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Nous
revendiquons pour tout un chacun une pleine et entière
liberté de recherche et
d’expression. Mais il paraît pernicieux de faire l’amalgame entre
un article de
loi éminemment discutable et trois autres lois de nature
radicalement
différente. La première fait d’une position politique le
contenu légal des
enseignements scolaires et il paraît souhaitable de l’abroger.
Les secondes
reconnaissent des faits attestés de génocide ou de crimes
contre l’humanité
afin de lutter contre le déni, et de préserver la
dignité de victimes offensées
par ce déni.
Ces trois lois ne restreignent en rien la liberté de recherche
et d’expression.
Quel historien a donc été empêché par la loi
Gayssot de travailler sur la Shoah
et d’en parler ? Déclarative, la loi du 29 janvier 2001 ne dit
pas l’histoire.
Elle prend acte d’un fait établi par les historiens – le
Génocide des Arméniens
– et s’oppose publiquement à un négationnisme d’Etat
puissant, pervers et
sophistiqué. Quant à la loi Taubira, elle se borne
simplement à reconnaître que
l’esclavage et la traite négrière constituent des crimes
contre l'humanité que
les programmes scolaires et universitaires devront traiter en
conséquence.
Le législateur ne s’est pas immiscé sur le territoire de
l’historien. Il s’y
est adossé pour limiter les dénis afférents
à ces sujets historiques très
spécifiques, qui comportent une dimension criminelle, et qui
font en tant que
tel l’objet de tentatives politiques de travestissements. Ces lois
votées ne
sanctionnent pas des opinions mais reconnaissent et nomment des
délits qui, au
même titre que le racisme, la diffamation ou la diffusion de
fausses
informations, menacent l’ordre public.
L’historien serait-il le seul citoyen à être au-dessus de
la loi ? Jouirait-il
d’un titre qui l’autorise à transgresser avec
désinvolture les règles communes
de notre société ? Là n’est pas l’esprit de la
République où, comme le rappelle
l’article 11 de la déclaration des Droits de l’Homme, «
tout citoyen peut
parler, écrire, imprimer librement, sauf à
répondre de l'abus de cette liberté
dans les cas déterminés par la loi ».
Premier signataires : Yves Ternon, Joël Kotek, Laurent Leylekian,
Marc
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