logo



Accueil 
Actualités
 Archives
Forum Contact

   

La réponse envoyée à Patrick Karam et au Collectifdom
par
Afrikan History


Mesdames, Messieurs,
 
Votre collectif s’est donné comme mission de défendre les intérêts des originaires des DOM TOM dans toutes les formes de discrimination dont ils font l'objet, notamment les discriminations raciales qui touchent les noirs en ce sens, vous devez être proche et solidaire de toutes les discriminations, apparemment vous intéressez aussi à l’histoire !
 
En parlant du Ministre de l’intérieur sur votre site Internet, vous avez dit : « Le Collectif des Antillais Guyanais Réunionnais le remercie pour son courage » : Je ne vois pas en quoi nous devons remercier un homme politique alors qu’aucune décision n’a été prise. Le courage politique aurait consisté pour le Ministre de l’Outre-Mer, membre de l’UMP qui dispose de la majorité au Parlement de mettre le vote de cette date à l’ordre du jour. Je vois que vous contribuez à faire la propagande d’un Ministre dont les propos expriment à longueur de journée une véritable haine à l’égard des africains et des noirs d’une manière générale. Vous êtes bien les seuls à continuer à faire la différence entre noirs des Antilles et noirs d’Afrique, aux yeux des métropolitains, c’est du pareil au même et on a l’impression qu’ils ne savent rien des DOM TOM en dehors des paysages idylliques. Oui, ce sont des départements d’Outre-Mer et en ce sens, ils méritent d’être traités au même pied que les autres départements français.
Vous dites qu’aucun dirigeant africain n’a parlé de cette loi au président Chirac, qu’en savez-vous ? Etiez-vous sur place ? Vous ne souhaitez pas vous substituer aux dirigeants africains, dans ce cas, restons-en à ce qui concerne le développement des DOM TOM, le chômage, l’aménagement du territoire, la construction des écoles, des Instituts dignes de ce nom, la formation des élites sur place pour éviter la fuite des cerveaux… Je pense qu’il y a à faire.

Aujourd’hui, plusieurs antillais ne croient plus que leurs ancêtres étaient des gaulois et cherchent à connaître l’histoire du peuple noir et comment elle a évolué. Contrairement à ce que vous croyez, « les Noirs des Antilles, de la Guyane ou de la réunion, et les Noirs venant d’Afrique ne défendent pas des principes identitaires différents, voire opposés lorsque la religion est différente ».  Par contre, ces français, originaires d’Afrique et des DOM TOM ont en commun la couleur de leur peau, ce qui leur vaut au quotidien toute sorte de discrimination, raison de plus pour en discuter et interpeller le gouvernement à ce sujet.

Je trouve la réaction de Patrick Karam au sujet de la création du CRAN très excessive, laissons à ce collectif le temps d’atteindre ses objectifs. Avez-vous peur de ne plus avoir des adhérents ? Ne semez pas inutilement le trouble et la zizanie, car on peut en même temps être noir français et faire valoir ses droits et mieux connaître l’histoire de ses ancêtres, être un membre du collectif des DOM et du CRAN, être dans l’un et pas dans l’autre, ne pas faire partie des deux…, J’invite les originaires des DOM TOM à écrire directement au Ministre de l’Outre-mer pour faire valoir leurs droits. C’est bien le seul qui a une légitimité, il a été nommé par le président de la République, plutôt que de s’adresser aux pseudo-porte-parole.

Donnez aux antillais l’envie de faire partie de votre collectif au lieu de développer un raciste anti-africain. Qui êtes-vous pour donner des leçons ? On est en France, chacun est libre d’adhérer au mouvement qui lui ressemble le plus, les domiens sont des personnes majeures et ne vous appartiennent pas. Les pays africains ont été comme les départements de l’Outre-mer des colonies françaises, si rôle positif de la colonisation, il y a eu, c’est au niveau de l’Hexagone car celle-ci a contribué au développement de la France au même titre de l’esclavage.
 
Votre mouvement ne semble pas être très représentatif des antillais qui eux ont bien compris les intentions du Ministre et ont manifesté contre sa venue en Martinique. Continuez à louer son courage, que le ministre et le président de la république soit favorables à une journée du souvenir pour les esclaves commémorée par l’ensemble de la population, et votée par le parlement, c’est le minimum que nous attendons d’eux et ce n’est pas un acte de courage.

Afrikan History
28/12/2005