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Edition spéciale du Magazine Pyepimanla traitant du carnaval de par le monde
![]() - Le carnaval de FDF et
une chanson carnav... - Le carnaval de Bâle,
Cologne... - L’histoire du carnaval haïtien. - Le carnaval de Trinidad et Tobago - Mardi Gras est jour de carnaval - Mercredi des Cendres : Vaval est mort. - Le carnaval politique
ou le grand n’importe quoi ! -
Le parolier du Dru fait son carnaval. |
Carnaval martiniquais
Le carnaval est une tradition qui remonte à des temps immémoriaux, à des époques dont nous n’avons plus le souvenir. Toutefois, il semblerait que ce soit une tradition universelle. Plus spécifiquement, le carnaval martiniquais et guadeloupéen, bien que nous pouvons l’étendre à la totalité des carnavals des Antilles, a subi une forte influence européenne, mais nous retrouvons l'apport des fêtes des moissons africaines et amérindiennes (le carnaval est avant tout, une fête dédiée à la fécondité et la fertilité). Les festivités débutent le dimanche suivant l’épiphanie et se terminent le Mercredi des Cendres, mais atteignent leur paroxysme lors des « jours gras ». Le carnaval de 2008 de
Martinique et de la
Guadeloupe, aura lieu du samedi 2 au mercredi 6 février, 5 jours de
liesse populaire. Cependant, nombreux sont les
personnes qui
estiment que le carnaval perd de son sens, et devient une espèce de
« vagabonagerie »,
de malpropretés où les gens se souillent dans des comportements pas
très dignes
à leurs yeux, ne cautionnant pas tous ces débordements. Un
peu d’histoire carnavalesque ![]() L’introduction
du carnaval dans nos îles, est le fait des colonisateurs français (bien
souvent
des cadets de familles catholiques venant aux Amériques chercher
fortune) du 17
e et 18 e siècles, ils reproduisirent aux îles les coutumes
de chez
eux. Ils se donnaient des réceptions masquées et se
recevaient les uns et
les autres dans leurs habitations, juste avant d’affronter les rigueurs
du jeûne
des 40 jours de carême. Les
esclaves étant des biens meubles et non des personnes n’avaient pas
droit à ces
réjouissances carnavalesques. Néanmoins, le temps passant, ils prirent
aux
esclaves le goût d’imiter leurs maîtres, ils se reçurent dans
leur
quartier et développèrent un carnaval spécifique en
introduisant leur
culture, leurs croyances et leurs instruments de
musique : les
tambours, les flûtes des mornes, les cha-cha, les ti-bois…
Tout ceci se
fit avec l’accord des maîtres d’habitation qui autorisèrent leurs
esclaves à
constituer des cortèges et des défilés musicaux.
Ils ne leurs
étaient pas permis par les gouverneurs et ce jusqu’à l’abolition de
l’esclave,
de défiler en dehors de la propriété de leur maître. ![]() Le
carnaval le plus fameux se courrait dans la ville de Saint Pierre,
capitale économique et culturelle de la Martinique, jusqu’à
ce l’éruption de
la Pelée n’y mette un terme. Les Békés richissimes continuaient leurs banquets, réceptions masquées, soirées entre-soi dans leurs somptueux costumes et les Nègres à peine libérés du joug de l’esclavage courraient le Vidé dans les rues de Saint Pierre, ils inclurent des scènes de la coupe de la canne en les raillant, et consolidèrent leurs apports à ces festivités carnavalesques. Après la catastrophe, il eut une pause de quatre ans, et c’est Fort de France qui devint le point focal du carnaval martiniquais, mais cela ne se fit pas sans mal, l’élite et les bonnes gens peu enclins à cette manifestation populaire, répugnaient à se mélanger à « petites gens », à ces Nègres, d’autant que la capitale administrative, peuplée de fonctionnaires, de militaires, de gendarmes, n’étaient pas habitués à ces vidés de Nègres, à ce déferlement de liesse, de bruit et de désordre. Quoi qu’il en soit, le carnaval de Fort de France n’atteindra pas la renommée du carnaval de Saint Pierre.
De nos jours, le carnaval (martiniquais plus particulièrement) est placé sous la royauté de sa majesté Vaval autrement nommé le roi Vaval, un mannequin géant (bwa-bwa) qui sur un camion-char est promené dans la ville. Le fait que ce soit un géant, et on retrouve ailleurs ces géants, au carnaval de Nice, par exemple, n’est pas anodin, ni le fait du hasard. Le carnaval étant une cérémonie d’honoration aux dieux des Enfers, et la plus ancienne manifestation que nous ayons du Diable eut lieu en mésopotamie, il s’agit de : Humbaba ou Huwana « Ce géant monstrueux garde la forêt de cèdres dans laquelle Gilgamesh veut couper le bois qui manque à son peuple. Gilgamesh tua le monstre mais n'en retire aucune gloire et se voit au contraire puni par Enlil, seigneur du ciel et roi des dieux. Huwawa au-delà de ses aspects terrifiants (« son rugissement est comme celui d'une tempête, sa bouche est le feu et son souffle est la mort ») représente en effet une force naturelle au caractère sacré. » Je ne serai pas étonné, que la représentation de ce Géant lors des carnavals, soit la perpétuation (sous une forme pervertie) de la mémoire de Humbaba. Aux côtés de sa majesté Vaval défilent les reines du carnaval, sans doute à mettre en rapport avec l’épouse de ces dieux infernaux. ![]() L’organisation du carnaval en Martinique répond à un ordre bien déterminé, c’est un rituel : - Le Lundi
gras : c’est le jour des mariages burlesques, les hommes se
déguisent en
femme et vice versa, et des mariages sont célébrés
sous la
bienveillance de Vaval. Il faut savoir que lors des dionysies, fêtes se
déroulant à la fin de l’hiver en l’honneur de Dionysos, et outre les
défilés,
les mascarades ayant lieu pendant ces jours de festivité, les Grecs
mimaient le
mariage sacré de Dionysos et de son épouse. Par ailleurs, le fait que
les
hommes se travestissent en femme, nous sommes dans
l’inversion des rôles,
comme cela avait lieu dans le passé ou à Babylone, les
esclaves
devenaient les maîtres et les maîtres les esclaves. Lors des
Sacées fête
donnée en l’honneur de la déesse Anaïtis, les Babyloniens
procédaient à
cette inversion de hiérarchie, allant jusqu’à nommer un condamné à
mort
roi et ce pour cinq jours avant de l’exécuter. Par ailleurs,
lors des
Saturnales, fête en l’honneur du dieu Saturne en ressouvenance de l’age
d’or de
l’humanité, les Romains procédaient à ce renversement de hiérarchie et
créaient
une égalité parmi les hommes. - Le Mardi
Gras, le rouge et le noir qui prime, les couleurs
attribuées au
Diable sont portées par les « carnavaliers » qui
déferlent dans les
rues à l’instar des adorateurs du dieu Pan. C’est le jour où les
diables rouges
défilent, pourchassant les passants avec leur fourche tout en faisant
résonner
les grelots qui ornent leur bonnet. Les diables cornus sont
de sortis, et
ils recréent la peur panique, que la vue du dieu Pan
suscitait :
« Djab,la. Ka mandé an ti manmaye (le
Diable réclame le sacrifice
d’un enfant) » - Le
mercredi des Cendres marque la fin du carnaval, c’est le premier jour
du
carême. Les couleurs sont le noir et le blanc, sa majesté Vaval est
accompagnée
de son cortège de pleureuses (diablesses) à son bûcher. Dans la
tradition
catholique, ce jour est en souvenir d’Adam qui a été condamné
à redevenir
poussière après qu’il ait péché. C’est un jour d'affliction, de
tristesse, de
pénitence. Les premiers Chrétiens en signe de pénitence se couvraient
la tête
de cendre, aujourd’hui le prête se contente de dessiner une croix avec
de la
cendre sur le front des fidèles en récitant un verset de la
Genèse « Homme
souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. »
L’imposition de cendre sur le front est « une évocation
symboliquement de la Mort ». Vaval
meurt ce jour à la tombée de la nuit, sur le ponton de la savane sa
majesté
Vaval est immolée, il emporte nos péchés avec lui au bûcher. Vaval mô ! VIM
2008 Le Départ (Guadeloupe)
Le
carnaval de Fort de France
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Défilé carnavalesque guadeloupéen
![]() Photo de Toby Sawday Le Carnaval
de Saint Pierre 1889
Eugène
Simoneau (dans La Plume – Paris 1889).
«Tripper Trini» à Montréal Ne cherchez pas les Trinidadiens de Montréal ces jours-ci. En février, comme chaque année, la moitié de la communauté quitte notre froid sibérien pour aller fêter le carnaval sous le soleil de Trinité. La Ville malgré tout, insiste
depuis l'an dernier pour que le party post-défilé
ait lieu au parc Jean-Drapeau, dans le but plus ou moins avoué de
limiter les
dommages. Cette nouvelle politique a clairement désorienté les
Carifêtards, qui
ont été peu nombreux l'été à poursuivre la fête jusqu'à l'île
Sainte-Hélène. Un peu d'histoire Il y aurait entre 11 000
et 12 000 Trinidadiens à Montréal, ce qui en fait une des plus grosses
communautés antillaises, avec les Haïtiens (90 000) et les Jamaïcains
(18 000). Jean Christophe Laurence
Le dimanche gras
2008 en Martinique.
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2001 Michalé (quelle chaleur) Pour la Guyane, la grande parade aux dires des uns et des autres fut magnifique, presque aussi bien que celui de l’an 2000, la référence en la matière. Voir la galerie de Nawal : photographies : Vidé à pied du dimanche gras. La Makoum est dans la rue (carnaval 2008 - FDF)
Carnaval des Abymes 2008 |
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