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Le
passé, le présent, le futur...

Le jour qui
passe m’agace de toi, femme prodige que jamais ne m’a laissé
entr’apercevoir son intimité, je ne pus que spéculer, la réinventer, la
recréer.
Qui était-elle au fond, je n’en sus jamais rien. Mais je crois que le
destin
nous amène vers ces rencontres qui vous modifient pour votre douleur,
car vous
l’aimez encore, pour votre malheur car vous l’aimez encore. Vous la
voyez vous
tirer la langue, vous parler encore de sa voix cristalline et sonore
aux
intonations changeantes où vos mots emballaient son cœur et sa voix
montait
dans les aiguës. Puis vous vous surprenez à regarder une
autre la
ressemblant, aussi grande fait du même moule, une princesse, une vraie
du
Bénin, vous la chercher en elle, vous retrouvez un peu d’elle, mais si
peu, et
vous disparaissez comme un voleur hors de sa vie, d’ailleurs il n’y
avait que
si peu de place pour vous. Et le temps et leur sourire se distingue, se
distincte. Les jours passent, vous apprenez à vivre sans elles, sans
leurs
éclats de rire, sans les échanges, quoique chaque jour quand vous vous
retrouvez
avec vous-même des rémanences d’elles surgissent à l’improviste et vous
souriez
et oubliez. C’est le passé, et vous vous surprenez à regarder
une jeune
femme dont vous pourriez être le père, elle vous emplit, ses sourires
touchent
votre cœur, mais vos réticences persistent, elle vous accompagne
partout autant
faire se peut, le lieu joue son rôle, il n’y a ni jeune ni vieux, il
n’y a que
des gens en détresse, les barrières tombent et vous vous retrouvez dans
son lit au
grand dam de vos copains, subitement, vous évitent comme si vous aviez
la gale,
des petites phrases vipérines fusent de leur bouche, rien n'est dit,
tout est
sous-entendu, mais vous ne vous êtes jamais caché, ceux qui n'ont rien
vu,
c'est qu'il ne volaient rien voir, puis vous étiez dans son lit
lorsqu’ils
venaient frapper à sa porte lui apporter de l’argent, elle avait beau
refuser,
mais afin d’abréger la discussion, elle finissait par accepter,
pour vous
rejoindre au plus vite. De l’argent, elle n’en avait pas besoin, vous y
pourvoyez. Vous la
regardez elle est tellement belle, sensible, quand elle est dans vos
bras,
c'est toute une magie qui se dégage, elle vous fait oublier
ce passé, elle est le
présent, mais sans doute pas le futur, car en permanence le destin se
joue de
moi.
Evariste
Zephyrin
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