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Le CRAN ou la
naissance d'un
lobby noir ?
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Le
26 novembre fut officialisé sous les ors de la
République, à l’Assemblée
Nationale la création du CRAN
(Conseil Représentatif des Associations Noires) regroupant en
son sein une soixantaine d’associations
issues de la
communauté noire. La naissance de
cette
fédération a suscité un battage médiatique
sans précédent, il a
reçu un accueil pour le moins
surprenant, compte tenu que pour l’instant cette
fédération n’est qu’une
coquille vide, et dont les statuts définitifs n’ont pas encore été adoptés
par l’assemblée constitutive.
Toutefois,
beaucoup se sont déjà
insurgés contre la
création du CRAN, car il s’inscrit dans
un clientélisme identitaire, donc sur une logique de race. Ce qui est une novation que la France aurait
pu se passer à un moment où
les
tentations et les tensions
communautaires sont exacerbées par les frustrations des uns et le discours fascisant des autres.
Nous
avons émis des réserves lors des rencontres initiant
cette fédération, il nous
semblait que ce qui réunit les individus ce sont avant tout des
valeurs
communes, des schèmes de pensée communs, une histoire
partagée, une
appréhension de l’espace et
aucunement
une couleur de peau, car qui a-t-il de commun entre un paysan malien,
un
animiste béninois et à plus forte raison avec un
Antillais dans sa diversité ?
Rien, sinon la couleur de la peau et
encore. Tout ceci ne correspond à
aucune
réalité sociologique, si ce n’est que nous sommes en
présence de personnes qui
se définissent à travers le regard de l’autre : -
ils nous voient comme
noir donc nous sommes noirs.
Nous
avons le sentiment que le syndrome de Pygmalion est à l’œuvre
dans cette
affaire, qui conduit ces personnes à
se
surdéterminer, effacer leurs particularismes, se résumer
qu’en fonction d’une
couleur de peau et s’enfermer dans une
« noiritude » factice, mais
peut être confortante et rassurante à
leurs yeux.
Il
est indéniable qu’en France, il y a un problème noir, que
la communauté noire
souffre de nombreux désavantages, l’exclusion, les
discriminations et le
racisme empoisonnent la vie de ces personnes, pour la seule raison
qu’elles ont
un taux de mélanine supérieur au vôtre.
Il
n’est pas normal que beaucoup pour se réaliser
ou obtenir un emploi à la hauteur
de leurs qualifications soient obliger
de partir au USA ou au Canada, il n’est pas non plus normal que la
diversité de
la France ne retrouve à tous les niveaux de
société française. <>
La
liste des maux serait trop longue à énumérer, nous
en tiendrons là.
Si
le constat opéré par les initiateurs du CRAN
semble judicieux la réponse
apportée semble dangereuse, voire périlleuse
car elle ouvre la voie à un communautarisme, contraire au
modèle social de ce
pays et au pacte républicain, car appelant à la
création d’autres organismes ou
représentations ou le regroupement affinitaire se ferait sur une
base raciale. <>
D’une
aspiration aux respects de nos droits, à une égale
dignité, certains ont jugé
opportun de basculer vers une forme de radicalisme de façade et
posé la
question sur le plan ethno-racial.
La
création du CRAN a laissé un sentiment malaisé
dans la communauté antillaise
qui ne se reconnaît pas dans ce mouvement, car cette
société est le fruit de
diverses cultures, diverses ethnies et où le problème de
couleur ne se pose pas
dans les mêmes termes. Léon Gontran Damas
écrivait : trois fleuves
coulent dans mes veines. Je pourrais
écrire : quatre sangs irriguent mon être. Les
Antillais compagne de
l’altérité, ne s’enferment pas dans un
déterminisme de couleur et ce n’est qu’à
partir de ce fait du métissage opéré aux Antilles
que l’on peut comprendre leur
rejet du CRAN.
Quoi
qu’il en soit, l’actualité nous montre que partout où il
existe des sociétés
fondées sur le principe auquel se rattache le CRAN, les
communautés à un moment
donné de l’histoire s’affrontent ou vont vers le
séparatisme. Et il est
surprenant que les autorités reçoivent ce genre
d’initiative, sans doute pour
des raisons de bases politiques les bras ouverts, alors que
manifestement elle est contraire à
l’article 1 de la
constitution qui : « assure l'égalité
devant la loi de tous les
citoyens sans distinction d'origine, de race ou de
religion. » Il
faudrait que l’on m’explique à quoi jouent ces messieurs.
Tony
Mardaye
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