Grégory
Toussaint déshabille Jézabel
Le Pasteur
Grégory Toussaint a
été au Rex Théâtre le 30 mars écoulé. Il venait terminer une croisade
d’évangélisation lancée à Miami sur le thème « Dezabiye Jezabel ».
Ce thème
traduit par « Jézabel mise à nu » est
aussi le titre du dernier ouvrage signé par le révérend aux allures de
star
dans le vestibule du Rex.
Ce
dimanche-là, on s’attendait à une maigre
vente-signature, vu le prix du livre, 450 gourdes. Mais, agréable
surprise,
plus d’un faisaient la queue, avec sous le bras pour certains un paquet
du
dernier livre de Grégory Toussaint « Jézabel mise à nu », traduit de
l’anglais
« Jezabel unveiled ». Entouré de deux policiers et de son garde du
corps
personnel, le pasteur, dont la voix grave contraste avec la jeunesse,
dédicace
à tour de bras. Infatigable.
A l’intérieur
du Rex, à moitié plein depuis 2h de
l’après-midi, la plupart ont un bouquin en main, comme s’il s’agissait
d’une
distribution gratuite. Or le livre est relativement cher. Mais les fans
de Greg
n’en ont cure et, la tête plongée dans leur livre, ils apprennent
plutôt
comment déshabiller Jézabel, cet esprit que le révérend décrit comme le
diable
lui-même, mais en jupon.
« Il ne
s’agit pas de la cruelle Jézabel
historique, mais d’un puissant esprit démoniaque qui sévit dans
plusieurs
cultures et connu en Haïti sous le nom d’Erzulie Danthor », précise le
pasteur
haïtianno-américain dont la venue était précédée de ce que certains
qualifient
de vaste opération marketing.
Celle-ci a
été très médiatisée tant au niveau de la
radio que de la télé, annoncée durant deux semaines sur la station
évangélique
Radio Lumière et à la Télévision Nationale d’Haïti.
Pendant la
semaine du 16 au 23 mars dernier,
Grégory Toussaint avait lancé sa croisade d’évangélisation dans son
église, le
Tabernacle de Gloire. Une croisade que Radio Lumière avait retransmise
et qui
avait mobilisé le secteur évangélique en vue de la venue du phénomène
Greg. La
TNH, de son côté, avait diffusé des annonces publicitaires où l’esprit
de
Jézabel était identifié comme le principal problème d’Haïti, l’ennemi à
abattre
par la prière et le jeûne.
Grégory
Toussaint était venu dimanche (30 mars)
corroborer cette thèse. Lors de son sermon sur les planchers du Rex, il
avait
avancé que les multiples problèmes que connaît le pays actuellement –
comme
l’occupation, le kidnapping et l’incapacité du pays de se gouverner –
sont le
fait de Jézabel. Pasteur Greg a référé son auditoire au livre des
Juges, dans la
Bible, et l’a invité à faire une comparaison avec l’histoire d’Haïti.
« Le peuple
haïtien connaît le même problème que le
peuple d’Israël dans l’Antiquité : l’idolâtrie, indique Grégory
Toussaint. « A
chaque fois que les Israélites se détournaient de Dieu pour s’adonner
au culte
des idoles, Dieu les livrait aux nations étrangères pour les opprimer
et les
diriger. Il n’y a pas de grande différence avec notre situation
actuelle »,
explique le fougueux révérend qui voit en Jézabel cet esprit
d’idolâtrie.
Plus loin,
l’évangéliste montre l’urgence de se
débarrasser de l’esprit d’Erzulie, qui est la figure haïtienne de
Jézabel. «
Erzulie a mis ses griffes sur ce pays, depuis sa participation à la
cérémonie
du Bois-Caïman au cours de laquelle les esclaves révoltés avaient
tacitement
signé un pacte avec elle », a révélé Grégory Toussaint qui en appelle à
la
mobilisation des femmes chrétiennes pour chasser cet esprit « qui aime
surtout
se servir des femmes pour accomplir ses forfaits ».
Le Rex s’est
mué en une vaste église, entre service
d’adoration et témoignages. Les chrétiens présents ont été édifiés par
le
témoignage de Reine Cynthia, naguère connue à Miami comme organisatrice
d’un
grand festival de musique haïtienne. Celle qui dit être aujourd’hui une
ambassadrice
pour Christ révèle avoir accepté Christ après qu’il l’ait délivré des
vingt-et-un démons qui la persécutaient.
Bien avant de
fonder en 2004 son Tabernacle de
Gloire, église multiculturelle située en Floride, Gregory Toussaint a
d’abord
été évangéliste itinérant pendant 15 ans. Son ministère l’a conduit à
travers
les Etats-Unis, au Canada et en Europe où il a livré divers sermons
notamment
dans des centres universitaires. Il détient un diplôme en comptabilité
de York
College, une Maîtrise en étude de l’ancien testament du Séminaire
théologique
de Dallas et a poursuivi des études post-graduées en Théologie et
Ethiques à
Paris et à Salamanque, en Espagne.
Le jeune
pasteur, qui parle couramment le créole,
l’anglais, le français et l’espagnol, annonce qu’il reviendra en Haïti
avec une
nouvelle mission : mettre Jézabel à la porte.
Jonel Juste
source
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Erzulie Dantor

Le
vaudou connaît une Erzulie sous différents hypostases
Erzulie
Fredda Dahomey, est le loa
de l'amour dans le
rite « Rada »; Erzulie Zila,
loa de l'amour dans le
rite Zandor; et Erzulie Dantor, loa de
l'amour, protecteur des
femmes ainsi que de leurs enfants dans le rite
« Petro ». de ces
trois avatars
d’Erzulie dorment un même
loa..
Erzulie Dantor fait partie
de la famille Pétro
dont l’origine est l’Afrique centrale. Elle personnifie l'amour
passion, à la
fois créateur et destructeur. Son élément est le feu et son symbole est
un cœur
transpercé d'un poignard. Elle est représentée par la vierge noire
qu’on nomme
aussi vierge des douleurs. Son visage est balafré, c’est une guerrière
et son
comportement sera d'une grande violence. C’est la patronne des
lesbiennes
Symbolisme et
gastronomie
Le
mardi et le vendredi lui est consacré
et sa nourriture :
Riz collé au pois de couleur noire, banane pesée, griot à base de
viande de
porc, café noir sucré, cigarette. Fruits: raisin rouge, orange,
clémentine.
Boissons :
Cinzano, Tia Maria, Grand-Marnier, vin rouge sucré, sirop de grenadine
de
couleur rouge. Couleurs :
Bleu royal ou rouge. Parfum :
Florida, Rêve d’or. Objets
utilisés : Foulard de couleur bleu royal, bougie bleue ou
rouge, poignard,
bouquet de fleurs à rose rouge. Pierre
précieuse : Argent.
Autres avatars
Grânn Erzulie, la grand mère, la femme âgée. Erzulie Gé rouge, "yeux rouges", l'amoureuse
jalouse. Erzulie Mapyang, l'amoureuse violente et
malfaisante. Erzulie Kaoulo, l'amoureuse en colère.
Les
expulsés des pays nord-américains face au phénomène du kidnapping
L’historien français
Christophe Wargny reconnaît le poids des délinquants, d’origine
haïtienne,
déportés par les pays nord-américains dans l’alimentation du phénomène
de
l’insécurité en Haïti, dans une interview à Radio France Internationale
(RFI).
« Ce sont presque
exclusivement des enlèvements crapuleux, même si certaines bandes
peuvent
parfois se réclamer de l’ancien président Aristide. Mais, c’est
essentiellement
crapuleux et c’est aussi alimenté par le fait que les Américains
expulsent les
délinquants haïtiens vers leur pays d’origine », considère
Christophe
Wargny dans cette interview à RFI.
Opinant sur le regain des
enlèvements crapuleux à Port-au-Prince, Christophe Wargny, ancien allié
de
l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, estime que, tant qu’on n’a
pas
trouvé des solutions de front, cette situation d’insécurité perdurera
en Haïti.
Auteur de « Haïti
n’existe pas », Wargny affirme que « dans une île qui
n’a pas besoin
de cela », les déportés apportent leur cerveau aussi bien que
leur
capacité de nuire.
Christophe Wargny s’en
est, par ailleurs, pris à la classe politique haïtienne qui, à ses
yeux, est
« une classe politique qui ne vaut pas grand-chose ».
En Haïti « un certain
nombre d’élus cherchent sans doute à se placer, à montrer qu’ils sont
proches
des préoccupations populaires », admet Wargny.
Pourtant, ils n’ont rien
fait, selon lui, pour améliorer les conditions de vie de la population.
Avec ses milliers de
casques bleus et policiers, la Mission de stabilisation des Nations
Unies en
Haïti (Minustah) serait inefficace, aux yeux de Christophe Wargny.
« La productivité de
la Minustah avec ses 9 mille soldats et policiers est une productivité
très
faible », juge Wargny.
De sources officielles, de
janvier à mars 2008, une soixantaine de cas d’enlèvements ont été
recensés en
Haïti, la plupart à Port-au-Prince, la capitale.
De retour à
Port-au-Prince, le mardi 11 mars 2008, après sa participation au Sommet
du
Groupe de Rio à Santo Domingo, le premier ministre Jacques Edouard
Alexis a
indexé les déportés nord-américains dans l’intensification du phénomène
du
kidnapping en Haïti.
Des informations
laisseraient croire que certains kidnappeurs, en costume, ne peuvent
même pas
s’exprimer en Créole ni en Français, les deux langues officiellement
reconnues
par la Constitution haïtienne.
Des informations,
relatives au kidnapping et attribuées aux services de sécurité des
Nations
Unies, seraient en circulation sur Internet. De telles informations
sont
démenties par la Minustah dans un communiqué publié le 11 mars 2008.
« Le
service de
sécurité des Nations Unies n’a pas émis une telle note, ni les
consignes qui
l’accompagnent », écrit la Minustah qui annonce l’ouverture
d’une enquête
pour identifier l’origine et l’auteur de ces informations.
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