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Edition spéciale du Magazine Pyepimanla  traitant du carnaval de par le monde

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Le carnaval qu'ils ont connu a disparu et eux, ils jettent l'éponge

carnaval de dunkerque

Dunkerque exporte son carnaval le plus loin possible - jusqu'en Réunion depuis l'élection de Miss France ? - et les carnavaleux de la première heure ne s'y retrouvent plus. Bernard et Michel ont connu un carnaval où respect rimait avec joie de vivre. Si chacun a ses raisons, leur décision est la même : cette année, le clet'che reste au clou.

PAR BENJAMIN CORMIER

Ils ne se sont pas réveillés un matin en se disant «  Tiens, je n'ai plus envie de faire carnaval ». Pas eux. Pas sans une bonne raison. Bernard (53 ans) et Michel (60 ans), Dunkerquois de souche, amoureux de la bande, ont longuement hésité avant de se résoudre à ne plus participer à la fête. Bernard est quand même allé testé sa motivation au bal du Chat noir, cette année. Il n'y a bu que de l'eau pétillante, puis est parti.

Mais on n'a pas vu son personnage de « Lili Pute » dans la bande, dimanche. Michel, fondateur des Noirs avec lesquels il est resté trente ans, est simplement venu « en civil » dimanche pour l'avant-bande, manger dans un restaurant du centre-ville avec quelques amis et sa fille. Celle-ci est allée ensuite rejoindre la bande. Et lui est allé «  pleurer à's'maison » ! Ces deux-là ont choisi, la mort dans l'âme, de ne plus en être. Le carnaval qu'ils ont aimé est mort. Continuer quand même et faire semblant ? Pas leur genre.

(Se) respecter 

«  J'ai connu bien autre chose, se souvient Bernard, qui raconte ses débuts il y a 25 ans, lorsqu'avec un ami, il étaient grimés en clowns. Nestor et Pollux, on s'appelait, on faisait les pitres, on faisait rire et on riait. On échangeait du charme. Puis sont arrivés nos personnages de Lola et Lili Pute. Bizarrement, d'être déguisés en filles, ça plaisait aux (vraies) filles ! ». Et d'insister : «  On ne s'enivrait pas, on rentrait au petit matin, on prenait une douche, on mettait la blouse et on allait travailler. » Idem dans la bouche de Michel, qui a toujours fait carnaval avec à l'esprit la notion de respect. «  Celui d'autrui, de moi-même. » Une manière de faire carnaval que lui et son épouse ont transmise à leur fille, aujourd'hui âgée de 26 ans.

N'allez pas voir chez ces gaillards des élucubrations d'anciens combattants, adeptes systématiques d'un « c'était mieux avant » stérile. Leur amertume repose sur du solide, de la chose vécue, qu'ils ne peuvent cautionner. «  Tous ces jeunes, qui boivent pour être saouls, qui n'ont plus de limite "parce que c'est carna !", ce n'est pas acceptable. Comme ce jeune, ivre, en train d'uriner au milieu du rigodon dans un bal...  », raconte Bernard. «  Et ces adolescentes, parfois à moitié nues, un "biberon" de vodka à la main, qui arrivent au bal les yeux bleu électrique tellement elles ont bu », ajoute Michel. Sans parler de la violence dans les bandes où l'on se menace à coup de tessons. Les exemples foisonnent.

Jeunes sans repère 

Si Bernard explique ne plus retrouver «  de sourires autour de lui », Michel va plus loin dans sa désaffection. «  On est en train de perdre les racines de notre tradition, de tuer le carnaval. À avoir trop médiatisé le carnaval, depuis une dizaine d'années, on a braqué les caméras sur nous, on fait venir beaucoup trop de gens de l'extérieur, qui n'y connaissent rien. Les Lillois ne savent pas faire carnaval ! Du coup, on croit que tout est permis, qu'il suffit de se déguiser et de picoler. C'est comme ça qu'on a vu des gens bousculer la musique, ne plus tenir les lignes. Si les premières lignes ne sont pas données à tout le monde, c'est parce qu'il faut pouvoir compter sur des gars qui connaissent la technique, qui ont appris, qui ont vu leurs pères dans la bande. » Le carnaval, une affaire dunkerquo-dunkerquoise ? Ils sont beaucoup à le penser. Bernard voit davantage dans les dérives actuelles un glissement de la société, des jeunes en général, qui manquent de repères et « se lâchent » pendant cette période. C'est la catharsis malsaine. «  Qu'est ce qui pourrait me redonner l'envie ? », s'interroge-t-il. «  L'abandon du "moi-je" et le retour à une fraternité dans la fêt e. Et je lance une idée : que l'argent des bals soit réinvesti, inlassablement, dans "l'éducation" des jeunes à un carnaval plus respectueux. » 

La Voix du Nord


A Cologne, les femmes du carnaval prennent le pouvoir... pour un jour

carnaval de cologne

COLOGNE (AFP) — Des milliers d'Allemandes de Rhénanie ont coupé jeudi les cravates des hommes, symbole d'une journée où elles prennent le pouvoir et coup d'envoi de la "semaine des fous", point d'orgue des festivités du carnaval de Cologne.

4,3,2,1... "Kölle Alaaf!" ("Bonjour Cologne!" en dialecte local): à 11h11 sur la place du Vieux-Marché de Cologne, le maire Fritz Schramma a comme tous les ans donné le coup d'envoi des festivités de rue sous les hurlements d'un public aussi bigarré que déguisé.

D'un coup sec et sans appel, secrétaires et assistantes des administrations et entreprises de la vallée du Rhin ont au même moment coupé les cravates de leurs chefs, marquant ainsi une prise du pouvoir radicale.

Selon la tradition du "Weiberfastnacht", les femmes ouvrent ainsi une semaine de libertinage, de festivités et d'excès en tout genre qui atteindront leur apogée à l'occasion du "Lundi des roses" et du traditionnel défilé des chars dans les rues de Cologne.

La tradition semble toutefois s'essouffler, au moins dans les rues du centre de Cologne, transformé en un bal costumé géant où la cravate, coupée ou pas, a laissé la place aux panoplies de lapin rose, ours polaires, vaches bicolores et panthères aguicheuses.

"De toute façon, la cravate, ça va pas avec mon déguisement!", lance Olaf dans son costume d'Inuit. "Moi, c'est déjà fait! Au bureau ce matin, on m'a coupé ma cravate", ajoute Emil, chapeau melon noir enfoncé sur la tête et gros noeud papillon à pois dorés autour du cou. Emil, avec ses 30 années d'expérience en pays rhénan, livre un conseil: "La cravate ce jour-là, faut la prendre moche et démodée ou pas chère", sourit-il.

Cette abdication du pouvoir par les hommes a une longue et mouvementée histoire derrière elle. En 1823, des blanchisseuses de Beuel, un quartier de Bonn, s'étaient "révoltées" contre leur mari partis fêter carnaval quand elles devaient continuer à laver le linge...

Les soubresauts de l'Histoire allemande ont fait le reste. Dans la provinciale Bonn, devenue capitale fédérale après la Deuxième guerre mondiale, des milliers de fonctionnaires cravatés arpentent les couloirs des administrations et des ministères. Une proie toute trouvée pour des hordes de chignons en quête d'émancipation...

Au palmarès du déguisement 2008, celui de dignitaire saoudien en djellaba blanche et keffieh sur la tête semble en mesure de décrocher la palme, notamment lorsqu'il s'affiche sur l'esplanade de la très gothique cathédrale de Cologne. Du côté des femmes, la jupe se veut mini-mini et les ailes d'ange roses portées façon sac à dos reviennent à intervalles réguliers.

Révolte des femmes ou pas, la journée semble aussi propice au rapprochement des sexes dits "faible" et "fort". Le Liégeois Ludovic ne s'y est pas trompé. Venu avec sept de ses collègues de travail, il ne se prive pas de ces "Bützje", ces baisers --aux relents de bière locale-- qui claquent sur les joues des femmes et réchauffent les coeurs soumis aux rudesses de l'hiver rhénan.

"En Belgique, le carnaval, c'est que le week-end. Blague à part, ici c'est mieux, ça commence dès le jeudi", s'écrie le jeune homme tandis que la foule s'époumone sur l'hymne des festivités, "Viva Colonia", également chanson officielle du club de football local.

Tim affiche lui aussi la couleur. Avis aux amatrices: il a inscrit son numéro de téléphone portable en grosses lettres noires sur sa veste. Et à côté de lui, en tenue de chirurgien, le docteur Kummer s'auto-proclame gentiment "spécialiste du coeur". Tout en finesse, son voisin se présente comme un "Frauenartzt" ("un médecin des femmes"), soit en français un gynécologue.


Carnaval de Cologne

Le carnaval de Binche bat son plein

Le carnaval de Binche est plus fort que la pluie. La ville s'est éveillée très tôt ce mardi au son du tambour et du fifre, qui jouent "l'Aubade matinale" pour le ramassage de ce dernier jour Gras.

Après avoir été "bourré" (rempli de paille sous les habits) par un "bourreur" ou par leur femme, leur mère ou leur sœur, c'est sous la pluie que les Gilles se rendaient ce mardi matin les uns chez les autres et se rassemblaient par société.

Vers 8 heures, ils ont déjeuné ensemble, aux huîtres et au champagne.

Ils ont repris la cadence une heure plus tard, un ramon à la main et le visage caché sous un masque de cire, aujourd'hui symbole de l'égalité sociale.

Les Gilles ont ensuite été reçus par les autorités communales, qui ont remis une médaille aux jubilaires, c'est-à-dire à tous ceux qui revêtent leur habit de fête depuis 50 ans.

Grand cortège avec les Arlequins, les Paysans et les Pierrots

binche

Après un dîner en famille ou entre amis a eu lieu le grand cortège de l'après-midi. Celui-ci est parti vers 15 heures de la place de Battignies pour rejoindre la Grand'Place et y former un rondeau avec les Arlequins, les Paysans et les Pierrots. Le roi du carnaval lance alors des oranges en guise d'offrande et s'il ne pleut plus, il portera son chapeau de plumes d'autruche.

Vers 19h30, la tête plus légère et le panier vide, les 850 Gilles et les autres participants referont le même parcours pour le second cortège et battront le pavé à la lumière des feux de Bengale.

Le carnaval se clôturera deux heures plus tard, par un grand feu d'artifice qui embrasera la Grand'Place. Mais les sociétés, elles, continueront à danser toute la nuit, jusqu'à l'aube du mercredi des Cendres. Les tambours devront alors cesser de battre.

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Le Carnaval d'Ustaritz, un trait fort du patrimoine basque

Le Carnaval d'Ustaritz de 2007. Photo: Herri soinulariak
Tout est prêt pour le point d'orgue du festival Hartzaro: le Carnaval d'Ustaritz. Un carnaval traditionnel ouvert à la création. Le défilé autour du procès de Zanpantzar démarrera du fronton Hiribehere vers 18h00.

Comme chaque année, les acteurs locaux d'Ustaritz (Pays Basque nord) feront vivre mardi gras la tradition du carnaval, ce rite de passage entre la fin de l'hiver et le printemps, tout en évitant de l'enfermer dans une image d'hier muséographiée.

Le défilé autour du procès de Zanpantzar démarrera du fronton Hiribehere vers 18h00 et se dirigera au fronton du Bourg. Revu et corrigé chaque année, le procès de Zanpantzar compter cette année avec l'intervention du comédien-clown Pierre Vissler qui a aidé ceux qui voulaient s'y frotter à préparer ce moment très prisé des spectateurs bascophones ou non. Un procès de Zanpantzar qui promet d'être incisif en cette période privilégiée pré-électorale.

Le personnage mythique Zanpantzar (dont on doit la tête à Patrice Rouleau il y a bientôt 30 ans) sera accompagné par les gardes, puis suivront les Pleureuses, Acteurs du Procès, Txaranga, ateliers de masques, Zirtzilak, Gaiteros, Speiz Mukaki, Abereak, Burrunka.

Le procès de Zanpantzar sera suivi par une "roméria" avec Kiki Bordatxo, les musiciens du Carnaval et d'autres qui se retrouvent pour un boeuf.

D'année en année, le Carnaval d'Ustaritz s'affirme comme élément fort du patrimoine basque. Il est même question, avec l'aide de l'ethnologue Thierry Truffaut, d'engager une démarche visant à obtenir auprès de l'Unesco le label de "patrimoine immatériel mondial".

Les Kaskarots particulièrement devraient obtenir ce label : costumes et accessoires ont été recréés cette année. De plus, les kaskarots ayant leurs homologues moldaves les Kaluceri, et anglais les Morris Dance, un échange avec ces pays est envisagé (fin 2008 – 2009).


Premier week-end de carnavals: habitants massés le long des rues

carnaval bale photo de Enro

Des dizaines de villes en Suisse ont été entraînées dans le tourbillon des carnavals ce week-end. Les derniers événements politiques ou locaux ont donné lieu à des satires, qui ont ravi les habitants en goguette.

Voleur de bois à qui Fribourg doit tous ses malheurs, le Grand Rababou n'a pas été épargné. Le triste sire ne pouvait pas espérer échapper à son sort et a été brûlé.

A Sion, le président de la Confédération Pascal Couchepin était représenté samedi sous les traits d'un sphinx. Le char était tiré par six personnages à l'effigie des six autres conseillers fédéraux.

A Monthey (VS), la satire sur la centrale à gaz de Chavalon, les moutons noirs de l'UDC ou le nouveau stade de football du FC Sion à Riddes, contesté par Ecône, ont fait le bonheur des spectateurs.

Dans le canton du Jura, au Noirmont, quelque 7000 spectateurs ont suivi le défilé placé sous le thème "Chacun son cirque". A Delémont, baptisée à cette occasion "Trissville", le cortège a séduit quelque 15 à 18'000 spectateurs.

A Coire, une cinquantaine de cliques et de groupes de musique ont défilé devant une foule de 24'000 personnes.

A St-Gall, les "fous" de carnaval sont lâchés depuis quelques jours. Les artistes et frères jumeaux Frank et Patrik Riklin ont été désignés "Föbü" 2008. Ils ont joué aux hommes-canon, tirés au milieu d'un nuage de confettis.

Le carnaval de Locarno a été suspendu samedi après une brutale agression survenue vendredi vers minuit. Passé à tabac par trois jeunes gens d'une vingtaine d'années, un étudiant tessinois de 22 ans est décédé samedi à l'hôpital de Lugano.

A Bellinzone, la mort du jeune homme à Locarno a freiné l'enthousiasme. Le carnaval a même failli être annulé après les demandes des Verts, des Jeunes communistes et de mouvement "Sensogiovane".

La police et les services médicaux n'ont pas chômé ce week-end. Des actes de vandalisme entraînant des dégâts matériels, des infractions à la loi sur la circulation routière et des abus d'alcool sont à l'origine de la majorité des interventions policières et médicales.

Une partie du canton de Bâle-Campagne, Lucerne, Soleure, Thoune (BE), Würenlingen (AG), Martigny (VS), Romont (FR) et Fully (VS) sont quelques-unes des autres villes, qui ont aussi été en fête ce week-end.

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