
C.S.T.M - S.A.A.G - S.A.P- TIA MOANA -U.S.T.K.E -
U.S.W.F -- U.T.G – UVOIMOJA
La
direction de France Télévisions victime
de sa stratégie de pourrissement
« Qui
veut noyer son chien l’accuse de la rage »
Les stations de RFO
Guadeloupe et Martinique sont en grève depuis 3 semaines. Elles
entendaient
protester contre la méthode managériale imposée par la direction de
France
Télévisions qui ne conçoit la concertation que dans l’approbation de
ses
diktats.
Les
grévistes souhaitaient
principalement obtenir des garanties en matière de liberté éditoriale
dans le
projet dit de diffusion centralisée.
Pensant que
l’autoritarisme dont elle a fait preuve ces dernières années pouvait se
pérenniser, la direction a laissé pourrir la grève en donnant à penser
aux
pouvoirs publics qu’il ne s’agissait que d’une action venant en
solidarité à la
grève générale qui affecte ces 2 îles.
Les services minimums,
négociés localement, ont été mis à mal par la direction de France
Télévisions, refusant
tout débat public sur RFO Martinique et RFO Guadeloupe, alors que les
autres
Télés privés en font tous les soirs, ce qui a eu pour conséquence le
durcissement de la grève, privant ainsi les auditeurs et
téléspectateurs
antillais d’informations pendant 10 jours.
Ce qui devait alors
arriver s’est produit hier. La station de RFO Guadeloupe a été investie par près de 300
manifestants du LKP qui ont
exigé, et obtenu, que l’antenne leur soit ouverte. La direction
régionale et les
salariés de la station ont pu fort heureusement limiter les incidents,
évitant
toute échauffourée. Responsables et lucides ils ont fait le nécessaire
pour
qu’un dialogue
puisse enfin s’établir avec
le directeur général de RFO, qui a donné son accord pour que puisse
être expliqué
sur nos antennes où en étaient les négociations et ce que voulait le
LKP.
Ce regrettable incident
est une nouvelle illustration de la méconnaissance (pour rester poli)
de
l’Outremer par une direction générale atteinte de parisianisme aigu,
prisonnière
de son autoritarisme et de son arrogance.
Dans
le même temps la
station de Martinique était fermée elle aussi hier, à la suite d’une
note
diffusée par la direction et les salariés priés de quitter les lieux,
alors que
la station n’a jamais été bloquée par les grévistes. La direction de
RFO prive
ainsi, elle-même, les téléspectateurs et les auditeurs de programmes,
sans
aucune justification ni auprès
des
personnels ni des publics! Du jamais vu à RFO non plus.
Il s’agit donc d’une terrible
première dans l’histoire de l’audiovisuel public Outremer, où les
équipes
locales ont, jusqu’alors, toujours pu accomplir correctement leurs
missions
d’information sur le factuel comme sur le fond, sans que jamais la
population
n’ait eu à manifester sa colère contre un service public qui ne répond
pas à
ses obligations. Aucune direction par le passé n’avait jamais non plus
coupé les Antennes
du service public
dans une de nos stations de radio et de télévision.
La
direction parisienne porte donc seule l’entière responsabilité du
climat
d’insurrection qu’elle suscite
en
Martinique comme en Guadeloupe par sa manière de
« verrouiller » tout
débat citoyen sur la tv publique même
si, jusqu’ici aucun débordement n’a eu lieu
et il faudra bien rendre des comptes et cesser
de vouloir nier ses
responsabilités en tentant de renvoyer la faute sur les grévistes ou
sur les
derniers directeurs régionaux Ultramarins qui n’ont pas encore été
débarqués au
profit de gens « surs » venus de France 3,
puisque le bruit
court déjà à Paris,
que l’on envisagerait de les virer dans ces deux
stations, ce qui n’est pas admissible !!
Nous observerons donc avec
attention les suites que la direction de France Télévisions entend
donner à
cette affaire, car on imagine mal comment des mesures disciplinaires pourraient ne pas être
prises à l’encontre
des vrais responsables,
qui depuis le siège
parisien, ont commis cette grave faute professionnelle, tant par un refus de vrai dialogue avec les
grévistes, que par le
climat d’insurrection que cette Direction a suscité et suscite encore,
incapable qu’elle est d’écouter et d’entendre.
La publication ce jour sur
le point.fr d’une
information
affirmant que l’antenne aurait été prise par force par le LKP en
Guadeloupe et
que le DG RFO portait plainte n’est pas de nature à calmer le jeu
puisque ceci
est totalement faux, ce DG ayant donné lui-même son accord pour cette
émission.
Le double langage tout comme
la diabolisation ne passent plus chez nous, il est temps que nos
dirigeants le
comprennent !