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Le psittacisme ou  le refus d'écoute
par
MBOA
  

Comprenez-vous les violences qui sévissent aujourd’hui dans les banlieues ?

Comprenez-vous ces jeunes qui brûlent et cassent tout ainsi que les symboles de la république ?

Qu’avez-vous envie de dire à ces jeunes, vous qui êtes un modèle d’intégration ? (Lorsqu’il s’agit d’un de ces faire-valoir bamboula) ?

En tant que politique qu’avez-vous à dire à ces jeunes ?

Ce psittacisme qui marque la dissonance entre le discours républicain et celui des jeunes des banlieues est-il une volonté manifeste de ne pas faire face aux problèmes que rencontrent les jeunes et la réponse qui leur est donnée.

Dans notre belle et douce France on ne sait plus si c’est l’exception qui confirme la règle ou c’est la règle qui confirme l’exception tant les équivoques sont légion. Mais une constatation apparaît de plus en plus comme une évidence : une seule hirondelle suffit pour démontrer le printemps.

L’échantillonnage !

Pour justifier son modèle réussi autoproclamé de terre d’accueil, la France procède par le brandissage, l’exhibition, des quelques individus issus des minorités opprimées et stigmatisées se trouvant sur son sol, pour démentir et mettre à mal le rejet du rejet, le rejet du dédain et du mépris exprimés ces derniers jours par les jeunes des banlieues, lesquelles sont pour la classe bien-pensante, les symboles pour ne pas dire les sanctuaires du MAL venu d’ailleurs. La dissection du mot « banlieue » peut-être révélatrice à plus d’égard. « Dis-moi où tu habites, je te dis qui tu es » et ce principe est davantage réel à mesure que la peau est basanée et/ou la consonance du nom de famille s’écartent de la norme franco- française.

Comme tout système fondé sur l’exclusion, l’exception « exclusive » est toujours l’argument de défense invoqué pour dire combien, les accusations portées sont injustifiées. N’est-ce pas Monsieur LEPEN (loin d’être l’unique et seul dans son genre malgré le discours institutionnel qui voudrait le hisser au rang du numéro un des racistes en France) qui disait avoir un chien dont le pelage est noir à souhait et aussi avoir un garde de corps Noir pour justifier qu’il n’était pas Négrophobe euh raciste ? Je vous le concède cher Monsieur LEPEN, vous n’êtes qu’un échantillon des réserves dont dispose la France en matière de Négrophobie.

Le ralliement à la cause !

Inviter les pseudos réussites de ces minorités sur les plateaux de télévision lorsque l’écurie est en feu est la trouvaille, la parade, l’argument de ralliement que politiques et journalistes utilisent à double sens, primo : biaiser, duper, tromper toute l’opinion nationale (encore que dans sa grande partie, elle souffre d’un suivisme «  panurgien » pour objecter le contraire de ce que pensent les politiques et journalistes) comme internationale sur les vraies et réelles motivations de ces jeunes donc sur les vraies causes des problèmes.

Deusio : Ici tout le vice de la société française non immigrée et moins colorée est étalé au grand jour par cette démarche, monter les différentes populations les unes contre les autres. L’objectif final de ce psittacisme journalistique : démontrer, que les populations Arabes et Noires sont celles qui mettent en péril la république française comme l’opinait chez Serge Moati à l’émission RIPOSTES, celui qui, rongé par la haine, flirte avec l’oligophrénie et la « pholie », le fougueux philosophe Alain Finkielkraut.

Croire que les questions de nos animateurs et de nos journalistes participent d’une démarche de compréhension des raisons qui poussent ces « français ? » ou alors que celles-ci relèvent de l’objectivité qui pourtant devrait être le ciment du métier de journaliste, est un acte de pur fourvoiement pour les plus naïfs d’entre nous. Disons-nous le une fois pour toutes, ce psittacisme médiatique et de toute la classe politique est une fourberie dans la continuité de ce que la France fait le mieux : dresser les uns contre les autres et en l’espèce dresser les communautés entre elles.

L’affaire dite « Dieudonné »

Dans ce qu’il est convenu d’appeler à raison ou à tort « l’affaire Dieudonné » du prénom de ce talentueux et perspicace humoriste, combien de fois avons-nous vu, dans des actes ou postures presque de soumission, des animateurs, des journalistes, des politiques, implorer quelques icônes de ces indigènes, de ces rebuts (dans des cas pareils, ils deviennent des symboles d’intégration ) de la république à se compromettre dans des actes de félonie aux fins de marginaliser l’humoriste MBALLA MBALLA Dieudonné, dont le seul tort a été de mettre les pieds dans cette hypocrisie pestilente entretenue par la république qui se complaît dans l’autosatisfaction de son système macabre et negrocide.

Dresser les citoyens les uns contre les autres quitte à les prostituer intellectuellement et/ou moralement là est le problème qui ronge la France.

Ici une seule hirondelle suffit pour décréter le beau temps !!!! La France est belle, elle n’a pas de problème de racisme. AZOUZ BEGAG ministre fils d’immigré, GNAMGNAM KOFFI était ministre non ? Et en tant que Français il voulait être président au TOGO un pays indépendant et souverain ! (Tintin n’a-t-il pas été roi au CONGO alors qu’il sortait de nulle part ?et alors ?).

BEYALA Calixte gueule dans tous les plateaux de Télévision en dénigrant les siens, marque de son intégration à la Française.

KELMAN malgré la noirceur de sa peau n’aime pas le manioc non pas parce que son choix le lui autorise, mais parce qu’il est Bourguignon.

Bref chacun(e) de nos compatriotes non immigré(e) et non coloré(e) en France a cette chance de posséder son nègre qui le disculpera de l’infâme injure de raciste le moment venu.

Le portrait du succube !

Tel est perçu le Nègre dans la république Française de nos jours comme cela a été et probablement sera le cas aussi longtemps que rien n’est fait dans le sens de changer radicalement la perception, les mentalités. Trouver les solutions sous un angle politique revient à résoudre partiellement, à traiter l’urgence mais à contourner le problème de fond, car l’on ne saurait apporter des solutions justes et adéquates à une situation que lorsqu’on a pris sa juste perception, lorsque sa compréhension n’est pas biaisée. Aujourd’hui il ne suffit plus de pallier comme tel a été la démarche mais plutôt de remédier.

La vraie question est de savoir me semble t-il comment sont perçues les populations dites minoritaires dans l’inconscient de cette société qui se veut multiculturelle dans les déclarations et non dans l’acceptation. Le problème ainsi posée, la ou les solutions, même politiques seraient plus efficientes qu’elles ne le sont dans ce qui a été déjà fait dans cette direction.

Les injures, les stigmatisations, le mépris, le rejet systémiques dont sont victimes les Arabes et les Noirs dans ce pays sont les corollaires de cette perception qui tire sa substance encore dans le passé, dans la philosophie qu’avait et continue d’entretenir la France avec tout son lot d’horreurs vis-à-vis des étrangers et en particulier des Noirs.

Dans sa perception la plus optimiste et plus valorisante, le Noir est un paquet de muscles, dont il faut tirer au maximum tous les bénéfices en plus de sa gaieté et sa joie ataviques que rien ne peut ébranler mêmes les plus graves sévices. Preuve le seul individu à subir pendant près de 500 ans les plus graves atrocités et qui continue à garder le sourire c’est bien lui, si cela n’est pas de l’ataraxie dans sa pureté.

Aussi ne cite t-on pas à titre d’exemple les seuls sportifs et chanteurs comme modèles ? Ils sont les seuls habilités à discuter de toutes les questions qui touchent à la communauté noire.

Et les autres alors ! Historiens, Créateurs d’entreprises, Formateurs, Instituteurs etc. pourquoi ne sont-ils pas conviés à la table des discussions ? Autant vous dire que la tutelle institutionnelle imposée au Noir est une émanation de la volonté républicaine de considérer ce dernier encore et toujours comme un incapable en plus il est vrai de donner un camouflet à cette vision du Noir qui le voudrait plus physique que cérébral (domaine réservé des leucodermes).

Ernest Renan ne disait-il pas dans le discours sur la nation : « La nature a fait une race d’ouvrier, c’est la race chinoise (...) une autre race de travailleur de la terre c’est le nègre (...), une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne ».

Combien de fois ai-je entendu la fameuse « vous avez le rythme dans le sang, vous les Noirs » ? Constat auquel je réponds avec beaucoup de délectation « C’est vrai que notre rythme dans le sang correspond au taux de Negrophobie et de racisme que vous avez aussi dans le sang », ce qui refroidissait les velléités de camaraderie de mon interlocuteur imbu de sa connaissance parfaite du Nègre que je suis et ouvrait la discussion heureusement sur une autre base plus saine quand il voulait toujours me considérer comme un ami.

Les minorités colorées en général et le Noir en particulier sont perçus dans la société comme des succubes qui hantent le sommeil de leurs congénères leucodermes en les violant. Et Montesquieu dans « l’esprit des lois » le démontre avec succès lorsqu’il affirme : « On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne dans un corps tout noir (...) Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens ».

La rebuffade à laquelle fait face le noir et/ou l’arabe dans la république française répond à une logique de perception, les clichés de plus en plus négatifs, les stéréotypes avilissants continuent de polluer la société. Lorsque pour toute explication des émeutes des banlieues, on trouve la polygamie comme argument. La farce est certes grave et osée pour certains, mais logique et fidèle à la perception qu’a le Français non colorée du Noir.

En titrant son émission « les banlieues miroirs des peurs françaises », Serge MOATI, sans le vouloir peut-être montre effectivement que dans l’inconscient des Français, les populations Arabes et Noirs qui occupent majoritairement ces endroits sont sources des phobies dont souffrent les Français Blancs.

Des peurs mythiques et légendaires. Qui ne s’est pas encore saisi les côtes de rire lorsque la nuit ou dans un endroit isolé, seul face à une victime de principe parce que non colorée, celle-ci est paniquée à la seule vue du Noir ou de l’Arabe et, pour conjurer le sort engage pour les plus téméraires une discussion qui n’a ni queue ni tête afin de ne pas se faire bouffer par l’ogre, et pour les autres le seul salut est dû à la vitesse de ses jambes.

Si la république veut vraiment réunir tous ses enfants sous le sceau de l’égalité, de la fraternité, et de la liberté, elle devrait commencer par détruire la haine qu’elle distille par le biais des clichés négatifs. Et ceci n’est pas une mince affaire malgré les bonnes volontés des uns et des autres.

MBOA