctionnera car….. La force reste
à
la Loi. »
Je
parie qu’il y en a qui le dirons !
Je
suis tout aussi sure que les chiens vont continuer à se taire
dans la
colonie Martinique, qu’importe si le « collier dont
ils sont
attachés » se resserrent de jour en jour » il suffit
que l’illusion
de bien être pour certain et de pouvoir pour d’autres
perdurent et…. tout
va bien.
Triste
Martinique quel destin prépares tu à tes enfants ?
Foyal
Matinik le 28 novembre 2008
C.
DUHAMEL
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