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logo avril 2008 de Pyepimanla le Magazine Antillais



Le passé, le présent, le futur...

 fleurs rouge

Le jour qui passe m’agace de toi, femme prodige que jamais ne m’a laissé entr’apercevoir son intimité, je ne pus que spéculer, la réinventer, la recréer. Qui était-elle au fond, je n’en sus jamais rien. Mais je crois que le destin nous amène vers ces rencontres qui vous modifient pour votre douleur, car vous l’aimez encore, pour votre malheur car vous l’aimez encore. Vous la voyez vous tirer la langue, vous parler encore de sa voix cristalline et sonore aux intonations changeantes où vos mots emballaient son cœur et sa voix montait dans les aiguës. Puis vous  vous surprenez à regarder une autre la ressemblant, aussi grande fait du même moule, une princesse, une vraie du Bénin, vous la chercher en elle, vous retrouvez un peu d’elle, mais si peu, et vous disparaissez comme un voleur hors de sa vie, d’ailleurs il n’y avait que si peu de place pour vous. Et le temps et leur sourire se distingue, se distincte. Les jours passent, vous apprenez à vivre sans elles, sans leurs éclats de rire, sans les échanges, quoique chaque jour quand vous vous retrouvez avec vous-même des rémanences d’elles surgissent à l’improviste et vous souriez et oubliez.  C’est le passé, et vous vous surprenez à regarder une jeune femme dont vous pourriez être le père, elle vous emplit, ses sourires touchent votre cœur, mais vos réticences persistent, elle vous accompagne partout autant faire se peut, le lieu joue son rôle, il n’y a ni jeune ni vieux, il n’y a que des gens en détresse, les barrières tombent et vous vous retrouvez dans son lit au grand dam de vos copains, subitement, vous évitent comme si vous aviez la gale, des petites phrases vipérines fusent de leur bouche, rien n'est dit, tout est sous-entendu, mais vous ne vous êtes jamais caché, ceux qui n'ont rien vu, c'est qu'il ne volaient rien voir, puis vous étiez dans son lit lorsqu’ils venaient frapper à sa porte lui apporter de l’argent, elle avait beau refuser, mais afin d’abréger la discussion, elle finissait par accepter, pour vous rejoindre au plus vite. De l’argent, elle n’en avait pas besoin, vous y pourvoyez. Vous la regardez elle est tellement belle, sensible, quand elle est dans vos bras, c'est toute une magie qui se dégage,  elle vous fait oublier ce passé, elle  est le présent, mais sans doute pas le futur, car en permanence le destin se joue de moi.

 

Evariste Zephyrin