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Le départ du préfet n'a pas mis fin aux discussions entre élus, patronat et syndicalistes du LKP

guadeloupe en marche

POINTE-A-PITRE, 28 jan 2009 (AFP) - Le départ du préfet, Nicolas Desforges, des négociations entre le LKP, à l’origine de la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis dix jours, le patronat local et les élus n’a pas mis fin à la réunion, les différents partenaires présents réaffirmant à tour de rôle leur "guadeloupéanité".

"Le pouvoir correspond à une couleur et ils viennent de le démontrer", a affirmé Elie Domota, secrétaire général de la centrale syndicale indépendantiste UGTG et porte-parole de "Liyannaj kont pwofitasyon" (LKP), le Collectif contre l’exploitation outrancière qui regroupe l’ensemble des syndicats, soit 99,85 % des suffrages exprimés aux élections prud’homales, ainsi que des partis politiques et des associations culturelles identitaires. S’exprimant en créole, M. Domota a reconnu la "guadeloupéanité" des participants "qui ne sont pas d’origine africaine ou indienne". Quelques instants plus tôt, le sénateur et président du Conseil général, Jacques Gillot, s’était lui aussi exprimé en créole en affirmant : "Nous nous comprenons tous et il faut raison garder, nous sommes tous de la Guadeloupe". Jusqu’au président de la fédération départementale du MEDEF, Willy Angèle, qui s’est référé à son "oncle et parrain" emprisonné après les émeutes de mai 1967 qui avaient fait 47 morts. Evoquant "la crise sociétale de ce pays" et soulignant que "on ne construit rien sur des ruines", M. Angèle a déclaré : "Je ne sais pas comment on va s’en sortir". "Etre Guadeloupéen est une exigence" a affirmé le député PS et président du Conseil régional, Victorin Lurel, qui a proposé que patronat, élus et représentants du LKP poursuivent leurs discussions. Aucun des partenaires patronaux présents ne s’est opposé à cette proposition. M. Lurel a par ailleurs annoncé que si le LKP ne s’y opposait pas, il défilerait jeudi, "avec d’autres élus", lors de la manifestation que le collectif doit organiser "en soutien" à la grève nationale de jeudi.

AFP