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Des Parisiens
défilent pour
soutenir les Antillais

Un millier de
personnes s'étaient rassemblées lundi 16 février dans la soirée à
Paris, en
soutien à la grève générale en Guadeloupe et plus récemment en
Martinique.
"Tous ensemble, solidarité!" criaient les manifestants. Pourtant, les
avis divergent sur la marche à suivre pour aider le mouvement.
Coups de fils,
appels diffusés sur Internet ou simplement bouche-à-oreille... Il
fallait
appartenir aux associations antillaises de Paris ou aux partis et aux
syndicats
soutenant la manifestation pour rejoindre le cortège qui a défilé entre
la
place de Clichy et la gare Saint-Lazare lundi 16 février dans la
soirée, à
Paris. "Nous préparons aujourd'hui le
rassemblement de samedi,
explique Adrien, 26 ans, représentant de Sud Etudiant à Paris I. Si ces
événements se passaient en Bretagne ou dans les Pyrénées, plusieurs
centaines
de milliers de personnes seraient là."
Les forces de
l'ordre comme les organisateurs s'accordent sur la présence d'un
millier de
manifestants. Un rassemblement beaucoup trop confidentiel selon
certains.
"Nous n'avons pas su trouver d'échos dans les milieux antillais,
déplore
Joanne, une Martiniquaise de 28 ans. J'espère que samedi, nous serons
plus
nombreux." L'oreille branchée en permanence sur RFO ou téléphonant à
leur
proches, les Antillais d'Ile-de-France tentent de se tenir au courant
de la
situation et désirent agir.
Des personnes
de tous âges étaient ainsi présentes, principalement des représentants
des
syndicats CGT et SUD, mais aussi du NPA, LO ou le Parti de Gauche,
venus
soutenir le mouvement. "Je suis Guadeloupéen, ajoute Hervé, Francilien
depuis la fin de ses études. Je me sens touché lorsque je vois
ce qui
arrive là-bas, même si je vis en Métropole. Cette manifestation arrive
trop
tardivement, nous avons attendu que la situation dégénère pour
commencer à
agir. Je rencontre aujourd'hui des gens qui ne savaient même pas ce qui
se
passait dans les DOM! Il faut que l'information circule mieux car elle
est trop
partielle lorsque l'on parle des Antilles."
Un
constat mitigé
"La
situation dure depuis plusieurs années, mais on la remarque seulement
aujourd'hui en métropole. La paupérisation des Antilles s'accentue",
explique Joanne. Cependant, l'origine du conflit varie selon les
interlocuteurs. Pour certains, la faute est à "Yves Jégo qui a
clairement
menacé le peuple guadeloupéen. Résultat: deux blessés graves. C'est une
honte", que déplore Hervé en portant sa pancarte faisant état des
événements de la journée.
Pour d'autres,
le conflit est plus difficile à cerner et remonte au temps de
l'esclavage. Le
LKP et sa frange métropolitaine, Continuité LKP, y voit une nouvelle
conséquence du colonialisme et en appelle à "l'indépendance de
l'archipel". "Beaucoup s'arrête à la revendication des 200 euros
supplémentaires, mais en réalité le problème est beaucoup plus ancien.
Les
Antillais sont rackettés par les Blancs. Les maladresses de M.
Jégo ont
mis le feu aux poudres. Au LKP, nous avons décidé que si rien n'est
fait avant
le 20 février, il y aura un black-out dans les îles, mais
ici aussi",
menace Jean-Marie Inamo, un militant de Continuité LKP.
Cependant, la
majeure partie du cortège appelle au calme. "Nous ne voulons pas voir
ce
mouvement dégénérer dans une revendication d'indépendance ou bien un
combat
raciste entre les békés et les Antillais. Le problème est en réalité
économique", conclut Benoît Duplaisir, un Guadeloupéen de 43 ans. Même
bilan pour Hugo, 20 ans, de Sud-Etudiant. "Quelle que soit la couleur
de
la peau, il faut réagir. Les luttes sont ici les mêmes que là-bas.
Soutenir le
LKP est une nécessité."
L'extrême
gauche s'empare du mouvement
La moitié du
millier de participants était issue de syndicats ou de partis tels que
le NPA.
Les principales figures des organisations d'extrême gauche étaient
présentes:
en tête de cortège, Olivier Besancenot (NPA), Arlette Laguillier (LO),
Jean-Luc
Mélenchon (PG) et George Sarre (MRC). Une véritable politisation du
mouvement a
lieu avec son exportation sur le sol métropolitain. "Là-bas, les élus
n'ont rien fait pour calmer le mouvement. Ils ne s'occupent des gens
qu'au
moment des élections. Cette manifestation est vouée aussi à redonner
une
culture politique aux Antillais", explique Serge Eliette, délégué CGT à
la
CPAM. Cette politisation du conflit est néanmoins regretté par
certains.
"Je préférerai qu'il n'y ait qu'une ou deux manifestations, mais que
cela
débouche sur quelque chose, plutôt qu'un mouvement de grande ampleur
soutenu
politiquement mais qui ne servirait qu'à brasser du vent", tempère
Benoît
Duplaisir, un Guadeloupéen sans étiquette politique. "C'est décevant
que
le NPA comme le PCF récupèrent le mouvement dès que celui-ci arrive en
Métropole",
selon Félicien Jerent, membre d'un réseau associatif du XVIIIe
arrondissement, La ruche des Arts. Pessimistes, les jeunes
affichent leurs
certitudes. "Le mouvement sera automatiquement récupéré. C'est
inévitable.
La seule chose qui m'intéresse est que la situation des DOM change,
quels que
soient les partis qui soutiennent les revendications", soutient cette
Martiniquaise de 28 ans.
Jean-Pierre Voillot source
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