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KFC et les
Antillais une histoire de...
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Un entretien avec
Gilles
Boehringer : Directeur du
développement
Histoire vraie. Dans les années
trente, Harland Sanders, dit "le Colonel", avait inventé une
recette
au poulet si savoureuse que les gens faisaient des kilomètres
pour la déguster
dans son petit restaurant posé au bord d’une route du Kentucky.
La construction
d’une autoroute sonna le glas de son activité prospère.
Mais l’homme, dont le
portrait figure toujours sur le logo, décida de franchiser sa
recette. Soixante
dix ans plus tard, la marque est implantée dans le monde entier.
Gilles
Boehringer, directeur développement et franchise de la branche
française de
KFC, retrace le développement de l’enseigne dans l’hexagone.
L'entretien
Yves SASSI : Pouvez vous retracer
brièvement
l’histoire de KFC en France ?
Gilles
Boehringer :
KFC est un concept américain, qui s’est implanté en
France dans les années
quatre vingt dix, à l’époque où Pepsi était
l’actionnaire majoritaire de
l’enseigne. Sept restaurants ont été lancés dans
l’hexagone entre 1992 et 1995,
d’abord sur le marché parisien, à Barbès et Saint
Denis, ciblant une clientèle
afro antillaise, grande consommatrice de poulet, puis Place d’Italie,
pour voir
ce que nous pouvions capter face à un concurrent comme Mac
Donald’s. Ensuite
les ouvertures ont été gelées pendant un certain
temps. Pepsi est sorti de la
branche restauration en 1997 et Tricon Global Restaurants, devenu Yum,
a repris
le flambeau.
La décision a été prise de redémarrer les
tests sur le marché européen et à
partir de 1999, date à laquelle nous avons commencé
à prospecter. Les délais
entre la prise de contact et l’ouverture effective du restaurant
peuvent durer
entre 15 et 36 mois, ce qui explique les délais entre la prise
de décision et
le lancement effectif des restaurants.
En 2001, les KFC étaient au nombre de sept. Aujourd’hui, nous
comptons trente
points de vente et pensons atteindre le chiffre de 38 restaurants d’ici
à la
fin de l’année.
Y.S : Quels sont les produits et le positionnement de
KFC ?
G.B
: Contrairement à
Mc Do ou à Quick, nous sommes positionnés sur la tranche
des 14 -34 ans.
Positionnement essentiellement dû à notre offre produit,
avec des ingrédients
frais, cuisinés dans les restaurants et servis dans des
boîtes familiales. Il
s’agit d’un concept typiquement familial, les plats se partagent et
peuvent se
réchauffer, contrairement aux burgers. Une part importante de
notre chiffre
d’affaires est d’ailleurs réalisée le soir. Les clients
passent acheter leur
repas en sortant du travail.
J’insiste, notre offre est clairement différenciée de
celle de nos concurrents.
Le panier moyen dépend de l’implantation du restaurant. Il est
plus important
en périphérie des villes et atteint quinze euros. En
centre ville, il tourne
autour de huit à neuf euros.
Y.S : Quels sont les objectifs de la marque concernant
son
développement en France ?
G.B
: Aujourd’hui,
nous possédons une trentaine de restaurants, ce qui est bien
entendu
insuffisant pour être représentatifs sur le plan national.
Pour sortir du bois,
il nous en faut au moins une centaine, un chiffre que nous devrions
atteindre
en 2008.
Nos objectifs à plus court terme sont d’ouvrir une dizaine de
sites en 2005,
essentiellement en région parisienne et dans le sud est de la
France, puis dix
huit autres en 2006, notamment dans le sud ouest du pays.
Y.S : KFC continue de se développer en propre.
Quelle proportion
entre magasins franchisés et succursales comptez vous atteindre ?
G.B
: Sur nos trente
restaurants, sept ont été développés en
franchise. Le premier d’entre eux est
celui de Jean-Michel Louvradoux, l’un de nos ex fournisseurs de
boissons, qui a
cédé son entreprise pour nous rejoindre. Aujourd’hui, il
est à la tête de 2
restaurants à l’enseigne et vient de s’engager dans la
création de deux autres.
A terme, nous voulons accroître le nombre de franchises, pour
arriver à deux
tiers de succursales pour un tiers de franchises. Le modèle KFC
habituel dans
le monde est plutôt celui d’une répartition
égalitaire entre le nombre de
franchises et celui de succursales.
Par ailleurs, je voulais préciser que notre modèle de
franchise s’appuie
exclusivement sur notre métier de franchiseur,
rémunéré sur ses prestations de
transmission de savoir-faire et de « licence de marque ».
La propriété de la
clientèle (le fonds de commerce) revient au franchisé. Ce
qui n’est pas le cas
chez d’autres enseignes qui maîtrisent l’immobilier et le fonds
de commerce,
alors que le franchisé n’est propriétaire que de son
exploitation.
Y.S : Quel est le profil du franchisé KFC ?
G.B
: Nous
recherchons des patrons de PME. Les cadres en reconversion ne nous
intéressent
pas, s’ils n’ont pas le profil de chef d’entreprise. D’autre part,
notre
politique est de favoriser nettement la multifranchise.
L’apport financier nécessaire est important. Il est de l’ordre
de 500.000 €,
soit environ le tiers de l’investissement global, qui avoisine en
général les 2
millions d’€.
Aujourd’hui, le chiffre d’affaires par site se situe entre 1,5 et 3,5
millions
d'€ par an, selon l’emplacement choisi. Il s’agit réellement de
gérer et de
manager une PME et son équipe qui atteint 90 collaborateurs sur
les sites les
plus importants (une trentaine de salariés en
général)
Il faut donc des capacités et de l’expérience pour
gérer ces entreprises.
N’oublions pas quand même que KFC forme ses franchisés
pendant 6 mois, ce qui
leur permet de connaître parfaitement la gestion d’un
établissement avant
l’ouverture de leur propre restaurant.
Source
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