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Edition spéciale du Magazine Pyepimanla  traitant du carnaval de par le monde

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tete de diable

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  Mardi-gras, jour de fête !

carnaval de dunkerqueCette année Mardi-gras ne se fait pas prier et arrive tambour battant dans le calendrier, il ne succède que de deux jours à peine à la chandeleur, ce qui est une disposition peu habituelle dans le temps. Le mardi-gras est le troisième jour des jours gras de la période du carnaval, qui elle débute au lendemain de l'épiphanie, le 6 janvier et qui s'achève en apothéose lors du mardi-gras.

Ce jour là,  certains écoliers  de l'hexagone français se livreront à des batailles joyeuses où ils se jetteront à la figure des aliments (oeufs, farine...), comme d'autres précédemment au moyen-âge se battaient à coup de tripes et de harengs.

Car l'origine de cette journée de Mardi-Gras que l'on nomme parfois "carême- prenant", a pour base la confrontation entre Carnaval et Carême qui sont en fait des personnifications allégoriques de deux époques chrétiennes de l'année.

Dès les XVe et XVIe siècle et encore jusqu'au XXe siècle cette bataille constituait le cœur des fêtes de carnaval.

Il faut savoir que le carnaval dont l'étymologie latine « carne-levare » signifie « ôter la  viande », est une période de fête réservée aux divertissements et qui se termine par les « jours gras » où l'Église catholique autorise à ses fidèles la consommation de la viande avant la période de jeune du carême qui succède.

Par conséquent le mardi-gras est annonciateur des 40 jours d'abstinences et de privations à venir.

Aussi ce jour, qui est le dernier jour où l'on peut manger gras, est un jour de ripaille, de joie, de licence, de libations, d'excès où les valeurs sont inversées à la faveur des déguisements qui sont portés par la population.

carnaval de dunkerqueLes pauvres se costumant en riches, les riches se travestissant en pauvres, les hommes se parant de toilettes féminines, les femmes s'accoutrant de pantalons et autres atours masculins.

Ainsi, dissimulés derrière leurs déguisements, les carnavaliers pouvaient à loisir, jouir de cette permissivité « accordée » par l'Église catholique.

A la fin du moyen-âge, les festivités du carnaval sont assez spectaculaires et théâtrales, ces fêtes sont prises en main par des confréries de jeunesses qui sont composées surtout des jeunes hommes célibataires et par des communautés de métiers.

Cela a son importance, car lors de l’affrontement auquel se livre Carnaval et Carême chacun aura ses supporters.

Carnaval que l'on nomme encore St-Pansard  ou Charnau-le-gras est soutenu dans sa lutte par Lebroche, Tirelardons, Appétit-Friand, L'écorcheur, le Rôtisseur, le Tripier... alors que Carême dit Caresmes le maigre est défendu par Videboyau, Maigredos, Las-de-jeuner.

Ce duel est essentiellement alimentaire comme aujourd'hui, car les aliments font tantôt office de projectiles, tantôt servent de boucliers.

carnaval de dunkerque En somme, cette bataille symbolique du gras et du maigre, traduit par cette incarnation, deux époques de l'année qui s'opposent, l'hiver et l'été.  Mais cet affrontement dénote aussi, dans cette personnification, un antagonisme de deux conduites humaines possibles, avec d'un coté Carnaval, personnage gras, bon buveur, bon mangeur, dominé par sa gloutonnerie, d'un tempérament généreux et de l'autre coté, Carême, qui est un être maigre par son jeune, froid, puant et cruel.

Sur un plan religieux, cette bataille est le témoin historique de la querelle, qu'il y avait à cette époque sur l'expression de la foi entre catholiques, dont la conception rédemptrice accorde une importance au  jeune du carême et les protestants de la Réforme, qui ont une vision plus libertaire du comportement humain.

De nos jours, il y a encore une survivance de cette coutume médiévale à Dunkerque où le charivari de la foule costumée reçoit sur la tête des harengs lors de sa procession vers la place de l'hôtel de ville, à Nice où sa majesté carnaval règne en maître sur le carnaval, ainsi qu'a Venise.

Mais actuellement, il existe bien d'autres lieux où le carnaval est particulièrement vivace dans les mœurs, avec des tournures différentes et où par exemple Mardi-gras est jour de Diables Rouges...

Emmanuelle Deschè
photo de Contramundo

Les Géants

geants carnaval de dunkerque


Les Géants du carnaval de Dunkerque

Histoire du carnaval de Dunkerque

Dunkerque, début du XVIIe siècle. Ici, on parle le flamand ; Louis XIV n’achètera la ville qu’en 1662. D’ici, des pêcheurs partent pour l’Islande. Ces expéditions durent six mois et sont risquées. De nombreux hommes n’en reviennent jamais, laissant veuves et orphelins.

Face à ce danger, les armateurs paient aux pêcheurs une partie de leur solde avant le départ. Une assurance pour les familles. Les marins profitent aussi d’une fête, que l’armateur finance en partie.

« Visschersbende »

affiche du carnaval de Dunkerque

Une année, le départ pour l’Islande et les réjouissances qui l’accompagnent coïncident avec les jours gras, qui précèdent le Carême. Dès lors, les marins se masquent, se déguisent. La visschersbende, au sens carnavalesque du mot, est née. Au XVIIIe siècle, cette « bande des pêcheurs » s’ouvre aux familles des marins, puis au reste de la société.

Au début du XIXe siècle, apparaissent, en marge du défilé, les bals nocturnes. Des associations  philanthropiques les organisent afin de récolter des fonds pour les veuves et les orphelins des pêcheurs. La période de fête s’allonge, pour dépasser la seule période des jours gras. Mais l’activité de pêche à la morue décline à la fin du XIXe et, avec elle, la bande des pêcheurs ; seuls les bals gardent leur succès.

C’est en 1906, sous l’impulsion de la municipalité et d’associations, que la dynamique du carnaval de rue est relancée. Annulée ensuite pendant les deux guerres, la bande renaît à chaque fois. En 1946, le défilé slalome entre les ruines d’une ville détruite. Même en 1991, interdit pour cause de guerre du Golfe, le carnaval survit encore : une « bande annulée » s’improvise à Saint-Pol puis à Dunkerque.  Peu importe les circonstances, il y aura toujours des résistants ! 

source

Le carnaval de Dunkerque