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ÉCRITURE
LES TÉNÈBRES
EXTÉRIEURES
RAPHAËL
CONFIANT
En
librairie le 15 octobre 2008 432 pages –
20,95 €
Profession
dictateur

En 1957,
François
Duvalier, dit Papa Doc, devient président de la première République
noire du
monde moderne, l’île d’Haïti. Depuis l’indépendance, le pays a connu
une
succession de coups d’État qui l’ont laissé exsangue. François Duvalier
sera
l’un des rares dirigeants à instaurer un pouvoir pérenne, laissant à sa
mort le
pouvoir à son fils, « Baby Doc ». Entre Tontons macoutes (miliciens au
service
du régime) et culte vaudou, culture française raffinée et démesure
créole, une
dictature insolite s’établit dans cette île des Caraïbes, à la fois
proche mais
différente de celle régnant dans les régimes latino-américains de
l’époque.
Raphaël
Confiant campe
le personnage de Papa Doc et de ses principaux collaborateurs et
pénètre dans
les arcanes d’un régime qui, de l’extérieur, put paraître ubuesque ou
folklorique, mais ne fut que le reflet de l’histoire extraordinaire et
tragique
d’Haïti. En contrepoint, il met en scène la résistance à la dictature
au
travers de personnages tels que l’écrivain Esteban Jacques qui, à la
tête d’un
commando, débarquera dans le nord de l’île pour tenter d’y établir un
foyer de
guérilla, ou du romancier et peintre Mark Estienne, résistant de
l’intérieur.
Les
Ténèbres
extérieures est aussi le
portrait du petit peuple haïtien dont la survie relève du miracle :
vendeurs à
la sauvette, joueurs professionnels de loterie, prostituées, paysans
déracinés…
C’est enfin une méditation sur la force corruptrice et la démence à
l’œuvre
dans tout pouvoir absolu.
Cinquante
ans après le
coup d’État manqué de 1958, qui permit à Papa Doc de consolider son
pouvoir,
Raphaël Confiant nous donne à lire un récit
qui – pour la première fois en langue française – s’inscrit dans la
veine
latino-américaine des « romans de dictateur » illustrée par Miguel
Angel
Asturias (Monsieur
le Président,
sur
Cabrera), Gabriel Garcia
Marquez (L’Automne
du
patriarche, sur Pinochet), Roa
Bastos et Vargas Llosa (La Fête
au bouc, sur Trujillo).
Une
fresque haute
en couleur, lyrique et foisonnante,
dans
le style
franco-créole qui a fait la renommée de Confiant.
Né en 1951 à
la Martinique, l’un des chefs de file du mouvement littéraire de la
Créolité
avec Patrick Chamoiseau et Jean Bernabé, Raphaël Confiant
a d’abord
publié des textes en langue créole, avant de rencontrer le succès avec
ses
romans en français, parus notamment aux éditions Grasset (Le
Nègre et
l’Amiral, prix Antigone 1988 ; Eau de café,
prix Novembre 1991)
et au Mercure de France (Adèle et la Pacotilleuse,
2005). Les éditions
Écriture ont publié sa « trilogie sucrière » (Commandeur du
sucre,
Régisseur du rhum et La Dissidence),
son essai-manifeste Aimé
Césaire, une traversée paradoxale du siècle (2006) et son
récit Nègre
marron (2006).
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