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L'OUVERTURE... A HUIS CLOS


Des prix métropole pas plus chers de 10% que ceux de Guadeloupe, l'accompagnement des personnes handicapées dans le monde du travail, un coup de pouce au transport interîles dans l'archipel, ce sont les premières mesures qui reçoivent l'assentiment du ministre. Rien n'a été signé, mais les négociations sont en bonne voie.

a voir jego domota lurelQue peut-on retenir de la première journée de négociations ? Une journée marquée du sceau de l'ouverture où chacune des quatre parties s'est accordé à garder la tête froide pour négocier. Des échanges consensuels et volontaristes.

A deux pas de la salle de négociations, « assignés à résidence » sous un gros multipliant, les journalistes n'ont pas à pointer l'oreille, car aucun éclat de voix ne sort du bâtiment.

Pouvoir d'achat : comment cadrer les prix ?

Résultat : autour de la table, on avance. On avance sur l'une des principales revendications, la hausse du pouvoir d'achat qui passe par le cadrage des prix de première nécessité. Le ministre proposait une baisse de 10% sur une centaine de produits, au choix de la grande et moyenne distribution alimentaire. Le LKP, hier est venu avec une contre-proposition beaucoup plus audacieuse : « Nous exigeons que les prix pratiqués en Guadeloupe ne soient pas supérieurs à 10% de ceux pratiqués en France. » Le différentiel avec la métropole mesuré est, aujourd'hui de 60 à 100%.

Et l'on peut dire que l'idée fait son chemin. Yves Jégo, d'après un des leaders du LKP, n'a pas paru hostile à la demande. Mieux, d'autres indiscrétions du côté du secrétaire d'Etat laissent entendre qu'il n'y aurait pas d'obstacle pouvant faire capoter cette idée. Un gros point dans les négociations qui ferait gagner un vrai pouvoir d'achat. Il serait doublé d'une liste annexe (des articles de confort dédiés aux personnes handicapées).

Pour gagner 58 centimes sur les pâtes...

D'après les échos de la salle, l'exemple du sachet de pâtes alimentaires a été pris. Il coûte un euro en France et est vendu 1, 68 euro (toutes taxes comprises) en Guadeloupe. Avec la nouvelle proposition, ce produit coûterait 1, 10 euro TTC. Yves Jégo serait favorable au renforcement des contrôles en multipliant la présence des contrôleurs des services concernés. Il aurait également proposé la création d'un comité de suivi des prix (dont il prendrait la présidence pour être plus efficace) qui se réunirait tous les mois.

Toujours au chapitre du coût de la vie, une autre proposition a trouvé un écho favorable auprès du ministre, la création d'un bureau d'étude ouvrière réclamée par les syndicats. Il permettrait, pour la transparence, à ces derniers de mener leur enquête sur les prix. On a avancé sur le dossier de l'accompagnement des personnes handicapées dans le monde du travail ; et sur une volonté d'aider le transport interîles.

La baisse de la TVA fait grincer les dents

La première partie des négociations, jusqu'à la suspension de séance en milieu d'après-midi se déroule dans un climat bon enfant. « Je suis surpris de l'atmosphère à l'intérieur. Par moments, ça rigole. En tout cas les visages sont très détendus » , témoigne un des participants.

Néanmoins, à la reprise, en fin d'après-midi, le sujet sur l'abaissement de la T VA fait grincer les dents. A ce sujet, l'Etat en première ligne, veut ouvrir le débat sur un autre terrain, en tout cas pas sur celui de la Guadeloupe... « D'accord pour faire un effort sur l'octroi de mer, mais si vous en faites autant avec la TVA » , met au défi Victorin Lurel, qui reste sur sa position. Il l'avait dit au début des négociations : « Il faut que l'on soit vigilant sur tout ce qui nous sera proposé. » Un Victorin Lurel d'autant plus choqué par l'attitude du président de la République qui, n'a pas évoqué la grave crise que traverse la Guadeloupe lors de son intervention télévisée, hier soir (lire ci-dessous).

La menace de la Sara

Coup de théâtre. Le dossier de la Sara vient sur la table. La raffinerie menace d'interrompre la livraison d'essence faute de paiement, avant le 15 février, des trois millions de la contribution des collectivités votées en décembre dernier pour permettre la baisse du carburant. Le secrétaire d'Etat a promis de prendre le relais. Mais il a aussi prié le patron de la raffinerie de venir s'expliquer ce soir, à 17 heures, sur la formation du prix des carburants aux Antilles. A la tombée de la nuit, après plus de 6 heures d'échanges, si chacun s'accorde à dire que les négociations prennent une bonne tournure, personne n'est en mesure de dire quand sera signé le premier accord. « Nou pa ka acheté chat'an pòch! » , lance un membre du LKP. Le relèvement des bas salaires à 200 euros reste le principal point d'achoppement. Les socioprofessionnels, se préparent à entrer en piste. La partie est loin d'être gagnée

Martin T.LAVENTURE

France-Antilles Guadeloupe 06.02.2009