Un combat
éclate sur la rive, laissant un jeune homme à genoux,
qui demande pitié à son agresseur. Plus loin, des femmes
repoussent les assauts
de mâles en rut. D'autres pataugent dans la rivière avec
leur chargement de
vivres sur la tête, à l'africaine. Des enfants
déguenillés, dont une petite aux
jambes striées de coups de machette, mendient en tendant les
mains. Le climat
est tendu, ponctué de cris et de la pétarade des
motos-taxis. Surtout ne pas
paniquer. J'ai l'habitude de ces zones de non-droit. N'empêche,
ma caméra me
glisse des mains. Et je ne parle pas de ce nœud que j'ai au fond de la
gorge.
La réalité des Haïtiens qui traversent à
gué le río Massacre, dans le viseur de
ma Canon XL1, fait peine à voir.
Que
diable suis-je venu faire ici? Suivre la trace, en vue d'un
documentaire, des immigrants originaires d'Haïti qui font le
voyage vers la
République dominicaine voisine. Un calvaire qui commence dans
bien des cas ici,
sur les rives du río Massacre, au poste-frontière de
Dajabón, dans le nord du
pays. Dans une bringuebalante auto de location, avec pour tout bagage
deux
caméras numériques, un assistant anglophone de 145 kilos,
une travailleuse
sociale dominicaine toute menue et plusieurs caisses de bouteilles
d'eau, je
remonterai le fil de l'histoire. Et suivrai la migration des quelques
dizaines
de milliers d'Haïtiens qui, à cause de
l'insécurité et de la crise au «Ti
Péyi»
(petit pays, en créole), tentent chaque année le passage
en «Dominicani», comme
ils disent.
On aurait
pu choisir les postes-frontières de Jimaní ou d'Elias
Piñas, plus au sud. Mais celui de Dajabón, voie
d'accès vers Cap-Haïtien et
tout le Nord, comporte une dimension historique que n'ont pas les deux
autres.
Il est tristement célèbre pour le massacre, à la
machette, de dizaines de
milliers d'Haïtiens en octobre 1937, ordonné par le
dictateur dominicain Rafael
Leónidas Trujillo - qui fut assassiné par un de ses
soldats en 1961. Le río
Massacre, cette rivière pleine d'ordures, est le symbole de la
ligature sanglante
entre les deux États se partageant l'île d'Hispaniola - et
une frontière de 360
km.
Chaque
jour, des Haïtiens des villages frontaliers traversent la
frontière pour aller vendre des vêtements au
marché, acheter des denrées
devenues rares au pays. Mais il y a aussi bon nombre de familles qui
tombent
dans le piège de recruteurs dominicains et partent travailler
dans les
exploitations agricoles, la construction, la récolte de la canne
à sucre. Ou
pis, vivre dans la rue. Elles le font en espérant trouver une
vie meilleure.
Sauf que le déplacement équivaut au bout du compte
à passer d'un enfer à
l'autre.
Il y a
des Haïtiens partout en République dominicaine - ils sont
entre 500 000 et un million, sur une population d'environ neuf
millions. Vous
en croiserez aux intersections, offrant des bâtons de canne
à sucre ou des
oranges pelées aux automobilistes, slalomant au soleil entre les
véhicules.
Vous remarquerez des femmes de chambre dans les hôtels, des
privilégiées. Mais
vous ne trouverez pas d'Haïtien sur les hauteurs de Santiago -
riche ville de
la province agricole du Cibao - ni dans les belles maisons de
Saint-Domingue,
la capitale, qui donnent sur la mer.
L'Haïtien
errant vit majoritairement, avec sa famille, à
l'extérieur des villes, dans les exploitations agricoles ou non
loin des
chantiers de construction où il travaille. Il vit en marge,
membre d'une
main-d'œuvre sous-payée que l'on veut cacher. Comme une fausse
note au pays du
mérengué et de la bachata. L'Haïtien errant se
glisse dans les interstices du
système, en s'excusant presque de respirer. Et ce système
finit par
l'étouffer...
C'est
à cet esclave des temps modernes et à sa famille que
Carline
Vital et son équipe entendent redonner un peu de dignité.
L'autoritaire jeune
femme dirige l'Organisation des femmes haïtiennes migrantes et
leurs familles
(ODEMIHF) depuis une banlieue de Saint-Domingue, avec des moyens
modestes. Le
minuscule bureau de l'ONG ne paie pas de mine: une seule pièce,
meublée de deux
tables, où le ventilo tourne en permanence. Mais la
ténacité et l'énergie du
groupe forcent le respect. Chaque jour, la dizaine de travailleurs,
éducateurs,
médecins fait l'impossible pour venir en aide aux compatriotes
en détresse.
Aujourd'hui, par contre, Étienne Élironne - la
secrétaire de l'organisme - est
préoccupée. Elle a donné un acompte pour une
maison... que le propriétaire a
vendue à quelqu'un d'autre! Quand elle lui a demandé
d'être remboursée, elle a
obtenu un «Ta gueule, sale Haïtienne. Qu'est-ce que tu peux
faire? Me
poursuivre?» Elle raconte sa mésaventure calmement, comme
si la chose était
entendue.
Belony
Mercy, ingénieur et conseiller juridique de l'ONG, lui
donne une tape amicale sur l'épaule, pour l'encourager. Parce
qu'ici on se
tient, on s'entraide. Il n'est pas surpris d'une telle attitude chez
les
propriétaires. Il a grandi dans un batey, l'un de ces campements
insalubres
situés en bordure des champs de canne à sucre, où
vivent les coupeurs haïtiens.
De taille moyenne, l'œil vif du débrouillard et le sourire
facile, Belony Mercy
est un des rares enfants du batey à exercer une profession
libérale. Le trafic
d'immigrants haïtiens, des jeunes surtout, il connaît bien.
Des guides en font
passer tout le long de la frontière. «Le guide veut
être payé. Le jeune qui
vient travailler, même s'il voulait rentrer, ne pourrait pas: il
doit d'abord
rembourser les coûts du voyage.»
Ce
voyage, dans des camions surchargés, est long et dangereux. Et
les militaires ne se gênent pas pour se graisser la patte au
passage, assure
Belony Mercy. «De Jimaní à Saint-Domingue, par
exemple, le convoi franchira
huit postes. Le chargé de contrôle pourra demander chaque
fois entre 1 000 et 1
500 pesos par tête [entre 50 et 75 dollars] au conducteur. Ce
business existe,
il a toujours existé...»
Les
travailleurs sont «livrés» à un chantier de
construction ou à
une exploitation agricole. D'autres n'ont pas cette chance. Ce sont les
puissantes mafias haïtiennes et dominicaines qui dictent le code.
«Avant de
gagner l'accès au travail, ces jeunes sont obligés de
passer par toutes sortes
d'occupations: certains vivront dans la rue, les filles devront se
prostituer
et d'autres couperont la canne, qu'ils le veuillent ou non.» Ceux
qui tentent
de déroger au code des mafias disparaissent.
Les
conditions de vie et de travail des coupeurs haïtiens en
République dominicaine, pourtant engagés par le Conseil
d'État du sucre, sont
en dessous de tout ce que l'on peut imaginer. Les salaires - souvent en
coupons
alimentaires plutôt qu'en argent - sont misérables: plus
ou moins 3 dollars la
tonne de canne coupée, alors que celle-ci vaut plus de 150
dollars américains
en Bourse!
Au-delà
de l'aspect financier, il y a le statut d'immigrant
temporaire. Quand statut il y a. Seulement 5% des travailleurs
haïtiens
auraient des papiers en règle. Des arrestations au hasard
surviennent chaque
jour sur les chantiers et dans les exploitations agricoles, et les
travailleurs
sont menés manu militari à la frontière - ou
à la prison - la plus proche.
Battus, privés de leurs papiers, séparés de leurs
proches, ces hommes sont
traités comme des animaux. Une dépêche de l'AFP
signalait en août dernier plus
de 2 000 de ces déportations, basées sur la couleur de la
peau, entre la fin de
juillet et la mi-août seulement.
Dans la
petite commune de Gautier, à 40 km environ de
Saint-Domingue, en compagnie d'une équipe de l'ONG, je vais
visiter un batey
«nouveau genre», où l'on construit en dur. Les
coupeurs et leurs familles
habitent de petites maisons qui ressemblent à autant de
boîtes de fibrociment,
d'allure un peu terne... mais propres.
Lucia,
qui y vit en compagnie de cousins et de cousines, s'estime
chanceuse. La jeune femme à la chevelure pleine de bigoudis
vient de la région
de Jacmel, dans le sud d'Haïti. Elle avoue penser chaque jour aux
siens
demeurés là-bas. «Ça me fait de la peine de
savoir que j'ai de quoi manger
alors qu'eux peuvent passer trois jours sans rien avaler. Je demande
à Dieu de
les protéger.» Elle qui étudiait la cuisine, la
couture et d'autres métiers
avant de s'établir à Gautier gagne maintenant sa vie
comme tant d'autres, à
vendre des bricoles - noix de cajou, oranges, journaux, etc. - aux
intersections.
Après
Gautier, il est temps de descendre au fond des choses. Au
bout d'une vingtaine de minutes d'un chemin de terre difficilement
praticable
pour l'auto de location, on distingue le batey La Mula, connu comme
«difficile». Plus personne ne s'aventure sur ce chemin
à pied ou même à vélo:
on a recensé des viols dans les champs, la nuit tombée.
Le feu a aussi été mis
à des plantations. Certains fermiers vont jusqu'à dire
que la pègre dominicaine
serait bien heureuse de régler le problème de
l'immigration en réduisant la
taille et le nombre des exploitations.
Cela
n'empêchera pas Edmonde Ambroise, médecin pour l'ODEMIHF,
de
faire sa tournée hebdomadaire dans le batey, même enceinte
et sous un soleil de
plomb. Née en République dominicaine de parents
haïtiens, elle est allée en
Haïti pour faire ses études de médecine.
Avec un
dispensaire et des services de santé adéquats, les
problèmes qu'elle affronte dans le batey se régleraient
facilement: fièvre,
vers intestinaux, MST, etc. «Dans la majorité des bateyes,
dit-elle, il n'y a
pas d'électricité, pas d'eau potable et encore moins
d'écoles.» Les familles
n'ont pas de loisirs, donc aussitôt le travail terminé, on
se met au lit. Ce
qui explique le taux de natalité astronomique. Montrant du doigt
un groupe de
jeunes filles dépenaillées, elle poursuit: «Ces
petites-là n'ont pas
d'identité, pas de papiers. Elles n'ont pas la
possibilité d'obtenir une bonne
éducation.»
Parfois,
des ONG leur apportent de la nourriture. «Ces gens sont
dans des nécessités très grandes», dit la
Dre Ambroise. Effectivement, les
coupeurs sont maigres et semblent épuisés. Tout comme
leurs femmes, assises par
terre avec leurs petits. Elle les connaît tous personnellement,
s'informe des
absents, chatouille les petites têtes crépues en riant.
Ces
familles sont la preuve que l'esclavage perdure à quelques
heures d'avion de Montréal. Ces Haïtiens en exil habitent
des taudis en bois
pourri et en tôle rouillée. Quelques bateyes seulement ont
des latrines
communes, et chaque fois il s'agit d'une victoire sur l'employeur.
Quand il
pleut, le sol argileux vire à la boue, qui entre dans les
baraques. On touche
ici au degré zéro de l'hygiène. Et de la
dignité.
La
situation est si dramatique en Haïti qu'on trouve de plus en
plus de jeunes femmes seules, de mères de famille monoparentale
prêtes à tout
abandonner pour refaire leur vie. Selon Carline Vital, qui s'occupe de
ces
immigrantes en difficulté, elles aussi ont payé pour
venir et «90% n'ont pas de
passeport, de carte d'identité, d'acte de naissance. Celles qui
ne vont pas
dans les bateyes travaillent dans les maisons, à bon
marché.» Elle estime que
plus de 70% se livreront tôt ou tard à la prostitution.
«En République
dominicaine, les Haïtiennes, surtout celles des bateyes, n'ont pas
accès aux
services de santé, à l'éducation. Elles n'ont pas
accès à la documentation, ne
peuvent rien faire. Parce qu'elles sont clandestines, haïtiennes.
Et nègres.»
La République dominicaine compte 11% de Noirs, 16% de Blancs et
73% de
mulâtres.
Ainsi,
Claire, originaire de Cap-Haïtien, vit des jours difficiles
à Puerto Plata, ville de 100 000 habitants, à deux pas de
la principale
distillerie du rhum national, le Brugal. C'est là, dans le port
le plus
important du nord de l'île, que s'embarque toute la production
minière et
agricole du Cibao, la province voisine. C'est également dans
cette baie que
s'est implanté le tourisme de masse dans les années 1980.
Ironie du sort, c'est
à côté d'un des plus grands complexes touristiques
des Caraïbes, celui de Playa
Dorada, que se trouve le ghetto haïtien de Padre Granero.
Les cases
délabrées, la criminalité rampante et les rues de
terre
battue de Padre Granero contrastent avec le luxe des hôtels tout
compris. Qui
dit «tourisme» et «port» dit
«prostitution». La chose se pratique ici dans le
quartier chaud de Long Beach, voisin du barrio Padre Granero, qui lui
sert de
réservoir à filles.
Claire
habite avec sa mère, sa sœur et une flopée d'enfants au
cœur du ghetto. Cette ancienne femme de chambre a dû quitter son
emploi à la
naissance de son deuxième enfant. Ses sept frères sont
toujours à Cap-Haïtien.
Elle fait désormais partie d'une société
exclusivement féminine, qui survit en
vendant des vêtements et en coiffant les femmes du voisinage.
«J'ai beaucoup
d'amies qui se prostituent avec des gringos dans l'espoir de quitter le
pays,
dit-elle. Certaines y arrivent. Moi, je préfère avoir
moins de sous... mais les
gagner d'une manière honorable.»
La police
ne fait pas la différence. Claire a été
emprisonnée à
maintes reprises, sans motif. La dernière fois, en juin, elle
sortait d'une
épicerie. «On m'a détenue en banlieue de Cabarete
pendant trois jours. Il a
fallu que ma mère paie pour me sortir de là.»
Depuis, Claire évite de se
promener à Long Beach, spécialement la fin de semaine -
on fait le ménage de la
rue en prévision de l'affluence touristique. Des histoires de ce
genre se
passent chaque jour dans des stations balnéaires
réputées pour la prostitution,
comme Sosúa et Boca Chica.
Sur la
plage de Sosúa, justement, alors que nous cherchons Nina,
une amie de Claire, je suis accosté par une fille qui fait des
tresses et pose
de petites billes de couleur dans les cheveux. J'ai le crâne
rasé - pas payant.
Elle entreprend de doter ma barbiche d'un anneau noir. «Je fais
ça pour le
manger, murmure-t-elle. Tu me donneras ce que tu veux.» Le vigile
qui lui hurle
de ne pas importuner les touristes - je lui jappe aussi sec d'aller se
faire
foutre - ne voit pas les choses du même œil.
Nina,
l'amie de Claire, qui a vu la scène de la terrasse d'un bar
en bordure de la plage, se bidonne. Elle n'a pas d'autre choix que de
courir le
touriste friqué. Son joli sourire et ses longues tresses
multicolores lui
permettent de vivre plutôt décemment. À 19 ans,
elle a le vécu d'une femme de
50. Pourtant, elle s'accroche. Surtout pour sa petite fille, dont elle
ne sait
trop qui est le père. «J'ai quitté l'école
très tôt. Mes parents sont morts, je
ne les ai presque pas connus. Je n'ai dans la vie que mes deux sœurs et
la
famille de Claire», dit-elle dans l'auto en revenant à la
«maison» de Claire, à
Padre Granero.
Installé
sur une chaise de plastique, à l'ombre, tandis qu'elle me
raconte les aléas de sa vie de tapineuse, je remarque une enfant
qui mordille
un jouet en arrière-plan, en lançant de petits cris. Des
dizaines de femmes,
dont bon nombre sont enceintes, suivent notre conversation depuis la
porte de
leurs cases de bric et de broc, curieuses de ce blanc-bec à la
caméra qui
s'intéresse à elles. Et pour une rare fois dans ce
voyage, je me sens bien.
La
majorité des Dominicains sont prompts à dire que leur
situation
n'est pas meilleure que celle des immigrants, qu'ils sont aussi peu
éduqués et
aussi exploités qu'eux. Bref, qu'ils en bavent eux aussi. Il y a
du vrai
là-dedans. Mais ces objections occultent un problème
fondamental entre les deux
pays: les Dominicains n'ont jamais pardonné les deux
décennies d'occupation
haïtienne de leur territoire, au 19e siècle. Les
présidences dominicaines de
Trujillo puis de Balaguer, au 20e siècle, ont voulu
«laver» cet affront par des
pratiques condamnables: déportations, enlèvements,
assassinats, etc. Dont le
massacre de Dajabón.
Comment
peut-on, au 20e siècle, asservir son voisin en toute
impunité, à la face de l'ONU, des organismes de
défense des droits de la
personne? En lui refusant tout statut légal sur son territoire.
La situation
n'est certes pas meilleure en Haïti - certaines personnes y
passeront leur vie
sans papiers d'identité -, mais elle tient davantage d'un
défaut de structure.
Ce qui fait dire à Luis, avocat dominicain très en vue
(dont nous tairons
l'identité pour lui éviter des représailles), que
«l'histoire juridique des
immigrants haïtiens en République dominicaine est une
histoire d'esclavage et
d'humiliation constante».
L'avocat,
attablé à un café du quartier historique de
Saint-Domingue, classé au patrimoine mondial de l'Unesco,
insiste pour dire
qu'il a honte de l'attitude générale de la classe
politique dominicaine à
l'endroit d'Haïti. «La nation dominicaine? Quelle nation?
Nous sommes très
fiers d'être le pays du rhum, de la bachata et du baseball. Et
quoi d'autre?
Les zones franches? Le tourisme? Ce qui nous manque, c'est une
capacité
d'autocritique. Nous sommes à la fois satisfaits et creux. Parce
que,
disons-le, nous vivons dans un pays de merde, un pays du tiers-monde
où tout
fait défaut, surtout l'éducation. Regardez les Cubains.
Ils ont une âme, ils
ont de quoi être fiers. Pas nous.» Pour lui, la solution au
problème de
l'immigration haïtienne réside «dans la
reconnaissance non seulement de droits,
mais d'obligations de l'État dominicain envers cette population.
Il va de soi
que la résolution de la crise en Haïti aiderait beaucoup
également…»
Belony
Mercy, le conseiller juridique de l'ODEMIHF, espère lui
aussi que la stabilité sociopolitique reviendra un jour en
Haïti. Mais dans
l'intervalle, il ne baisse pas les bras. «Notre organisation
travaille
précisément dans le domaine de l'éducation. Pour
faire un pays et se
développer, on doit d'abord éduquer ses enfants.»
Comment
a-t-on pu en arriver là? Une république noire
indépendante
- la première de l'histoire -, qui s'est libérée
de l'esclavage du régime
colonial français, au 19e siècle, fournit aujourd'hui des
esclaves au pays
voisin. «Le problème des papiers d'identité, c'est
une bataille de tous les
instants pour les Haïtiens qui vivent ici, dit Belony Mercy. On
offre de
faciliter les choses afin qu'on leur fournisse des papiers en
Haïti... Mais
très peu sont favorables à cette idée. Ils
préfèrent rester ici plutôt que de
retourner là-bas.»
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On
peut voir le documentaire Haïtienne en République à
citoyen.onf.ca/onf/info?aid=3041&eid=8681&atid
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