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La Gwadloup sé
tan nou, la Gwadloup a pa yo"
Bonjour,
La
Guadeloupe est une terre lointaine pour ceux d'entre vous qui vivent
à l'étranger.
J'adresse,
à tous ceux qui veulent un peu mieux comprendre,un
article du Journal Le Monde qui rend bien compte de
la situation, ce
qui n'a pas toujours été le cas dans la presse française (à lire sur le lien suivant : Les raisons du malaise en Outre-mer.)
Une
petite réserve. Pour le Guadeloupéen créolophone que je suis, qui
vit en Guadeloupe et a donc vécu la révolte de la Guadeloupe, la
traduction
proposée en fin d'article du refrain régulièrement entendu au cours des
manifestations
"La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa
yo" ("La Guadeloupe c'est à nous, la
Guadeloupe c'est pas à vous") - est une mauvaise traduction
littérale
donnant lieu à une mauvaise interprétation.
"La
Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa yo" veut dire : La
Guadeloupe nous appartient (ou est notre), la Guadeloupe n'est pas la
leur.
En
créole, "yo" veut dire "eux" ou "ils".
Dans
le contexte de cette phrase et de la révolte de Janvier - Février 2009,
dirigée
par un collectif d'associations et de syndicats de travailleurs qui
s'est donné le nom
de LKP (Liyannaj Kont
Pwofitasyon) - Union contre les abus outranciers,
"yo" désigne TOUS les profiteurs. Desquels
bien entendu, on ne peut
exclure
l'ethno classe des "békés" descendants d'esclavagistes, certains affairistes
"métropolitains" et tous ceux qui se comportent en
Guadeloupe comme dans un "Far West".
Contrairement
à ce que beaucoup ont tenté de faire croire, avoir conscience de la
persistance d'une fracture ethnique dans ces pays de la Caraïbe
(entretenue par
certains
groupes pour asseoir leur
domination) et dénoncer cet état de fait, ne fait pas de vous un
raciste.
Salutations
de Guadeloupe,
Jocelyn
Valton
Critique
d'Art - AICA
Gwadloup
an Kè an Nou
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