Monsieur
BENISTI s'était déjà fait remarquer il y a un an
avec un pré-rapport à la
syntaxe douteuse sur la prévention de la délinquance qui
pointait le
bilinguisme comme cause univoque des phénomènes de
délinquance, et ses
déclarations concernant la jeunesse issue de l'immigration;
Aujourd'hui, il récidive
dans
la version définitive de son rapport remis récemment
à Nicolas SARKOZY.
On y retrouve la logique
de stigmatisation des populations en difficultés comme
potentiellement
délinquante.
On y réaffirme la
volonté
de remettre en cause les fondements du travail social au travers de
l'instrumentalisation sécuritaire des services sociaux et
médico-sociaux
chargés non plus d'aider mais de repérer les
déviants et de les signaler.
On y retrouve en pratique
l'essentiel des préconisations qui étaient contenues dans
l'avant-projet de loi
de Nicolas SARKOZY de Décembre 2003.
Placer le Maire au coeur
de la prévention en mettant sous ses ordres les services sociaux
spécialisés,
la protection maternelle et infantile et la santé scolaire.
SARKOZY voulait imposer
aux travailleurs sociaux l'obligation de signaler au maire "toute
personne
en difficulté sociale éducative ou personnel".
BENISITI propose la
définition "d'un secret partagé entre les travailleurs
sociaux e tle
Maire" !!! en les plaçant sous son autorité
administrative.
Dans la réalité,
pour le
maire c'est un droit d'accès aux données personnelles,
familiales, déposées par
les usagers auprès des services sociaux et médico-sociaux
qui serait instauré.
Les Services sociaux et
médico-sociaux verraient ainsi leur mission d'aide et
d'accompagnement dans le
respect des familles évoluer vers une politique de
contrôle, et les
professionnels concernés deviendraient de fait des agents de ce
que l'on
pourrait appeler un service de renseignements généraux
"social"
chargé de constituer pour les comptes des "autorités" un
véritable
casier social.
Le rattachement prévu aux
contrats locaux de sécurité témoigne de cette
approche policière, déjà inscrite
dans les dispositifs de veille ou de réussite du plan BORLOO.
La mise en place d'un
référent unique, nommé par le Maire, qui suivrait
l'enfant viendrait compléter
ce dispositif de police des familles.
Enfin, en matière de
dépistage c'est l'ensemble de la communauté scolaire mais
aussi tout les
professionnels de la petite enfance qui sont invités à
repérer les futurs
délinquants dès la crèche.
Le récent rapport de
l'INSERM sur le trouble des conduites, au caractère scientiste,
insistant sur
les facteurs génétiques vient ici servir de caution
à des orientations ou la
prévention se transforme en prédiction sur la base de
"facteurs de
risques" ouvrant comme perspective thérapeutique les
psychotropes ou les
rééducations comportementales, en dehors de toute prise
en compte de la
singularité de chaque individu.
Les mêmes concepts sont
enfin développés dans le cadre du débat qui
s'annonce sur la protection de
l'enfance, notamment dans le rapport des députés
BLOCHE-PECRESSE qui préconise
... Le Maire au centre du dispositif, la nomination d'un
référent ... et
l'obligation de signalement.
IL Y A DANGER
Déjà, de nombreux
collectifs se
sont formés et ont commencé le travail d'information et
de sensibilisation.
Nous
appelons l'ensemble des professionnels et
des personnes concernées par ces projets à se rassembler,
à en prendre
connaissance, à interpeler leurs employeurs et leurs élus.
POUR 2006 LA MOBILISATION
S'IMPOSE A TOUS
PREPARONS-LA ENSEMBLE