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Février 1952 : la grève des ouvriers au Moule noyée dans le sang

En
février 1952 a lieu le mouvement revendicatif
le plus important qui ait impliqué petits planteurs et colons dans
toute la
Guadeloupe depuis les grèves
de 1910 [1]
.
Le mouvement démarre au mois
de
novembre 1951 dans le nord
Grande-Terre :
Les revendications portent au départ sur la rémunération de la journée
de
travail et sur l’allègement des tâches sur les champs des usiniers
békés.
Elles s’élargissent rapidement à la demande d’un meilleur prix de la
tonne de
canne.
En janvier 1952, les ouvriers et cultivateurs
mobilisés trouvent
le soutien des fonctionnaires qui réclament la revalorisation de leurs
salaires.
Un appel à la grève générale illimitée est lancée sur toutes les
habitations-plantations.
La mobilisation enfle et à Capesterre, Ste Rose, Anse Bertrand..., les
débrayages se multiplient...
Le 11 février 1952, les CRS prennent position et
occupent la
ville : la boucherie est alors soigneusement programmée et
organisée, de
concert avec les usiniers békés.
Le 14 février 1952, un barrage est érigé à
l’entrée du boulevard
Rougé pour empêcher l’accès de l’usine Gardel aux charrettes à cannes.
Les militaires français (CRS) qui occupaient la ville depuis trois
jours tirent
alors sur la foule ; tuant 4 Guadeloupéens (CONSTANCE
DULAC ,
CAPITOLIN JUSTINIEN , EDOUARD DERNON et FRANCOIS SERDOT)
et en
blessant 14.
"Des victimes qui pour
certaines n’avaient pas de liens avec le conflit. Des curieux, de
simples
passants..."
Chaque
année des manifestations
commémoratives (du massacre et de la mémoire des victimes) sont
organisées par
des organisations syndicales et politiques de Guadeloupe. [2]
Notes
[1] Première grève générale en
Guadeloupe regroupant
diverses catégories de travailleurs agricoles : ouvriers,
colons, petits
planteurs... : la répression fera 1 mort et plusieurs blessés.
[2] Le 14 février 2007, RFO Télé
Guadeloupe, dans son
édition du soir, ne dira pas un mot des commémorations organisées en
mémoire de
cette boucherie...
Et pour cause : un long reportage était consacré à glorifier
la vie, le
parcours et l’œuvre ... d’Amédée Huygues-Despointes, béké industriel de
la
canne à sucre et de l’import-export.
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