La Guadeloupe
en colère contre la vie chère
Environ 18 000 personnes ont manifesté,
vendredi 30
janvier, à Pointe-à-Pitre pour soutenir les revendications contre la
vie chère
et le pouvoir d'achat. La ville n'avait jamais connu de défilé d'une
telle
ampleur, alors que la Guadeloupe est depuis le 20 janvier paralysée par
un
mouvement de protestation lancé à l'appel du collectif Liyannaj kont
pwofitasyon (LKP).
Combiné à la
pénurie de carburants, engendrée par la
fermeture parallèle des stations-service, ce mouvement de protestation
aboutit
à faire cesser toute activité économique dans l'île.
Quelques
jours après le déclenchement du
mouvement, des négociations radiotélévisées s'étaient ouvertes entre le
LKP, le
patronat, l'Etat et les élus. Mais quatre jours plus tard, le "message
du secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer aux Guadeloupéens",
Yves
Jego, a été énoncé et le préfet a quitté la salle de négociations.
Cet
événement a contribué à renforcer le
mouvement de grève générale. Par-delà sa composante majoritaire
indépendantiste, le mouvement englobe tous les syndicats insulaires
(99,15 %
des suffrages exprimés aux prud'homales) et de vieux routiers du
dialogue
social qui savent prendre la température de leurs troupes.
Les
mesures annoncées par M. Jego ont été
jugées insuffisantes. La grogne a monté et la légitimité du LKP s'en
est
trouvée renforcée. Au point que les élus locaux ont dû se pencher sur
la pertinence
des différentes taxes qu'ils prélèvent pour boucler le budget de leurs
collectivités mais aujourd'hui perçues comme insupportables par la
population.
Après
avoir réuni un parterre de maires et
d'élus cantonaux et régionaux, les présidents des Conseils général et
régional,
le député PS Victorin Lurel et le sénateur app. PS Jacques Gillot, ont
transmis
au LKP, vendredi au soir, un catalogue d' "une centaine de
mesures
répondant aux attentes de la population."
En
tout, 21 feuillets axés sur la baisse
du taux des différentes taxes : taux zéro sur la taxe régionale sur le
gazole
(dont le prix pourrait ainsi diminuer de 2 à 3 centimes par litre) ; "
baisse significative des taxes sur les produits de première nécessité"
(elle tomberait de 7 % à 2 % sur les produits laitiers) ; diminution de
9 % et
7 % du taux des s taxes d'habitation et foncier bâti. S'y ajoutent une
réduction des tarifs des cantines scolaires, une hausse des bourses
régionales
pour les étudiants. Au total, 54 millions d'euros sontproposés pour
tenter de
satisfaire les revendications. " Tout cela, c'est du pouvoir
d'achat", a insisté M. Lurel, tandis que M. Gillot réclamait "une
implication très forte de l'Etat".
S'il
ne réagit pas vite, celui ci risque
d'être confronté à des revendications guadeloupéennes : le LKP et les
élus
devaient se rencontrer samedi 31 janvier, tandis que les principales
organisations patronales se sont, regroupées en un Mouvement des
entrepreneurs
de Guadeloupe. Le week-end sera chargé en tractations mais personne
n'ose
préjuger de leur résultat.
Eddy
Nedelkovski
LE
MONDE du 01.02.09
Guadeloupe: le
PCF demande l’ouverture de véritables
négociations sans délai
Un puissant mouvement social et populaire se développe en Guadeloupe
depuis le
mois de décembre dernier avec Liyannaj Kont Pwofitasyion. Hier encore,
65000
Guadeloupéens défilaient à Pointre-à-Pitre, à l’appel de quarante-neuf
organisations syndicales, politiques, populaires, culturelles et
sportives. Ce
puissant mouvement populaire s’élève contre la vie chère, les bas
salaires, les
retraites et les minima sociaux misérables, les licenciements, le
chômage. Par
leur action, ces organisations ont obtenu l’adhésion de la majorité des
travailleurs et du peuple guadeloupéen pour une grève générale
commencée depuis
le 20 janvier et qui va en s’amplifiant.
L’état
français refuse de répondre aux légitimes revendications et mise
sur le
pourrissement du mouvement. Et, fait d’autant plus inquiétant,
des
renforts de forces de répression venant de France arrivent en
Guadeloupe.
Le Parti
communiste français réclame le retrait des troupes
supplémentaires
venues intimider le mouvement social et exige une négociation
globale et
transparente. Les revendications portées par le mouvement guadeloupéen
sont
légitimes. La satisfaction de celles-ci s’inscrirait dans une nouvelle
logique
économique et sociale apte à combattre véritablement la crise,
outre-mer comme
en métropole . Il est urgent que le secrétaire d’Etat aux Dom-Tom,
M.Jego et le
gouvernement s’engagent en ce sens. C’est-ce que réclame depuis
plusieurs
semaines le Parti communiste. C’est maintenant sans délai qu’il
convient
d’engager celles-ci.
Une arrivée de
gendarmes pour la Guadeloupe
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