Crise
sociale et politique en Guadeloupe

Depuis plus d’une semaine
maintenant la Guadeloupe
est paralysée par une grève générale. De jour en jour, la situation
s’aggrave.
Hier et avant-hier bien plus de 25.000 personnes s’étaient massées dans
les
rues de Pointe à Pitre. Elles affirment leur détermination à ne rien
« lâcher » tant que les 146 points de revendications
qui sous-tendent
cette grève, résultant de la non prise en compte depuis des décennies
des
légitimes revendications de la population ne seraient pas résolus.
Alors que les JT nationaux du
groupe France
Télévisions, (France 2 et France 3) restent curieusement
« silencieux » sur ce qui se passe en Guadeloupe, la
colère monte et
une situation insurrectionnelle devient possible. A ce jour, seules les
réponses apportées jusqu’ici au conflit par les pouvoirs publics sont
une
condamnation permanente des actions menées par les grévistes, qui selon
les
représentants de l’Etat français dans cette colonie, mettraient en
danger les
valeurs de la République et la sécurité des personnes, en paralysant la
circulation et en bloquant l’accès aux pompes à essence.
Les salariés de RFO Guadeloupe
eux-mêmes ont été
amenés à écrire une lettre ouverte à la Direction régionale pour
dénoncer la
passivité de la chaîne et réclamer le respect du public qu’ils doivent
servir
en Information.
Le SNRT-CGT, le SNJ-CGT et la
CSA tiennent
également à leur apporter leur soutien total dans leur revendication du
droit à
l’information.
Ils condamnent la manière
honteuse dont France
télévisions ignore ce conflit grave, qui pourrait pourtant devenir
rapidement
incontrôlable si les pouvoirs publics ne prennent pas leur
responsabilité pour
faire cesser les discriminations dont sont victimes les guadeloupéens
dans leur
propre pays.
Le SNRT-CGT, le SNJ-CGT et la
CSA apportent leur
soutien aux travailleurs guadeloupéens, qui, soucieux de sortir d’un
état de
pauvreté quasi chronique, ont décidé de se battre jusqu’au bout pour le
respect
dû
à chacun d’entre eux. Il s’agit,
ont-ils déclaré hier, d’une question de dignité.
Il ne peut y avoir de black
out complet sur
l’information dans les Dom Tom au simple prétexte que les problèmes
soulevés
par les mouvements sociaux outremer font apparaître des situations
dignes d’une
république bananière.
Paris
le 27 janvier 2009 |