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Edition spéciale du Magazine Pyepimanla  traitant du carnaval de par le monde

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tete de diable

- Le Mardi Gras jour de fête.

- Le carnaval des Antilles.

- Le carnaval de FDF et  une chanson carnav...

- Le carnaval de Rio.

- Le carnaval de Rio : La Samba Viradouro

- Le carnaval de Rio : la samba Beïja Flor

- Le Carnaval et Carême

- Le carnaval de Venise

- Le carnaval de Bâle, Cologne...

- L’histoire du carnaval haïtien.

- Le carnaval haïtien

- Le carnaval de Trinidad et Tobago

- Mardi Gras est jour de carnaval

- Mercredi des Cendres : Vaval est mort.

- Le carnaval politique ou le grand n’importe quoi !

- La Grenade (pomme d’Eve) .

- Le parolier du Dru fait son carnaval.

- Kanaval 2008 (musique)


Le rituel égalitaire du carnaval de Trinidad

carnaval de trinidad

Il fait nuit. La ville semble assoupie. Simple apparence. A 3 heures du matin, lundi 4 février, on a bien mieux à faire que dormir à Port of Spain, capitale de Trinité-et-Tobago, les îles caribéennes voisines du Venezuela. C'est le lundi du carnaval, le jour du "J'ouvert" (le jour ouvert), l'ouverture officielle de l'événement national qui a donné au pays son image de capitale du carnaval, partagée avec Rio de Janeiro, au Brésil.

Dans tous les quartiers, chacun rejoint l'endroit d'où doit partir son groupe, pour une déambulation frénétique derrière un semi-remorque porteur de décibels neutralisant toute idée de silence à des kilomètres à la ronde. Pendant cinq heures, une exaltation collective déferle à travers les rues. Un chaos paradoxal, sauvage et bon enfant, une transe joueuse coloriant tout ce qui se présente sur son passage.

Gare à ceux ayant omis de garer leur voiture en lieu sûr. Elle subira le même sort que trottoirs, chaussées et individus croisés en chemin. A chaque groupe sa couleur. Pots et petites fioles de peinture circulent. On se badigeonne avec allégresse des pieds à la tête. Les nouveaux venus sont baptisés comme il se doit.

Aux environs de 4 heures, les camions sono s'ébranlent, encadrés chacun de leur tribu très agitée. On saute sur les derniers tubes de soca, la musique saturée de boîtes à rythmes la plus cotée par la jeunesse pour "winer" (collé serré énergique), on marche d'un pas dansant au son métallique des steel bands, les orchestres de bidons (les pans) symboles de Trinidad, ou sur un calypso, l'emblème musical du pays, rendu célèbre dans les années 1950 par Harry Belafonte.

Les cortèges se croisent. Les musiques se chevauchent, les peintures se mélangent quand les corps se frôlent. La rue est une suite ininterrompue d'images-chocs, de regards éperdus de joie et de fatigue, de visages hagards dégoulinant de peinture.

Le J'ouvert est le rituel et l'essence même du carnaval dans sa profonde tradition. "C'est là où les valeurs s'inversent", commente Jean-Michel Gibert, un Français installé à Trinidad, impliqué dans la promotion de la musique locale depuis une quinzaine d'années. "Hier, le maître devenait l'esclave et l'esclave le maître, aujourd'hui la femme devient l'homme et vice versa, le riche devient pauvre."

La peinture, la boue, la mélasse, le goudron, le chocolat, tout ce dont les participants au J'ouvert s'enduisent le corps accentue le côté égalitaire. Il ne s'agit plus de se montrer dans les plus beaux, les plus créatifs, les plus chers costumes, comme on le fera le lendemain pour mardi gras, mais d'être simplement ensemble en laissant courir un brin de folie.

"Le J'ouvert est la partie la plus "pure" du carnaval. Vous pouvez faire ce que vous voulez avec les moyens dont vous disposez. C'est un rituel de renaissance, qui n'est pas gâché par l'argent comme d'autres aspects du carnaval", déclare le charismatique Wendell Manwarren, du groupe 3canal, figure de proue du rapso, mélange de rap et de calypso. "Rise and Shine, It is a New Day, Be The Change You Want To See" ("Lève toi et brille, c'est un nouveau jour, sois le changement que tu veux voir"), chante, juché sur son camion avec ses deux compagnons, Wendell Manwarren, le corps et le visage couverts de peinture blanche. Sous l'aspect faussement naïf des paroles se cache une dénonciation de la corruption, de la violence, de la perte de valeurs.

En 1994, 3canal commençait sa carrière par une chanson intitulée Blue. Cette année-là, au cours du J'ouvert, toute la ville avait été repeinte en bleu par les dix mille fans qui suivaient leur camion.

Patrick Labresse

source


Carnaval de Trinidad

Il n’eut pas été possible de faire un dossier sans mentionner le carnaval de Trinidad, que le Trinbagoniens (habitants de Trinidad et Tobago) définissent comme la plus grande fête du monde, sans chauvinisme aucun.

C’est leur fête, leur carnaval, l’un des plus connut  dans le monde avec celui de Rio.

Trinidad est l’île la plus méridionale de la Caraïbe,   un pays divisé en groupe ethnique, religion, clase sociale et à l’origine ce fut la rencontre des occidentaux avec les amérindiens, puis noirs esclaves  et enfin les travailleurs indiens venus sous contrat exploiter la canne à sucre :   « Le carnaval fut très certainement apporté à Trinidad par des colons d’origine française venus avec leurs esclaves d’autres îles des Antilles. Visites, repas, bals et masques ont fourni l’occasion de jouer l’ambiguïté des relations maîtres/esclaves : les premiers se déguisant en « nèg’ jardins », les seconds inventant des danses et des musiques originales, imitant et raillant aussi les allures de leurs propriétaires. Le désir, la fascination, la peur, le rejet se manifestaient de part et d’autre dans les comportements hybrides que favorisaient la fête et le masque. Après l’émancipation (1834-1838), le carnaval agrège des célébrations originellement réparties en différents temps de l’année (anniversaire de la libération des esclaves, fête de fin des récoltes) ; l’urbanisation favorise les contacts et les mélanges. Les dynamiques de création sont actives, mais aussi corrosives. Les comportements des carnavaliers plébéiens dérogent à la bienséance coloniale ; les chansons qu’ils inventent brocardent les puissants ; les bandes qu’ils forment s’affrontent volontiers. Le pouvoir entend sévir, encadrer, contrôler. Il interdit : les tambours, les masques. Il ne peut tout réprimer. Le carnaval populaire survit, prend de l’ampleur, contourne les contraintes. D’autant plus qu’il demeure un carrefour où les membres de communautés et de classes différentes se côtoient et se mélangent. Proscrire le carnaval, mesure envisagée par certains gouverneurs ou chefs de la police coloniale, ne rencontre donc jamais l’unanimité des puissants. Après les émeutes qui accompagnèrent les fêtes de 1881, le Colonial Office conclut qu’il valait mieux le laisser vivre, sous surveillance. Dès lors, le carnaval trinidadien sera en même temps l’un des plus réglementés et l’un des plus libres dans l’expression. Les rivalités entre bandes dont les héros se combattaient au bâton, accompagnés de chants les glorifiant, seront endiguées, en partie ; les chanteurs se verront offrir des « tentes » où mesurer paisiblement leurs talents ; plus tard, les steel bands formés dans les quartiers entreront en concours officiel. Pressions politiques, encadrement policier et incitations commerciales ont ainsi favorisé la création de lices où peuvent se déployer les antagonismes. Et ces lices sont aussi des points d’attraction. S’y retrouvent, comme organisateurs, spectateurs ou participants, des représentants de tous les groupes, le carnaval continuant à être un lieu de rencontres, de mélanges et d’innovations. La « fabrication des traditions » que raconte si précisément John Cowley n’est pas seulement un processus d’invention de musiques et de fêtes créoles, c’est aussi le tissage d’une trame sur laquelle se dessine progressivement la figure d’une société tout entière. »

Carnaval de Trinidad

carnaval de Trinidad


Le carnaval de Trinidad : « la plus grande fête du monde » où le carnaval a été réinventé aux sons de la calypso et des steel bands.

Explosion de folie au carnaval de Trinidad

Par Marta Dolecki

S’échappant de chars gigantesques, la musique est puissante et pénètre le corps, comparable aux vibrations d’un cœur qui bat la chamade. Envahis par une fièvre euphorique, les festivaliers se laissent emporter dans des danses lascives au rythme des steel bands, de la soca et du calypso. Dans les rues, le profane se mêle au religieux. Des diables armés de fourches croisent des jeunes femmes vêtues de bikinis verts, jaunes, rouges, ornés de paillettes, de perles nacrées et de plumes d’autruche. Les colliers qu’elles portent autour du cou brillent comme autant de petites pépites au soleil des Caraïbes.

carnaval de trinidadLa magie du carnaval souffle le long des rues de Port of  Spain. Chaque année, au mois de février, les îles de Trinité-et-Tobago, situées au large de la pointe Est du Venezuela, vibrent au son de cette fête qui compte parmi les plus colorées de la planète.

Le carnaval des îles de la Trinité n’a rien à envier à son cousin, le fastueux carnaval de Rio ou encore à celui, plus modeste, de La Nouvelle-Orléans. Tous les ans, environ 50 000 touristes viennent se joindre aux 150 000 locaux pour une bacchanale endiablée qui dure plusieurs jours d’affilée.

Le carnaval des îles de la Trinité est d'ailleurs l’ancêtre de nombreux carnavals d’Amérique du Nord, notamment la Caribana à Toronto. Pendant une semaine, certaines rues de la capitale se ferment à la circulation. L’île se pare alors de ses plus beaux atours. La population ne dort pas, ou presque, bien trop occupée à participer aux différentes mascarades. Le carnaval devient ainsi l’opium du peuple, une fête libératrice qui permet d’abolir les barrières de rang, de sexe et de classe entre les différents citoyens.

Qu’il soit un oiseau du paradis, un voleur de minuit, un pierrot grenade, ou encore un diable impie, tout le monde est égal, une fois paré de son costume. Les Trinidadiens rivalisent de créativité à l’occasion du carnaval. Ils s’improvisent musiciens, cuisiniers, couturiers, créant et confectionnant, souvent des mois à l’avance, les déguisements qui viendront habiller les danseurs.

carnaval-trinidad corps a corps Les habitants de l’île ont le carnaval très à cœur. Ils prennent le temps d’énumérer les costumes, anciens et nouveaux, et expliquent aux visiteurs toutes les coutumes allant de pair avec les festivités. Pour eux, le carnaval est le ciment de l’identité nationale et ils en tirent une grande fierté.

Les origines françaises du carnaval

Sur invitation des Espagnols qui craignaient que la colonie ne leur échappe, les premiers colons catholiques français sont arrivés dans l’île de la Trinité à la fin du XVIIIe siècle. Ils ont apporté avec eux la tradition du carnaval, improvisant des bals costumés et des fêtes somptueuses avant le Carême, temps d’abstinence et de jeûne.

Les esclaves qui travaillaient à l’époque dans les plantations de cacao et de café ont commencé à parodier leurs maîtres, organisant à leur tour des fêtes secrètes qui, pour un temps, leur permettaient d’oublier le joug de l’esclavage.

Aujourd’hui, le carnaval de l’île conserve la trace de cet héritage. Des personnages tels que dame lorraine, le nègre jardin ou encore pierrot grenade sont les survivants de cette époque et viennent se mêler à la masse des festivaliers qui arborent leurs costumes colorés.

Carnet de bord du festivalier

trinidad wine Chaque année, les festivités organisées sur l’île suivent le calendrier du Carême. Pendant la dernière semaine qui précède le jeûne, les activités sont organisées de façon à faire monter la tension chaque jour un peu plus.

Le samedi précédant le Mercredi des cendres a lieu le carnaval des enfants. D’adorables bambins, certains à peine âgés de trois ou quatre ans et qui tiennent à peine debout, paradent le long des rues, vêtus de costumes de guerriers ou bien encore de robes de mariées.

Quand elle était jeune, Rosalind Gabriel n’avait pas le droit de prendre part aux festivités entourant le carnaval, parce que sa famille, qui était assez stricte, le lui interdisait. Elle s’est depuis bien rattrapée. Mme Gabriel a commencé par confectionner des costumes pour ses propres enfants en les faisant participer au carnaval. C’était il y a environ 30 ans. Depuis, elle est connue dans toute l’île comme l’une des meilleures designers de costumes pour enfants.

carnaval de trinidad elle wine le poteau Dans l’atelier qu’elle occupe, ses nouvelles confections rivalisent de créativité. Des ouvrières aux doigts de fée s’affairent dans l’arrière-boutique pour terminer à temps les créations qui viendront habiller les enfants. La coquetterie n’a pas d’âge, note Rosalind Gabriel, qui explique que les enfants, eux aussi, désirent impressionner la foule en arborant leurs plus beaux atours.

Le jour suivant, lors du Dimanche gras, on procède à l’élection d’une reine et d’un roi du carnaval. Cette année, c’est un Torontois de 36 ans, Curtis Eustace, qui a ravi le titre suprême. Le carnaval, c’est pour le jeune homme une affaire de famille. Son propre père a été sacré roi du carnaval pendant 20 ans. Depuis, Curtis perpétue la tradition et compte bien transmettre un jour sa passion à son jeune fils.

 Le lundi, aux petites heures du matin, les célébrations du carnaval reprennent de plus belle avec Jouvert - Jour Ouvert en français - la période où les forces du bien et les forces du mal se mélangent et coexistent ensemble main dans la main. À l’aube, des hordes de carnavaliers se réveillent pour aller danser dans les rues de Port of Spain. Les participants se couvrent d’huile, de boue, de peinture, de chocolat et de paillettes, et défilent ainsi jusqu’à 10h du matin.

Arrive enfin le Mardi gras, point culminant du carnaval. Les rues de la capitale sont noires de monde et voient défiler des bands costumés qui ont pour nom Poison, Tribe ou encore les Trini Revellers. Certains peuvent compter jusqu’à plusieurs milliers de membres répartis dans différentes sections.

Les carnavaliers progressent jusqu’à l’amphithéâtre de la Savannah où ils seront jugés sur leur présentation et leurs costumes. Les fêtes se poursuivent jusqu’à minuit, heure à laquelle il convient d’éteindre les feux.

carnaval trinidad wine Enfin, le Mercredi des cendres, c’est jour de repos, l’occasion parfaite d’aller faire un saut chez la voisine Tobago pour se reposer sur l’une de ses nombreuses plages immaculées… avant le retour des festivités l’année prochaine. 


Le carnaval de Trinidad a lieu cette année du 26 au 28 février. Un calendrier complet des activités est disponible sur le site Internet de l’office de tourisme des îles de Trinité-et-Tobago à l’adresse: http://www.visittnt.com/codn2k5/default.asp. Les festivaliers qui souhaitent participer au carnaval peuvent se procurer des costumes en se rendant sur le site Internet des différentes bands tels Poison (http://www.poison.co.tt/), les Trini Revellers (http://www.revellers.com/) ou encore le band Harts (http://www.hartscarnival/). Un costume complet coûte une moyenne de 250 $. Il est conseillé de réserver son billet d’avion et sa chambre d’hôtel dès maintenant, parce que l’île est toujours prise d’assaut lors du carnaval.

Archives de la : Semaine du 22 novembre au 28 novembre 2005.

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