Mesdames,
Messieurs,
Votre collectif s’est donné comme mission de défendre les
intérêts des
originaires des DOM TOM dans toutes les formes de discrimination dont
ils font
l'objet, notamment les discriminations raciales qui touchent les noirs
en ce
sens, vous devez être proche et solidaire de toutes les
discriminations,
apparemment vous intéressez aussi à l’histoire !
En parlant du Ministre de l’intérieur sur votre site Internet,
vous avez dit :
« Le Collectif des Antillais Guyanais Réunionnais le
remercie pour son courage
» : Je ne vois pas en quoi nous devons remercier un homme
politique alors
qu’aucune décision n’a été prise. Le courage
politique aurait consisté pour le
Ministre de l’Outre-Mer, membre de l’UMP qui dispose de la
majorité au
Parlement de mettre le vote de cette date à l’ordre du jour. Je
vois que vous
contribuez à faire la propagande d’un Ministre dont les propos
expriment à
longueur de journée une véritable haine à
l’égard des africains et des noirs
d’une manière générale. Vous êtes bien les
seuls à continuer à faire la
différence entre noirs des Antilles et noirs d’Afrique, aux yeux
des
métropolitains, c’est du pareil au même et on a
l’impression qu’ils ne savent
rien des DOM TOM en dehors des paysages idylliques. Oui, ce sont des
départements d’Outre-Mer et en ce sens, ils méritent
d’être traités au même
pied que les autres départements français.
Vous dites qu’aucun dirigeant africain n’a parlé de cette loi au
président
Chirac, qu’en savez-vous ? Etiez-vous sur place ? Vous ne souhaitez pas
vous
substituer aux dirigeants africains, dans ce cas, restons-en à
ce qui concerne
le développement des DOM TOM, le chômage,
l’aménagement du territoire, la
construction des écoles, des Instituts dignes de ce nom, la
formation des
élites sur place pour éviter la fuite des cerveaux… Je
pense qu’il y a à faire.
Aujourd’hui,
plusieurs antillais ne croient plus que leurs ancêtres
étaient des gaulois et
cherchent à connaître l’histoire du peuple noir et comment
elle a évolué.
Contrairement à ce que vous croyez, « les Noirs des
Antilles, de la Guyane ou
de la réunion, et les Noirs venant d’Afrique ne défendent
pas des principes
identitaires différents, voire opposés lorsque la
religion est différente ». Par
contre, ces français, originaires d’Afrique et des DOM TOM ont
en commun la
couleur de leur peau, ce qui leur vaut au quotidien toute sorte de
discrimination, raison de plus pour en discuter et interpeller le
gouvernement
à ce sujet.
Je trouve
la réaction de Patrick Karam au sujet de la
création du CRAN très
excessive, laissons à ce collectif le temps d’atteindre ses
objectifs.
Avez-vous peur de ne plus avoir des adhérents ? Ne semez pas
inutilement le
trouble et la zizanie, car on peut en même temps être noir
français et faire
valoir ses droits et mieux connaître l’histoire de ses
ancêtres, être un membre
du collectif des DOM et du CRAN, être dans l’un et pas dans
l’autre, ne pas
faire partie des deux…, J’invite les originaires des DOM TOM à
écrire directement
au Ministre de l’Outre-mer pour faire valoir leurs droits. C’est bien
le seul
qui a une légitimité, il a été nommé
par le président de la République, plutôt
que de s’adresser aux pseudo-porte-parole.
Donnez
aux antillais l’envie de faire partie de votre collectif au lieu
de
développer un raciste anti-africain. Qui êtes-vous pour
donner des leçons ? On
est en France, chacun est libre d’adhérer au mouvement qui lui
ressemble le
plus, les domiens sont des personnes majeures et ne vous appartiennent
pas. Les
pays africains ont été comme les départements de
l’Outre-mer des colonies
françaises, si rôle positif de la colonisation, il y a eu,
c’est au niveau de
l’Hexagone car celle-ci a contribué au développement de
la France au même titre
de l’esclavage.
Votre mouvement ne semble pas être très
représentatif des antillais qui eux ont
bien compris les intentions du Ministre et ont manifesté contre
sa venue en
Martinique. Continuez à louer son courage, que le ministre et le
président de
la république soit favorables à une journée du
souvenir pour les esclaves
commémorée par l’ensemble de la population, et
votée par le parlement, c’est le
minimum que nous attendons d’eux et ce n’est pas un acte de courage.
Afrikan History
28/12/2005