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Noël
d'antan ou un
instant de l'enfance
ou
un
instant de l'enfance
Evariste Zephyrin
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Noël
arrivait par la grande porte, la vie prenait des allures de
fêtes. Moment
magique pour l’enfance, moment de joie et d’allégresse pour
tous. Monique
s’affairait à la préparation des liqueurs (punch coco,
schrub), pendant que
trempait dans les couis les haricots (rouge et le pois d’angole).
Adalbert
tuait le cochon et les enfants participaient à toute cette
effervescence.
La ville
prenait des airs cérémonieux, les visites pouvaient
commencer, les amis
éloignés par les autres jours de l’année se
retrouvaient – une attention par
là, une par ci, un moment là, un moment ici.
Les
crèches illuminées se racontaient ;
les églises se paraient de toutes les lumières, le
décor se mettait en place,
dans un air plus frais les gens paraissaient plus beaux, plus gentils.
Les
vieux cantiques reprenaient vie, des cloches tintaient, leur son
retentissait
au-delà, l’homme chantait, la femme porteuse de l’espoir pour
demain se
recueillait devant l’autel, et l’enfant souriait à tant
d’indulgence.
Noël
temps de la réconciliation, instant miraculeux, un
clin d’œil d’harmonie clôturant une année de
déboires, pour les nègres d’ici…
Evariste
Zéphyrin (extrait : Crasses de vie dans les dédales
du dalots)
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